Jean-Baptiste de Coutures : « Faire de Giphar l’enseigne de pharmacie préférée des français »




Jean-Baptiste de Coutures, Président National Giphar




Créé en 1968, Giphar (Groupement indépendant de pharmaciens indépendants), fête cette année ses 50 ans ! « Si le modèle de Giphar est unique dans le domaine de la pharmacie, il est aussi celui de demain » n’a pas hésité à nous confier Jean-Baptiste de Coutures, Président Giphar, à l’issue du congrès national qui s’est tenu à Nancy les 22, 23 et 24 septembre.  A fin avril 2018, le réseau ne comptait pas moins de 1 361 adhérents et représentait plus de 2.1 M d’€ de CA, une croissance accélérée par l’augmentation du nombre d’adhérents et la poursuite du déploiement du service ≪ Premium ≫, plébiscité par un grand nombre de Coopérateurs. Les ambitions affichées pour les années à venir sont fortes. Nous avons voulu en savoir plus en rencontrant Jean-Baptiste de Coutures. 

Celtinews : Pouvez-vous s’il vous plait revenir sur l’ambition du groupe et les moyens mis en place pour satisfaire ces ambitions, notamment en termes de communication, dont il a beaucoup été question à Nancy ? 

Jean-Baptiste de Coutures : Notre ambition est claire « Faire de Giphar l’enseigne de pharmacie préférée des français » et oui, dans le paysage actuel, cette ambition est forte. 
Elle nécessite aussi des moyens. Au cours de l’assemblée générale du congrès de Nancy, nous avons voté une hausse de la cotisation communication qui passe à 0.2% du CA HT de nos officines. Cette assemblée générale a donné lieu à beaucoup d’échanges, à des débats passionnés mais cette mesure a été votée à une très large majorité. Ce qu’il fallait trouver, c’est un équilibre, une somme mesurée en fonction des tailles d’officines, et nous l’avons trouvée. Cette démarche est très importante pour nous car nous agissons dans un esprit démocratique. Giphar est une coopérative de pharmaciens avec un statut de grossiste et un groupement de pharmaciens qui défend les pharmaciens de sa coopérative. Justesse et équilibre, transparence, esprit coopérative, les pharmaciens doivent savoir à quoi l’argent est utilisé y compris pour la communication, ils doivent être associés à ces décisions. 
La parution des textes « services et prestations » pouvant être proposés par les pharmaciens d’officine vient tout juste de paraître au Journal Officiel. Ces textes constituent une opportunité de communiquer sur le métier de pharmacien, de le valoriser comme ont pu le faire les opticiens, très en avance sur nous dans ce domaine. La qualité de nos services s’exprime déjà sur nos points de vente mais nous n’avons jamais eu le temps de mettre en valeur notre métier, or, nous vivons dans un monde où communiquer est essentiel. 
Maintenant, il ne s’agit pas seulement de communiquer. Telle que nous l’entendons, notre ambition exige de nous une harmonisation des officines du réseau. Pour ce faire, Giphar met en place une aide à la mise au concept qui couvre les aspects immobiliers, propose des éléments visuels harmonieux, en phase avec les valeurs du groupe, et un marchandising adapté correspondant aux besoins des patients. 
Cette harmonisation passe encore par la formation des pharmaciens, véritables spécialistes du médicament et par la certification de nos officines. 
La communication est un élément de plus dans l’écosystème existant. Le pharmacien doit avant tout faire la preuve de ses compétences.
 
Celtinews : L’avenir de la pharmacie réside dans les aspects métier de la profession, plébiscités par les plus jeunes, que fait Giphar pour ses adhérents dans ce domaine ? 

Jean-Baptiste de Coutures : Giphar propose à ses adhérents tout un dispositif. Je précise que celui-ci s’intègre dans une stratégie de juste équilibre entre les actions métier et la commercialité des pharmacies de notre réseau. L’un dissocié de l’autre ne peut assurer une rentabilité suffisante à nos adhérents et une image de professionnel de santé telle que nous la souhaitons.
Tout d’abord, nous sommes tout à fait solidaires des messages de la profession concernant les bilans partagés de médication qu’il convient de commencer sans attendre.  C’est une priorité ! 
La dispensation accompagnée, liée à la sortie de réserve hospitalière, ou encore l’observance, sont bien des enjeux du pharmacien de demain.
Pour cela, le pharmacien doit disposer de temps. Pour mieux accompagner ses patients, Ie pharmacien doit être libéré du back office. Non seulement Giphar consacre beaucoup de moyens à moderniser le back office, mais fournit à ses adhérents des outils digitaux facilitant l’accompagnement du patient. L’application « j’accompagne mon patient » par exemple intègre les entretiens conventionnels et non conventionnels. 
Back office, outils digitaux spécifiques, hébergement des données de santé, tout est fait pour motiver le pharmacien à se concentrer sur son métier. 
Les pharmaciens Giphar santé 360, groupe leader de plus de 100 pharmaciens mettant en œuvre l’ensemble des éléments de la politique du réseau, donnent le ton. Ces pharmaciens sont de véritables ambassadeurs au sein des régions et de la commission santé entre autres et quand il s’agit de motiver et convaincre, rien ne vaut la parole de ceux qui ont l’expérience.  
Enfin, je citerai l’expérimentation que nous démarrons avec Klésia sur la prévention du risque cardiovasculaire. Trois régions, Loire Atlantique, Maine et Loire et Vendée sont concernées par cette expérience, plus large que celle déjà menée avec Malakoff Médéric et dont les résultats ont été aussi surprenants que démonstratifs. Ces initiatives demandent un gros travail de formation en amont et sont extrêmement motivantes en termes de métier. 

Celtinews : Groupements, réseaux, enseignes, coopératives, sans parler des nouveaux entrants sur le secteur de la pharmacie… le paysage est pour le moins fourni… Que faites-vous pour assurer l’engagement de vos adhérents ?

Jean-Baptiste de Coutures :​ Vous touchez là au cœur de ma mission, de mon travail de Président. Seul celui qui pourra résister aura l’engagement de ses adhérents car au bout du compte, c’est le pharmacien qui détient la clé du paysage de demain. Nous ne devons en aucun cas nous couper de lui. 
Sous mon mandat, la visite des élus dans les régions et les groupements locaux a été mise en place de façon obligatoire. Je souhaite que les pharmaciens adhèrent par conviction et envie. Un discours positif est de mise, qui privilégie les avantages plutôt que les inconvénients. Les réunions en région permettent un vrai dialogue et les remontées sont réellement prises en compte. Là où un problème de représentativité auprès du conseil national se posait, nous n’avons pas hésité à adapter nos statuts, une modification votée lors du congrès de Nancy. Nous sommes donc à l’écoute de notre réseau. 
La recherche d’amélioration des services et process (centrale vers pharmacies) est constante, sans un engagement fort sur ces aspects nous ne pourrions fidéliser. Il est bien entendu que la mesure et le partage des performances sont des éléments majeurs pour assurer l’engagement de nos adhérents. Comment nous y arrivons ? Nous leur démontrons que notre modèle et notre stratégie fonctionnement (exemple des performances du groupe Giphar Santé 360). Ce que j’aime chez Giphar, c’est notre esprit de solidarité.  
L’aide à la mise au concept, l’harmonisation du réseau dont nous parlions il y a un instant, participent aussi à l’engagement. Nous sommes les seuls à avoir un logiciel unique. Nous apportons une aide locale et nationale aux problèmes de réseau. Nos moyens de communication sont fiables et efficaces pour faire comprendre la stratégie du groupement à ses 1 350 pharmaciens fédérés sous enseigne. Nous disposons d’un intranet digital, d’un forum interne tout en privilégiant l’humain et le contact.
Enfin, parce que notre groupe compte des officines de tailles importantes, nous lançons un accompagnement spécifique des pharmacies XL pour les 150 à 200 officines du réseau qui ont des besoins particuliers et une même unité de profil. Ce nouveau concept a également été présenté à Nancy et une personne a été recrutée spécifiquement pour travailler à cette offre. 

Celtinews, le 11/10/2018
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