CONSEILS AUX VOYAGEURS

Pour la plupart des français, la destination vacances est d’ores et déjà planifiée, et ce malgré la pandémie en cours.  Selon un sondage réalisé par consortium-immobilier.fr auprès de 1698 français entre le 25 et le 29 avril 2020, sur les 81 % qui souhaitaient partir en vacances avant la pandémie, 57 % n’ont pas changé d’avis. Cependant, la grande majorité d’entre eux (7 sur 10) a modifié le choix de son lieu de vacances, préférant rester dans l’hexagone plutôt que partir à l’étranger malgré l’ouverture des frontières. Toujours selon ce sondage, la destination privilégiée des français pour cet été reste le bord de mer (66,9 %), suivie de la campagne (17,4 %) et de la montagne (13,8 %).
Pour que le voyage soit réussi, une bonne préparation est de rigueur, particulièrement si des enfants font partie de l’expédition. Si vacances riment souvent avec soleil, découvertes, plages et farniente... il ne faut pas ignorer les risques et nouvelles habitudes liés au Covid-19. Qu’il s’agisse d’un voyage à l’étranger ou au cœur de la France, le pharmacien peut aider ses patients, notamment les plus vulnérables, à préparer leur départ et anticiper les différentes situations à risque pour leur santé. De bons conseils pratiques et une trousse à pharmacie bien constituée permettront de partir l’esprit serein !

1. LA TROUSSE DU VOYAGEUR
Pour pallier à tous les risques ou presque, une trousse à pharmacie, composée de produits sélectionnés avec soin, s’avère indispensable. Celle-ci sera de préférence étanche et à multi compartiments afin de ranger les produits par thème et les retrouver plus rapidement en cas d’urgence. Les médicaments doivent être emportés dans leur emballage d’origine, avec leur notice, et non en vrac, afin d’éviter les possibles sources d’erreurs.
Tous les voyageurs n’auront pas les mêmes besoins. Cela dépendra de leur état de santé, de leur âge, de la destination, du moment du séjour et des conditions d’hébergement. Cependant, voici la liste des produits qui constituent les indispensables pour tous :

Le petit matériel
- Des masques jetables aux normes en vigueur ;
- Du sparadrap, des pansements ou compresses stériles ;
- Des pansements gras pour les brûlures et les plaies suintantes ;
- Une bande de contention pour traiter une entorse (avec une épingle à nourrice pour la fixer) ;
- Une paire de ciseaux ;
- Un thermomètre incassable ;
- Une pince à épiler pour enlever les échardes ou les tiques ;
- Des préservatifs NF.

Les crèmes et produits
- Antiseptique local, de préférence en spray ou lingettes, plus adaptés au mode nomade ;
- Crème solaire avec un indice de protection adapté au type de peau ;
- Crème contre les brûlures et coups de soleils ;
- Collyre antiseptique (conditionnement monodose) ;
- Dosettes de sérum physiologique ;
- Crème pour les coups et les égratignures ;
- Désinfectant hydro-alcoolique ;
- Spray ou crème anti-moustiques ;
- Produit pour imprégner les moustiquaires et les vêtements ;
- Sachet de réhydratation.

Les médicaments (avec leur forme pédiatrique)
- Antalgiques et antipyrétiques (le paracétamol se conserve mieux sous la chaleur que l’aspirine) ;
- Antihistaminiques dernière génération ;
- Anti-inflammatoires (ibuprofène) ;
- Sels de réhydratation, anti-diarrhéique ou anti-sécrétoire (lopéramide ou racécadotril) ;
- Laxatif (le changement d’habitudes alimentaires ou le stress du voyage peuvent provoquer une constipation) ;
- Antispasmodiques (phloroglucinol, trimébutine ou mébévérine) ;
- Antiémétiques (contre le mal des transports) ;
- Des solutions de réhydratation orale pour les nourrissons en cas d’insolation ou de fortes diarrhées ;
- Comprimés à sucer en cas d’irritation de la gorge (souvent provoquée par la climatisation en été).

Pour les traitements réguliers, il est nécessaire de :
- Prévoir un peu plus de médicaments que nécessaire, au cas où la date de retour de vacances serait retardée, si la boîte de médicaments est égarée ou rendue impropre à la consommation ;
- Répartir les médicaments entre les bagages à mains et les valises, en cas de perte ou de vol ;
- Bien conserver les notices des médicaments ;
- Conserver une ordonnance du médecin traitant avec la mention de la DCI (dénomination commune internationale) ;
- En cas de traitements devant être conservés à basse température, se renseigner auprès des compagnies aériennes pour s’assurer du bon maintien des conditions isothermes durant tout l’acheminement.

Quelques médicaments se dégradent en fonction des conditions climatiques ou ne sont pas adaptés à certaines régions. Il faudra donc éviter :
- Les suppositoires qui peuvent fondre sous l'effet de la chaleur ;
- Les lotions alcoolisées ou odorantes qui dessèchent la peau et attirent les insectes ;
- Les médicaments inhabituels en raison du risque d'allergie ou d'effets secondaires inconnus.

2. LE VOYAGEUR DU BORD DE MER
Lors de vacances à la mer, outre les risques de coups de soleil ou d’insolation, quelques désagréments peuvent survenir :
- Les piqûres de vive ou de rascasse : leur venin étant thermolabile (détruit par la chaleur), une source de chaleur, comme un briquet, pourra atténuer la douleur ;
- Un contact avec des tentacules de méduse : si des tentacules sont visibles, on peut se servir d’une pince à épiler ou d’un coton-tige pour les enlever délicatement. En prévention, il existe des crèmes solaires, vendues en pharmacie, qui empêchent les tentacules des méduses de coller à la peau.
- Les mycoses : elles sont également plus fréquentes en été car leur survenue est favorisée par la chaleur, l’humidité et la transpiration. Elles touchent principalement les pieds car la contamination peut se faire par le sol, à la plage ou à la piscine.

Afin de faire face à toutes ces situations, il faudra ajouter du petit matériel et quelques produits dans sa trousse médicale, comme un briquet, une crème solaire anti-méduse, des cotons tiges et une crème antifongique. Toute piqûre ou morsure qui entraine des troubles importants nécessite une visite au service des urgences le plus proche.
La pratique de la plongée sous-marine avec bouteille est soumise à avis médical. Par ailleurs, il est fortement recommandé de ne pas voyager en avion ou en altitude dans les 24 heures qui suivent ou précèdent une plongée avec bouteille.

3. LE VOYAGEUR DES MONTAGNES
Montagne rime bien souvent avec excursions et longues randonnées et pour les non-initiés avec ampoules ! Les trois causes courantes d’ampoules sont la chaleur, l’humidité et les frictions. Dans ces conditions, la survenue d’une ampoule est quasi systématique. Pour remédier à ce problème, on peut appliquer en prévention des crèmes qui limitent le frottement et l’échauffement. Lorsqu’une ampoule apparait, il est conseillé d’utiliser des pansements anti-ampoules pour soulager la douleur et favoriser la guérison. Les morsures de vipères ou de couleuvres sont un autre danger de la randonnée. Dans ce cas, il est très utile de disposer dans sa trousse de papier et d’un crayon afin de noter les caractéristiques du serpent et ainsi pouvoir transmettre facilement les informations aux secouristes. Il est à noter que les kits anti-venins sont inefficaces dans cette situation.
Pour les excursions et randonnées en altitude (supérieure à 2500 mètres) un avis médical doit être sollicité. Quelques jours sont nécessaires à l’organisme pour s’adapter à des conditions environnementales inhabituelles. Un défaut d’acclimatation peut entrainer le mal aigu des montagnes. La prévention repose sur une ascension progressive et une adaptation à l’altitude de quelques jours, au repos.

4. LES VOYAGES EN EUROPE ET EN DEHORS
Tous les pays d’Europe ne présentent pas les mêmes risques. C’est pourquoi, le site https://www.diplomatie.gouv.fr, propose des conseils et avertit des risques encourus par les voyageurs en fonction de leur destination. Pour bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité sociale dans les pays européens, il faut être muni d’une carte européenne d’assurance maladie. Elle peut être demandée à la caisse locale au moins 15 jours avant le départ.
Les frontières hors Union européenne seront ouvertes progressivement à partir du 1er juillet. Il est recommandé de se renseigner sur les risques potentiels liés au pays. Ces informations sont aussi présentes sur le site https://www.diplomatie.gouv.fr​.
Pour faciliter le passage aux douanes, il est recommandé de conserver sur soi les ordonnances du médecin traitant précisant les substances contenues dans les traitements, sous forme de dénomination commune internationale (DCI), particulièrement pour les molécules classées dans la catégorie des stupéfiants.
Il est vivement conseillé de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance permettant de couvrir tous les frais médicaux (chirurgie, hospitalisation, etc.) et de rapatriement sanitaire, afin de faire face aux frais d’hospitalisation et aux dépenses de santé parfois très élevés à l’étranger, au risque de ne pas avoir accès aux soins, y compris en cas d’urgence vitale. Ces frais ne sont pris en charge ni par l’ambassade ni par les consulats généraux de France sur place.

5. CONSEILS AU COMPTOIR
Dans son rôle de partenaire de santé au quotidien, le pharmacien saura conseiller sa patientèle pour composer une trousse de voyage adaptée à toute la famille et à toutes les destinations. Mais son rôle consistera aussi et surtout à prévenir les risques d’incidents et de contamination. Généralement, le pharmacien rappellera l’importance de :
- Boire régulièrement surtout en cas de forte chaleur ;
- Etre à jour dans sa vaccination, particulièrement pour un voyage à l’étranger ;
- Eviter l’exposition au soleil entre 11h et 16h ;
- Porter un chapeau pour éviter l’insolation ;
- Etre bien chaussé pendant les randonnées ;
- Porter des sandales en plastique avec une semelle épaisse dans l’eau peu profonde pour éviter les piqûres de vive et de rascasse ;
- Ne pas oublier le traitement quotidien (maladie chronique, contraception…) en tenant compte du décalage horaire pour les traitements qui nécessitent une prise à heure fixe, en programmant éventuellement une alarme sur son téléphone pour éviter l’oubli ;
- Vérifier les dates de péremption des médicaments emportés ;
- Veiller à conserver les médicaments dans un endroit à l’abri du soleil, la plupart des médicaments étant sensibles aux fortes chaleurs et conserver les notices et les boîtes ;
- Bien se laver les mains régulièrement ;
- Porter des vêtements couvrants pour éviter les piqûres d’insectes ;
- Porter des bas de contention pour les longs voyages en avion ;
- Consulter son médecin traitant avant de partir à l’étranger ;
- Ranger la trousse de secours dans un endroit accessible (pas au fond du coffre, ou de la remorque…).
Le pharmacien veillera particulièrement à prévenir les femmes enceintes des risques de thrombophlébite, en fin de grossesse, lors de voyages en avion. Les longs trajets en voiture, surtout sur des routes en mauvais état, sont également déconseillés.

Conseils liés à la pandémie de Covid-19 :
Dans le cadre d’une location de vacances, le pharmacien rappellera l’importance de désinfecter toutes les surfaces potentiellement contaminées du logement : poignées de portes, télécommande, clés, interrupteurs…
Il est également utile d’avoir constamment à portée de main du gel hydro-alcoolique et des masques, sachant que, selon les régions (zone orange ou verte), l’entrée dans certains lieux comme les musées, parcs zoologiques ou théâtres, est soumise au port obligatoire du masque.

6. SITES WEB
Site internet de la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie : http://www.snfge.org/content/diarrhee-aigue​
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