Stéphane Lehning : Lehning, acteur historique de la santé au naturel






Stéphane Lehning, Président des laboratoires Lehning

 


Créé en 1935 par René Lehning, le groupe industriel et pharmaceutique Lehning fêtera ses 85 ans en 2020.
René Lehning, le grand père de Stéphane Lehning, actuel président du groupe, était naturopathe. Doté d’un diplôme allemand obtenu entre 1914 et 1918, au moment où l’Alsace et la Moselle étaient allemandes, René Lehning s’est tout de suite intéressé aux classes moyennes et populaires qui avaient peu de moyens pour se soigner.  Antibiotiques, acide acétylsalicylique étaient rares. René Lehning commença à formuler ses propres produits dès fin 1918 dont le L52 pour lutter contre la grippe espagnole, toujours produit leader du groupe en santé humaine aujourd’hui.
En 2019, le groupe Lehning (actionnariat 100% familial), spécialiste du monde végétal et présent dans 42 pays en Europe, au Japon, Pakistan, en Amérique, Afrique du sud, Russie… réalise un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros (51% à l’international) grâce à ses 2 divisions en santé humaine et animale, est équipé de 3 sites de production à Metz, Paris et Clermont-Ferrand, emploie 330 salariés, et ne cesse d’innover par exemple avec sa nouvelle gamme PRÓPOMAX®  à base de Propolis verte du Brésil (compléments alimentaires d’Apithérapie BIO) en cours de lancement. Promouvoir la nature, proposer des solutions de santé naturelles pour des pathologies quotidiennes sans effets secondaires, Stéphane Lehning, juriste de formation mais qui n’a pas résisté à l’appel de l’entreprise familiale, nous en parle avec passion. 


Celtinews : Que représente le marché de la santé naturelle en termes d’opportunités et quelles sont les tendances observées ? 

Stéphane Lehning :
Le marché français est vaste, composé de plusieurs branches et filières : homéopathie, phytothérapie, santé naturelle animale…
La partie médicaments homéopathiques unitaires pèse environ 400 millions d’euros. Certains peuvent s’inquiéter de la chute de chiffre d’affaires depuis le déremboursement mais nous constatons une hausse de 10% sur les  spécialités homéopathiques qui n’étaient pas remboursées et personnellement, je crois que la courbe d’évolution des ventes de l’homéopathie remboursée va se rapprocher après déremboursement d’une courbe « en racine carré », avec une chute pendant un à deux ans mais pas si importante, de l’ordre de 20% ou 30% quand même sur la base des observations actuelles, suivie d’une reprise et d’une phase de stabilisation à moyen terme, intégrant les nouveaux concurrents de l’homéopathie.   

Concernant le marché des compléments alimentaires en officine, il atteint presque un milliard d’euros en France.
En fait, tous les segments du marché de la santé naturelle se développent, poussés par la tendance de consommation pour des produits plus sains, locaux et authentiques, qui respectent l’environnement et sans effets secondaires. 
Et le pharmacien, en tous cas c’est ma conviction, a une véritable carte à jouer liée à l’effet « blouse blanche », aux rôles de santé publique et de référent qui lui sont conférés par les autorités et reconnus des consommateurs.

Il est également intéressant de noter qu’en termes de tendances, il existe de moins en moins de consommateurs types. Les seules personnes qui expriment très peu d’intérêt pour les produits de santé naturelle sont les adolescents mais qui de façon générale consomment peu de médicaments et de produits de santé.  À partir du premier enfant chez la maman et jusqu’au grand âge, la santé naturelle végétale gagne du terrain.
Nos produits les plus vendus s’adressent aux rhumatismes articulaires, à la reminéralisation osseuse.  REXORUBIA est l’un des produits les plus vendus chez le pharmacien avec L52 dans les états grippaux, L72 pour les troubles du sommeil, et L107 indiqué dans les gastro-entérites.

Celtinews : Parlez-nous maintenant de vos produits. Pourquoi et en quoi vos marques sont-elles des références sur ce marché de la médecine naturelle ?  

Stéphane Lehning :
Je vous donnerai plusieurs éléments de réponse.
Le premier concerne l’efficacité de nos gammes de produits. Nos formules sont éprouvées. Des preuves cliniques sont apportées par « matière médicale », colligeant et croisant les données collectées et les recherches réalisées par les médecins prescripteurs dans leurs cabinets au cours des 200 dernières années et qui servent de base de discussion avec l’Agence du médicament et les experts de l’Agence dans l’exigence des dossiers d’AMM. 
Les médecins homéopathes, phytothérapeutes, sont organisés en associations, en réseau, au niveau européen et mondial. Nous connaissons ceux qui peuvent nous apporter la meilleure matière sur nos produits.  
Du point de vue de la sécurité, je ne citerai qu’un argument mais essentiel, tous nos produits passent les contrôles de carcinogénèse. Les teintures mères utilisées dans nos formulations en santé humaine ne déclenchent pas d’effet mutagène. 
En santé animale les formules créées sont confiées à des instituts extérieurs comme l’INRA et font l’objet d’une étude d’efficacité par preuve d’usage sur les animaux concernés. Nous travaillons aujourd’hui par exemple en B2B avec des groupes de la grande distribution tels que Carrefour et Casino pour remplacer les antibiotiques présents dans l’alimentation des animaux d’élevage par des mélanges de plantes et d’huiles essentielles produits dans notre usine de Clermont-Ferrand.  

Mon second élément de réponse a trait à nos approvisionnements. Les plantes que nous utilisons sont à plus de 75% des plantes fraiches agréées BIO. Nous sommes nous-mêmes fournisseurs d’ingrédients végétaux agréés, sous forme d’extraits. Nous sommes propriétaires de terrains au Sri Lanka, au Brésil, où nous faisons travailler des agriculteurs locaux.
Les 1000 plantes différentes utilisées dans nos produits proviennent également de fournisseurs indépendants triés sur le volet. Nous sommes d’une rigueur extrême dans leur sélection car une partie de la planète est polluée et cette pollution impacte bien sûr directement le monde des végétaux et la flore. Concernant L52 par exemple, qui utilise 10 plantes différentes, nous ne réalisons pas moins de 155 contrôles qualités pharmaceutiques.   

Je souhaiterais aussi vous parler de notre capacité à proposer des médicaments homéopathiques en basse dilution, c’est-à-dire avec une haute concentration de principes actifs. Sur notre produit phare L52, deux chercheurs du CNRS de Strasbourg ont travaillé pendant deux ans pour vérifier la présence de molécules, le taux de principes actifs, dans le produit et leur poids pondéral. Ils se sont montrés étonnés des résultats. Nos produits contiennent de vraies molécules et agissent en quelques heures. Nous avons développé un vrai savoir-faire en termes d’extraction.  

Nos gammes de produits continuent à s’enrichir tous les jours avec par exemple une nouvelle référence L52 en comprimés orodispersibles sans alcool à partir de septembre et des compléments au L72 dans les troubles du sommeil avec des produits aux plantes BIO et à la mélatonine végétale.

Celtinews : Que pouvez-vous nous dire concernant votre politique commerciale, qu’est-ce qui la caractérise ? 

Stéphane Lehning : 
Tous nos produits en santé humaine, médicaments et compléments alimentaires (9 millions d’unités par an) sont disponibles en pharmacie. 
En France, nous servons toutes les pharmacies et travaillons en direct avec 6000 d’entre elles qui sont visitées par notre force de ventes interne dédiée. 
Les ventes par Internet passent par les pharmaciens et les sites internet des pharmacies, pas par Lehning.

Pour répondre à l’enjeu de la filière sur la distribution de médicaments en France, la gestion et les modalités de prix au consommateur s’appuient sur des tests d’élasticité conduits par le réseau Lehning. Nos commerciaux interviewent les pharmaciens sur les taux de marge et recueillent leur point de vue sur l’évolution des marges. Nos augmentations annuelles de prix restent raisonnables. Nous préférons une politique peu agressive en termes d’augmentation de tarifs, compatible avec une politique de remises sereine, qui respecte le business model du pharmacien. Cette politique n’est bien sûr pas contraire à des offres de lancement alléchantes accompagnées de supports d’aide à la vente.

Celtinews, le 13/11/2019
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