PREVENTION DES CANCERS

Les cancers constituent la deuxième cause de mortalité dans le monde après les maladies cardiovasculaires. En France, selon l’Institut national du cancer, 142 000 cancers sur les près de 355 000 diagnostiqués chaque année, seraient évitables. En effet, 40% des cancers sont la conséquence directe d’une exposition à des facteurs de risque liés à nos modes de vie et comportements, comme l’alimentation, le manque d’activité, ou certaines pratiques à risque (usage de tabac, consommation excessive d’alcool, surexposition au soleil...). A titre d’exemple, l’étude « Trends in tobacco-attributable mortality in France » publiée en 2015 révélait qu’un cancer sur trois en France est lié au tabagisme, responsable chez l’homme de 90% des cancers du poumon et contribuant à la survenue de nombreux autres cancers.
Selon l’OMS, la prévention constitue la stratégie à long terme la plus rentable pour lutter contre le cancer. La France prend également à cœur cette stratégie, puisque le dernier plan cancer 2014-2019 visait particulièrement à renforcer la prévention et le dépistage du cancer et d’en faire une priorité. Ces actions continueront à occuper une grande place dans les stratégies à venir. Au cours de son allocution prononcée durant les 7èmes rencontres de l’INCa (Institut national du cancer) 2019, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a souligné l’importance de développer et de rattraper le retard sur la prévention du cancer en France. 
Etroitement lié à la prévention, le dépistage peut sauver un grand nombre de vies. Pour ne citer que le dépistage du cancer du sein, 5 ans après le diagnostic, 99% des femmes sont toujours en vie lorsqu’il est diagnostiqué à un stade précoce, contre 26% lorsque qu’il est détecté à un stade avancé. A n’en pas douter, les campagnes de prévention et de dépistage tiennent une place de premier ordre dans la lutte contre le cancer.

1. FACTEURS DE RISQUES EVITABLES
Tabac
Il constitue le premier facteur de risque de cancer, notamment du poumon, de l’œsophage, du rein, de la gorge, de la bouche, du larynx, de la vessie, du col utérin et de l’estomac. Le tabagisme passif, également appelé « tabagisme environnemental » provoque chez les adultes non-fumeurs des cancers pulmonaires. La fumée de cigarette n’est pas la seule en cause, le tabac à chiquer ou à priser provoque des cancers localisés au niveau de la bouche, de l’œsophage et du pancréas.

Alcool
Deuxième facteur de risque, la surconsommation d’alcool est responsable de cancers de la cavité buccale, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, du foie, du côlon, du rectum et du sein. Associée au tabac, la consommation excessive d’alcool augmente considérablement le risque de cancer de la cavité buccale, du pharynx, du larynx et de l’œsophage.

Sédentarité
Une étude publiée dans la revue Journal of the National Cancer Institute, compilant les résultats de 43 études d’observation, réalisées sur 4 millions de personnes parmi lesquelles figuraient 68 936 cas de cancers diagnostiqués, a permis de mettre en évidence qu’un comportement sédentaire augmente le risque de 24% de développer un cancer du côlon, de 32% un cancer de l'endomètre, et de 21% un cancer du poumon.

Habitudes alimentaires
Une consommation excessive de viande rouge et de charcuterie peut être associée à un risque accru de cancer colorectal. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé la consommation de viandes transformées (dont la charcuterie) comme cancérogène avéré pour l’homme et la consommation de viandes rouges comme étant probablement cancérogène pour l’homme. Près de 5 600 nouveaux cas de cancers du côlon et du rectum seraient attribuables à cette surconsommation. De plus, une alimentation riche en graisse favoriserait l’apparition de cancers du sein, du côlon, de la prostate et de l'endomètre.

Obésité et surpoids
En 2015, près de 19 000 nouveaux cas de cancers en France étaient attribuables à une surcharge pondérale. L'obésité joue un rôle important dans l’apparition du cancer, particulièrement du côlon chez l'homme et du sein chez la femme. Selon l’OMS, le surpoids et l’obésité favoriseraient également le cancer de l’œsophage, du rectum, de l’endomètre et du rein.

Infections
Les agents infectieux sont responsables de près de 22% des décès par cancer dans le monde en développement et de 6% d’entre eux dans les pays industrialisés. Par exemple, les hépatites virales B et C provoquent le cancer du foie, l’infection par le papillomavirus humain est responsable du cancer du col utérin et la bactérie Helicobacter pylori, augmente le risque de cancer de l’estomac. 

Exposition à des produits cancérogènes, pollution
L’exposition à des produits chimiques, agents physiques ou poussières biologiques présents dans l’environnement, l’air ambiant, à l’intérieur des habitations, sur le lieu du travail ou dans l’eau de boisson, est à l’origine de cancers et particulièrement ceux de l’appareil respiratoire. Il peut s’agir d’amiante, de radon, du glyphosate utilisé dans les produits de jardinage, du nickel ou encore d’arsenic. Selon l’OMS, la pollution de l’air, de l’eau et du sol par des substances chimiques cancérogènes explique 1% à 4% de l’ensemble des cancers (CIRC/OMS, 2003). 

Rayonnements ultra-violets
Les rayons UV sont cancérogènes pour l’homme et à l’origine des principaux types de cancer de la peau tels que les carcinomes basocellulaires, les épithéliomas malpighiens spinocellulaires et les mélanomes.




2. DEPISTAGE
Les dépistages permettent de détecter les cancers avant l’apparition des symptômes, permettant ainsi de mieux les soigner, et dans certains cas d’éviter leur apparition. Pour certains cancers qui ne peuvent pas être détectés avant l’apparition des symptômes, le terme « détection » est employé à la place de « dépistage ».
Des programmes de dépistage sont mis en place par les autorités de santé. Des dépistages personnalisés sont recommandés pour les personnes présentant des facteurs de risques particuliers, comme des antécédents personnels ou familiaux, ou encore des prédispositions génétiques.

Les dépistages organisés sont les suivants :
- Le dépistage du cancer du sein : les femmes de 50 à 74 ans sont invitées, tous les deux ans, à se faire dépister (mammographie et examen clinique) ; 
- Le dépistage du cancer colorectal : les hommes et les femmes âgés de 50 à 74 ans sont invités, tous les deux ans, à réaliser à domicile un test de recherche de sang dans les selles ;
- Le dépistage du cancer du col de l’utérus (depuis 2018) : les femmes de 25 à 65 ans sont invitées, tous les trois ans, à se faire dépister (test de dépistage cervico-utérin).

Les détections du cancer de la bouche, de la prostate et de la peau peuvent être réalisées par des consultations régulières chez le médecin traitant ou un spécialiste. A ce jour, l’intérêt du dépistage du cancer de la prostate n’a pas pu être démontré. Pour la détection du cancer de la peau, le Syndicat national des dermatologues-vénérologues organise une semaine de prévention et de dépistage tous les ans, au mois de mai. 

3. PREVENTION ET CONSEILS A L’OFFICINE
Le pharmacien, en tant qu’acteur de santé de proximité, peut détecter les signes évocateurs d’un cancer. C’est pourquoi son observation attentive, sa disponibilité, et son écoute sont fondamentales. Les signes d’alerte les plus courants sont :
- Un amaigrissement inexpliqué ;
- L’apparition d'une grosseur dans un sein, modification de la forme d'un sein ;
- L’évolution de l'aspect d'un grain de beauté (forme, taille, épaisseur, couleur) ;
- Une fatigue persistante ;
- Une grosseur qui ne diminue pas, quel qu’en soit l’endroit ;
- Une modification de la voix, persistance d'une voix enrouée ou de toux ;
- Des pertes de sang en dehors des règles ou après la ménopause ;
- Une petite plaie qui ne cicatrise pas sur la peau ou dans la bouche ;
- La présence de sang rouge ou noir dans les selles, troubles du transit intestinal d'apparition récente (diarrhée ou constipation inhabituelle).

Ces signes ne signifient pas forcément que les patients sont atteints du cancer, mais ils incitent à la vigilance. Face à ces symptômes, le pharmacien doit recommander à ses patients de consulter sans attendre leur médecin généraliste.
Un autre point fort de la pharmacie d’officine est sa large vitrine qui permet de diffuser des informations à un grand nombre de personnes. De nombreuses affiches de campagne pour inciter les patients à se dépister sont régulièrement disponibles.
Enfin, en termes de prévention, le pharmacien peut rappeler à sa patientèle le Code européen contre le cancer qui a été élaboré par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), à savoir :
- Ne pas fumer ;
- Bouger beaucoup ;
- Consommer peu d’alcool ;
- Manger sainement ;
- Eviter les influences environnementales néfastes ;
- Avoir une protection solaire optimale ;
- Se prémunir des maladies infectieuses.

4. SITES WEB
Ligue contre le cancer : https://www.ligue-cancer.net/
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