ASTHME

235 millions de personnes souffrent d’asthme dans le monde d’après les estimations de l’OMS et plus de 4 millions en France selon l’Inserm. Les premières manifestations de l’asthme surviennent dès l’enfance et depuis 2012, tous les deux ans, une enquête nationale est effectuée en milieu scolaire. Les chiffres qui en résultent indiquent une prévalence de la maladie allant de 10 à 16% selon les classes (CM2, troisième et maternelle). La prévalence diminue avec l’âge pour s’établir à 6,7% chez l’adulte. L’asthme peut considérablement altérer la qualité de vie des patients, entraînant parfois des insomnies, une baisse d’activité et un absentéisme à l’école ou au travail. De plus, si la maladie n’est pas prise en charge correctement ou lorsqu’elle échappe au contrôle des traitements, elle peut s’avérer délétère. Chaque année plus de 60 000 hospitalisations et près de 900 décès sont directement liés à l’asthme sévère. Le Haut Comité de Santé Publique considère que les personnes présentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale, dont l’asthme sévère, sont des individus à risque de développer une forme grave d’infection à SARS-CoV-2. 
Si l’asthme ne se guérit pas, dans 95% des cas, il est cependant bien contrôlé. Et grâce aux nombreux traitements existants, les symptômes peuvent être soulagés.

1. DEFINITION
L’asthme est une maladie respiratoire multifactorielle chronique due à une inflammation permanente des parois de la muqueuse bronchique, irritée et épaissie. Cette inflammation permanente rend les bronches sensibles, et entraîne une réaction excessive en présence de facteurs favorisants : la contraction des muscles bronchiques et l’hypersécrétion de mucus entravent le passage de l’air. L’asthme est caractérisé par la survenue de « crises », des épisodes de dyspnées accompagnées de sifflements, de toux sèche ou encore de sensation d’oppression dans la poitrine. La durée de la crise peut varier de quelques minutes à quelques heures, après quoi, la respiration redevient normale.  

2. CAUSES ET FACTEURS DECLENCHANTS
L'asthme provient de l'association d'une prédisposition génétique à l'allergie et de facteurs environnementaux favorisants tels que l’exposition à des substances et des particules dans l’environnement, qui une fois inhalées sont susceptibles de provoquer des réactions allergiques ou d’irriter les voies respiratoires. 

Les facteurs de prédisposition à l’asthme sont nombreux :
- Antécédents familiaux ou personnels d’atopie ; 
- Rhinite allergique pendant l’enfance, facteur qui multiplie le risque d’asthme par trois ; 
- Conjonctivite allergique ; 
- Prématurité ;
- Faible poids de naissance ; 
- Bronchiolites à répétition pendant l’enfance.

Parmi les facteurs déclenchants de crises, on retrouve :
- Les allergènes à l’intérieur des habitations (acariens présents dans la literie, les tapis et meubles rembourrés, les polluants et squames d’animaux de compagnie) ;
- Les allergènes extérieurs (pollens et moisissures) ;
- La fumée du tabac ;
- Les solvants et produits chimiques irritants sur le lieu du travail ;
- La pollution de l’air ;
- L’air froid ;
- Certains parfums ;
- Les émotions fortes (stress, peur ou colère) ;
- Le rire ;
- Une allergie alimentaire ;
- L’exercice physique ;
- Certains médicaments comme l’aspirine et d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens ou des bétabloquants.
Le surpoids et l’obésité sont des facteurs aggravants.

3. SYMPTOMES
Les chercheurs considèrent qu’il n’existe pas « un asthme » mais plusieurs formes d’asthme. 4 stades de sévérité de l’asthme sont également décrits (intermittent, persistant léger, persistant modéré et persistant sévère). Les symptômes qui varient d’une personne à l’autre peuvent survenir à n’importe quel moment de la journée mais en général, les crises apparaissent plus souvent en pleine nuit ou le matin. Alors que certains éprouvent une gêne respiratoire permanente, près de 30% des personnes asthmatiques ne ressentent même pas de symptômes en cas d’obstruction des bronches. 
Les symptômes les plus fréquents sont :
- Une crise d’essoufflement aiguë ;
- Une sensation d’oppression au niveau de la cage thoracique ;
- Une difficulté à respirer profondément ; 
- Une respiration sifflante ;
- Un essoufflement à l’effort ;
- Une toux sèche qui ne passe pas ;
- Des manifestations ORL, dans près de 80 % des cas : nez bouché, éternuements, perte du goût et de l’odorat ;
- Des polypes du nez (trois fois plus fréquents chez les asthmatiques que chez les personnes ayant une rhinite sans asthme).

4. DIAGNOSTIC
Pour établir le diagnostic, le médecin s’appuie sur la présence de symptômes caractéristiques (essoufflements, toux, sifflements), les circonstances et la fréquence de survenue des crises ainsi que sur la présence d’un terrain prédisposant. 
Une série de tests consistant à évaluer le souffle et la capacité pulmonaire du patient, appelée « épreuves fonctionnelles respiratoires » (EFR) est réalisée par le spécialiste :
- Le test au spiromètre : le patient inspire et expire dans un appareil. Sont ainsi mesurés le volume d’air échangé avec l’extérieur lors d’une respiration calme (volume courant), le volume maximal d’air rejeté en une seconde après avoir inspiré de l’air au maximum (Volume Expiratoire Maximum à la première Seconde ou VEMS) et le débit expiratoire de pointe (DEP).
- La gazométrie sanguine : elle est réalisée en cas d’asthme sévère et permet de mesurer le taux d’oxygène (PaO2) et le taux de gaz carbonique (PaCO2) dans le sang.
- Le débit expiratoire de pointe ou DEP (peak-flow) : en soufflant dans le débitmètre de pointe, l’air expulsé par le patient déplace un curseur le long d’une règle graduée. Ce test permet d’évaluer le degré d’obstruction des bronches.


5. TRAITEMENTS
Même si des phases d’accalmies peuvent durer plusieurs années, l’asthme est une maladie chronique qui ne guérit pas. 
Les personnes asthmatiques doivent donc être contrôlées régulièrement. Le traitement a pour objectif principal de limiter la survenue des exacerbations, qui peuvent être mortelles, de maintenir une fonction respiratoire la plus normale possible et de réduire l’impact des symptômes sur la vie quotidienne (travail, étude, sport…). Le traitement repose sur : 
- Un traitement de fond, pris au quotidien. Il permet de limiter la fréquence et la sévérité des crises d’asthme. Il s’agit d’anti-inflammatoires comportant un corticoïde inhalé à dose plus ou moins forte et un ou plusieurs traitements complémentaires dont les bronchodilatateurs agonistes béta-2 de longue durée d’action.
- Un traitement de crise, à prendre uniquement en cas de symptômes. Ce sont des bronchodilatateurs d’action rapide, qui permettent de limiter l’intensité des symptômes.
Plus récemment, quatre anticorps monoclonaux évalués par la HAS représentant des moyens thérapeutiques supplémentaires dans la prise en charge de l’asthme sévère ont été préconisés : Xolair (omalizumab), Nucala (mépolizumab), Cinqaero (reslizumab) et Fasenra (benralizumab). 
Ces médicaments sont des traitements de fond administrés en continu qui font l’objet d’une prescription initiale à l’hôpital, suivie d’une réévaluation médicale régulière. L’instauration d’un tel traitement doit être prescrite après un avis pneumologique spécialisé. 
Ces médicaments ne doivent être utilisés qu’en cas de mauvais contrôle de la maladie asthmatique malgré un traitement de fond (corticoïde à forte dose + bronchodilatateur de type agoniste béta-2 de longue durée d’action) bien suivi depuis plusieurs mois et après une évaluation spécialisée. Les traitements par Cinqaero ou Fasenra ne doivent être utilisés que chez les adultes et Nucala chez l’adulte, l’adolescent et l’enfant à partir de 6 ans ayant un asthme sévère à éosinophiles à partir de seuils déterminés et dans des conditions précises. Le traitement par Xolair quant à lui, concerne les patients (adultes, adolescents et enfants) ayant un asthme sévère allergique, dont la dépendance aux immunoglobulines E a été établie. Il est à noter que Xolair ne doit être utilisé chez les femmes enceintes qu’en cas de nécessité absolue.
En ce qui concerne l’asthme d’effort, la prise d'un médicament comme un bronchodilatateur de longue durée d’action et les antileucotriènes une demi-heure avant l’exercice permet de prévenir la crise.

6. CONSEILS A L’OFFICINE
Les personnes asthmatiques se posent souvent des questions sur leur quotidien : alimentation, activités sportives, voyage, grossesse, etc. En règle générale, un asthme bien contrôlé par des traitements ne modifie en rien la vie quotidienne du patient mais nécessite un contrôle régulier. En effet, l’inflammation intense et permanente des bronches entraine un remodelage de la paroi bronchique pouvant provoquer une obstruction bronchique définitive et conduire à une insuffisance respiratoire chronique qui nécessite la mise sous oxygène.  

En outre, bien suivre le traitement de fond et éliminer les facteurs déclenchants de son environnement est essentiel pour limiter les crises :
- Limiter l'exposition aux acariens : aspirer régulièrement le sol, dépoussiérer les meubles avec un chiffon humide, aérer régulièrement le domicile et particulièrement la chambre à coucher, recouvrir les oreillers et la literie de housses traitées anti-acariens et de qualité médicale, laver les draps au moins une fois par semaine à 60°C, éviter les moquettes, tapis, rideaux ainsi que les peluches etc. ;
- Prévenir l’exposition aux pollens en évitant de sortir pendant le pic pollinique, en portant un chapeau et des lunettes lors de sorties extérieures. Après une promenade, il est conseillé de se rincer le visage et de se laver les cheveux pour enlever toute trace de pollen.
- Limiter l’exposition aux poils d’animaux. Eviter de pratiquer l’équitation en cas d’allergie au poil de cheval. D’une manière générale, posséder un animal de compagnie à poils (chien, chat…) n’est pas recommandé. S’il n’y a pas d’alternative, il faut interdire l’accès de la chambre à son animal domestique, supprimer les moquettes qui retiennent les poils et laver l’animal toutes les semaines ;
- Prévenir l’exposition aux moisissures, en utilisant au besoin un déshumidificateur et en prenant bien soin de le nettoyer soigneusement et régulièrement avec de l’eau javellisée ;
-  Prévenir l’exposition aux cafards et aux blattes.

7. SITES WEB
Vidal :
https://eurekasante.vidal.fr/maladies/voies-respiratoires/asthme.html
Association asthme allergies : https://asthme-allergies.org/
Fondation du souffle : https://www.lesouffle.org/ ​

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