Thierry Barthelmé : La société savante officinale, une évidente nécessité

Thierry Barthelmé, Co-Président SPSPO, Président d’honneur de l’UTIP, formateur et titulaire

Le but de la Société Française des Sciences Pharmaceutiques Officinales (SFSPO), est de promouvoir l’ensemble des dimensions de la pharmacie d’officine, à la croisée de nombreux domaines de compétences ainsi que l’exercice coordonné entre différents professionnels de santé.
La SFSPO souhaite mettre en place des recommandations de bonnes pratiques et d’harmonisation des pratiques officinales.
La SFSPO est co-présidée par Béatrice Clairaz-Mahiou et Thierry Barthelmé qui a accepté de répondre à nos questions. Le congrès SPOT qui réunit pharmaciens et préparateurs se tiendra à Paris les 9 et 10 décembre. C’est le 1er congrès de cette société savante.
Pour en savoir plus et adhérer :  www.sfspo.org​

Celtinews : Thierry Barthelmé, pouvez-vous s’il vous plait revenir sur les raisons qui ont présidé à la création de la SFSPO et votre articulation avec les autres acteurs de la pharmacie ?

Thierry Barthelmé : Nous sommes partis d’un simple constat, observant l’organisation des médecins, quasiment identique à la nôtre mais incluant des sociétés savantes par spécialités. L’intérêt et le rôle d’une société savante purement officinale nous sont apparus comme une évidence pour expérimenter, étudier et fournir des éléments de preuve pouvant servir à d’autres organisations professionnelles.
D'autres structures existent, certaines incluant des pharmaciens d'officine, mais la singularité de la SFSPO est de s'adresser à l'ensemble de l'équipe officinale et donc aussi bien aux pharmaciens titulaires ou adjoints qu'aux préparateurs et aux étudiants.
Par ailleurs la SFSPO entend couvrir tout le champ de l'exercice officinal et cela n'existe pas aujourd'hui.
La SFSPO s’intéresse à toutes les sciences composant la pratique officinale dont les sciences pharmaceutiques, sociales, économiques, de communication. Autre constat : s’il existe des recommandations de bonne pratique elles sont généralement liées à la prescription et trop rarement à la dispensation.
C’est pour toutes ces raisons que nous avons voulu créer une entité spécifique à l'exercice officinal.
Toute la profession a salué notre initiative. Les syndicats nous ont réservé un excellent accueil, de même que l’Ordre national des pharmaciens (CNOP).
Nous souhaitons travailler avec d'autres sociétés savantes et avons une volonté de rapprochement et de mise en commun de certains de nos travaux. Nous avons besoin de l'expertise d'autres professionnels de la santé comme celles de nos confrères hospitaliers et nous espérons pourvoir également leur apporter la notre.
Les sociétés savantes médicales, qui fonctionnent sur les mêmes codes, ce qui favorise le travail en commun, nous perçoivent non seulement très positivement mais des travaux collaboratifs ont pu être initiés. Un travail est d’ores et déjà en cours avec la SFETD (Société Française d’Etude et Traitement de la Douleur) et la SFMG (Société Française de Médecine Générale) sur l’exercice coordonné des soins et l’articulation d’équipes pluriprofessionnelles au service du patient. En bref, nous générons beaucoup d’attentes, et il va maintenant falloir être efficace !

Celtinews : Les chantiers sont nombreux, quels sont vos priorités, vos objectifs concrets ?

Thierry Barthelmé : Notre souhait premier est de faire exister la pertinence du réseau officinal au plan scientifique.
A court terme, notre priorité est la deuxième édition du congrès SPOT, véritable vitrine de notre savoir-faire.
Ce congrès, que nous attendons avec impatience se tiendra les 9 et 10 décembre à la Cité internationale universitaire de Paris.
Un pharmacien, un médecin, un autre professionnel de santé et un patient seront présents à chaque tribune.
Les associations de patients mais aussi la Société Française de Médecine Générale seront présents à nos côtés.  Des ateliers seront proposés par thématique.
Nous voulons un congrès avant tout centré sur la PRATIQUE.
Au programme donc, des outils concrets sous forme de constats ou d’autres éléments dont nous réservons la surprise aux participants !

Celtinews : Quelles actions avez-vous d’ores et déjà entreprises et avec quels résultats, même si la SFSPO est encore très jeune ?

Thierry Barthelmé : Oui, la SFSPO est jeune mais nous avons déjà des réalisations et des résultats prometteurs à avancer !
Jérôme Sicard et Fabrice Veron, ont couvert l’ESMO (European Society for Medical Oncology), pendant européen du congrès de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology à Chicago) qui s’est tenu en octobre à Munich, nous en offrant une lecture spéciale pharmacies d’officine.
Nous avons également réalisé des interviews croisées dont celle de Sébastien Faure, professeur des universités à Angers, Secrétaire général de la Société Française de Pharmacologie et de Thérapeutique (SFPT) et membre du bureau de la SFSPO et Jacques Buxeraud, professeur émérite des universités, sur l’importance de la SFSPO et le bénéfice que peuvent en tirer les pharmaciens. Cette ressource est consultable sur notre site dans la rubrique actualités.
Dès 2019, nous serons en mesure de produire des recommandations d’exercice coordonné de la pharmacie d’officine, de mesurer des situations et d’établir des questionnaires permettant de quantifier des pratiques. Pour cela nous devons nous former et acquérir une méthodologie de travail irréprochable. 
Après 3 à 4 mois d’existence, la SPSPO compte au moins une centaine d’adhérents pour l’instant. Pour mémoire l’ensemble des professionnels exerçant en officine est bien supérieur à 100 000...
La cotisation annuelle est de 80 euros pour les pharmaciens et 30 euros pour les préparateurs. La participation au congrès SPOT est payante pour tous car nous tenons beaucoup à un financement paritaire entre participants et laboratoires pharmaceutiques. Une charte de relation avec les industriels est par ailleurs en cours de validation.
Nos ressources dépendent des entrées au congrès et des cotisations mais nous recherchons aussi d’autres financements que nous voulons les plus transparents possibles. Notre principe de base : faire avec et pour et jamais sans ni contre.
Afin de créer du lien avec nos adhérents et les tenir informés de nos avancées, une newsletter sera très prochainement publiée. Quelques pharmaciens bénévoles vont mener chacun une cinquantaine d’entretiens autour d’une thématique liée à la vaccination afin de produire des datas, du retour d’expérience.
La SPSPO souhaite être force de proposition avec l’ensemble de la profession vis-à-vis des autorités et des payeurs pour améliorer les prises en charge au travers d’études issues de l’expérience officinale et à moindre coût.
En somme, tout un programme pour lequel nous espérons de nombreux soutiens et contributions.

En attendant, RDV sur le congrès SPOT dès le 9 décembre : http://www.spot-pharma.fr/

Celtinews, le 04/12/2018​
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