HOMEOPATHIE

L'homéopathie est une méthode thérapeutique très appréciée des Français depuis près de 200 ans en France comme en Europe. Selon une étude réalisée par Ipsos (Les Français et l'homéopathie – octobre 2018), trois Français sur quatre ont déjà eu recours à l'homéopathie et 74 % des consommateurs considèrent les médicaments homéopathiques comme efficaces. De plus, un médecin sur trois (Étude Ipsos pour Weleda/Lehning/Boiron – mars 2019), soit environ 20 000 d’entre eux, prescrit des médicaments homéopathiques quotidiennement. Inscrits à la pharmacopée française depuis 1965, ces médicaments sont aujourd'hui délivrés journellement dans 100 % des officines. Selon la base de données Xpr-SO®, le nombre de dispensations de produits homéopathiques (sur prescription ou hors prescription) a été estimé à plus de 78 millions entre mars 2018 et février 2019. 165 millions d’unités ont été vendues sur cette période dont plus de 113 millions sur prescription (remboursables ou non) et près de 52 millions hors prescription médicale. À noter que parmi les unités vendues sur prescription, 99 % étaient éligibles au remboursement. En 2018, l’Assurance maladie a remboursé 126,8 millions d’euros de médicaments homéopathiques. Cependant jugée par la Haute Autorité de Santé (HAS) d'une inefficacité insuffisamment démontrée, la Commission de la transparence a rendu, le 26 juin 2019, un avis défavorable à leur remboursement. Les médicaments homéopathiques jusqu'ici pris en charge entre 25 et 30 %, ne sont remboursés qu'à un taux de 10 à 15 % depuis le 1er janvier 2020 et connaîtront un déremboursement total à partir de janvier 2021.

1. DEFINITION
L’homéopathie (du grec homoios « semblable » et pathos « maladie ») est définie par la HAS comme une méthode thérapeutique qui repose sur l’administration de préparations à doses très faibles, élaborées à partir de teintures mères fortement diluées, susceptibles de provoquer, à des concentrations plus élevées chez l’homme en bonne santé, des manifestations semblables aux symptômes ciblés. L’homéopathie appartient aux médecines alternatives et complémentaires (MAC) proposées respectivement pour se substituer ou être associées à la médecine conventionnelle.
L’homéopathie est également utilisée en médecine anthroposophique, un système de traitement non conventionnel basé sur une démarche d’observation et de compréhension holistique de l’homme et de la nature, de la maladie et de sa prise en charge. Cette modalité de traitement s’intègre à la médecine conventionnelle en appliquant des procédures diagnostiques et thérapeutiques standards.

2. PRINCIPES
L’homéopathie est donc une méthode thérapeutique qui repose sur le principe de la similitude, des semblables ou encore de pathogénésie. Énoncé en 1796 par Samuel Hahnemann, le fondateur de l’homéopathie, ce principe est défini comme « toute substance capable d’induire à des doses pondérales chez le sujet sain des symptômes pathologiques, et susceptible, à doses spécialement préparées, de faire disparaître des symptômes semblables chez le malade qui les présente ».
En d’autres termes, la loi de similitude établit que ce qui peut rendre malade à forte dose peut guérir à faible dose. Les doses sont préparées selon le principe de l’infinitésimalité ou principe de haute dilution, qui consiste à diluer successivement une substance active appelée « souche » ou « teinture mère » provenant du règne minéral, végétal ou animal, afin d’en limiter la toxicité et de potentialiser son effet.
Le règne végétal représente 60 % des souches de l’homéopathie. La dilution est ensuite dynamisée par de nombreuses secousses en suivant le principe de succussion visant à préserver les propriétés pharmacologiques initiales. Les médicaments homéopathiques sont présentés avec leur nom latin et leur niveau de dilution. Deux techniques distinctes de dilution sont utilisées, la technique Hahnemannienne correspondant à des déconcentrations de la souche au dixième ou au centième (notée DH au dixième et CH au centième) et la méthode korsakovienne, non pratiquée en France, qui privilégie davantage la dynamisation.
A la différence de l’allopathie, l’homéopathie répond au principe d’individualisation (ou de globalité) en appréhendant globalement la personne (globalité physique, psychique, etc.) et non uniquement les symptômes liés à la maladie. Selon ce principe, la détermination de la pathogénésie d’une substance chez des sujets d’inégale réceptivité, ainsi que l’expérimentation clinique, ont permis de définir des « types sensibles » (ou « terrains ») permettant de personnaliser le traitement selon les caractéristiques somato-psychiques et les tendances pathologiques du sujet.

3. L’HOMEOPATHIE SOUS TOUTES SES FORMES
Les médicaments homéopathiques sont prescrits par des médecins généralistes ou spécialistes formés à cette pratique. Depuis octobre 2011, en France, les sages-femmes ont également le droit de prescrire des médicaments homéopathiques pour les pathologies liées à la grossesse.

Les formes galéniques de l’homéopathie sont diverses :
- Tubes de granules : Il s’agit de la forme galénique la plus courante, avec les doses de globules. Ils sont pris par voie orale, en dehors du repas, à laisser fondre dans la bouche. Les granules se prennent généralement 5 par 5, de manière répétée dans la journée ;
- Doses de globules à prise unique : Dans le cas d’une maladie chronique (sinusite chronique, eczéma, etc.), la dose unique peut être prise à intervalle régulier, une fois par semaine ou par mois ;
- Teinture mère : Très concentrée en principes actifs, la préparation doit être diluée dans un verre d’eau à raison de 20 à 40 gouttes, généralement 3 fois par jour ;
- Comprimés : Cette forme est souvent utilisée soit, pour traiter un trouble spécifique comme les troubles du sommeil, les bouffées de chaleur, le rhume, soit pour fournir un complément d’oligo-éléments (magnésium, calcium…), par exemple, pour lutter contre le stress ;
- Gouttes : Les plus connues sont le L52® pour lutter contre la grippe et le L107® contre la gastro-entérite ;
- Sirops : Ils sont souvent demandés au comptoir pour le traitement de la toux (Drosetux®) et des troubles du sommeil (Quiétude®) ;
- Triturations (poudres) : Les « sels de Schüssler » constituent la trituration la plus connue. Elle est composée de douze sels minéraux destinés à lutter contre l’ostéoporose ;
- Ampoules : Cette forme est particulièrement utilisée dans le traitement de fond des infections urinaires récidivantes et d’autres troubles gynécologiques ;
- Pommades et gels : Ils permettent une action locale et ciblée. Les plus connues sont la crème au calendula et Homéoplasmine®, qui traitent les peaux irritées ou la pommade à l’arnica utilisée pour remédier aux traumatismes localisés sans plaies (chocs, ecchymoses) ou encore Avenoc® pour traiter les hémorroïdes ;
- Collyres : Ils sont utilisés dans le traitement de conjonctivites, de sècheresse oculaire ou d’irritations liées à une allergie. Il est à noter qu’en raison de normes de fabrication strictes, les collyres ne peuvent pas être préparés en pharmacie sous forme de préparation magistrale ;
- Suppositoires : Cette forme est principalement utilisée dans le traitement des crises hémorroïdaires et de la constipation. Certains suppositoires homéopathiques sont également destinés aux bébés et aux enfants notamment en cas de douleurs lors des poussées dentaires, de douleurs gingivales et de troubles du comportement (enfants irritables). La durée du traitement par suppositoire homéopathique ne doit pas dépasser une semaine.

4. LES RAISONS DU DEREMBOURSEMENT
Contrairement aux autres médicaments, les médicaments homéopathiques n’ont pas été évalués scientifiquement avant d’être inscrits au remboursement, il y a plusieurs décennies. Dans ce contexte, le ministère des Solidarités et de la Santé a saisi la HAS pour évaluer le bien-fondé du maintien de leur remboursement par l’Assurance maladie. La commission de la transparence de la HAS a mené la première évaluation scientifique française sur les médicaments homéopathiques. Elle a concerné près de 1200 médicaments homéopathiques (1200 souches qui peuvent avoir chacune des taux de dilution différents et être combinées entre elles). La commission a analysé plus de 1000 publications scientifiques, les contributions des parties-prenantes ainsi que les documents et dossiers déposés par les trois laboratoires concernés (Boiron, Weleda et Rocal-Lehning). Elle a également identifié des données scientifiques pour 24 affections et symptômes traités avec des médicaments homéopathiques tels que les troubles de l’anxiété, les verrues plantaires, les soins de support en oncologie, les infections respiratoires aigües chez l’enfant, etc.
Au terme de cette évaluation scientifique qui a nécessité 9 mois de travail, la commission de la transparence a rendu un avis défavorable au maintien du remboursement des médicaments homéopathiques, le 26 juin 2019. Plusieurs raisons ont motivé cette conclusion :
- L’absence de preuve de l’efficacité (données cliniques ne permettant pas de conclure à une efficacité suffisante ou absence de données disponibles) ;
- Un recours systématique à des médicaments (classiques ou homéopathiques) non nécessaires pour traiter des pathologies sans gravité ou qui guérissent spontanément ;
- L’absence d’étude robuste permettant d’évaluer l’impact des médicaments homéopathiques sur la qualité de vie des patients ;
- L’absence d’impact attribuable aux médicaments homéopathiques sur la consommation d’autres médicaments, la diminution du mésusage, le nombre d’hospitalisations, les retards à la prise en charge ou sur l’organisation des soins.

Ainsi, dès le 1er janvier 2021, les médicaments homéopathiques ne bénéficieront plus d’un remboursement par l’Assurance maladie. Néanmoins, la plupart des complémentaires santé pourraient continuer leur prise en charge.

5. CONSEILS A L’OFFICINE
Dans son rapport d’évaluation sur l’efficacité de l’homéopathie, la HAS a souligné que le recours à l’homéopathie ne doit pas retarder la prescription des soins nécessaires à la prise en charge des patients, en particulier pour les maladies graves et évolutives. Pour les maladies graves telles que le cancer, l’homéopathie peut être utilisée en complément mais jamais en remplacement des médicaments non homéopathiques prescrits par le médecin. L’arrêt de ces derniers au profit de médicaments homéopathiques pourrait interférer de façon préjudiciable sur l’évolution de ces pathologies.
Il n’existe pas de contre-indications ou d’effets secondaires à l’homéopathie. Toutefois, quelques précautions doivent être prises :
- Les granules, globules et triturations contiennent du lactose. Ils ne doivent donc pas être utilisés en cas de galactosémie, de syndrome de malabsorption du glucose et du galactose ou de déficit en lactose ;
- Le traitement homéopathique par voie orale doit être pris en dehors des repas. Il ne faut pas non plus absorber de substances astringentes (café, tabac, camphre, menthe et camomille) dans la demi-heure précédant la prise des granules ou globules. De ce fait, il peut être utile de proposer au patient un dentifrice sans menthol lors de la délivrance du traitement homéopathique ;
- Les préparations buvables sont la plupart du temps réalisées avec un support alcoolisé, et ne doivent donc pas être proposés aux enfants, aux femmes enceintes ni aux anciens buveurs sevrés ;
- Enfin, il convient de conserver les médicaments homéopathiques à l’abri de la lumière, de la chaleur, de l’humidité et des parfums.

6. SITES WEB
Commentaire
GG
04/07/2020
Merci pour cette mini formation ou rappel de données, MAIS fondamentalement la vraie question est économique ; le tube remboursé SS (peu onéreux ) soigne mieux, le principe actif est sans doute plus efficace que celui dans le tube non remboursé SS la preuve ; c'est que les ventes, les demandes des patients accrocs homéopathie baissent quand la SS ne rembourse pas et que les prix des tubes montent.
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