LA GRIPPE

Comme chaque année en France métropolitaine, l’automne marque le début des épidémies de grippe saisonnières. Souvent confondue avec le rhume ou une rhinopharyngite et considérée comme banale, la grippe peut toutefois entraîner des complications graves, voire des décès chez les personnes fragiles. L’OMS rapporte qu’au niveau mondial, les épidémies annuelles de grippes sont responsables d’environ 5 millions de cas de maladies graves, et de 290 000 à 650 000 décès ! Et selon Vaccination Info Service, l’épidémie de grippe saisonnière en France métropolitaine touche entre 2 et 6 millions de personnes et cause la mort d’environ 9 000 personnes, 90% d’entre elles étant des personnes de plus de 65 ans. 
Le Ministère des Solidarités et de la Santé ne cesse de rappeler que la vaccination est le premier geste pour se protéger de la grippe. Multiplier les opportunités de se faire vacciner est donc un enjeu important pour rapprocher les citoyens de la vaccination. C’est pourquoi, depuis le 1er mars 2019, la vaccination contre la grippe saisonnière fait partie des nombreuses missions que peuvent exercer les pharmaciens d’officine qui le souhaitent, sur l’ensemble du territoire.

1. DEFINITION
La grippe (influenza) est une infection respiratoire et aiguë d’origine virale. On parle de « grippe saisonnière » car les épisodes épidémiques reviennent chaque année de l’automne jusqu’au printemps (en France métropolitaine). 
Il existe trois types de virus de la grippe, comprenant chacun plusieurs souches :
- Le type A est le plus dangereux. Les virus de ce type se subdivisent en sous-types en fonction des différentes sortes et associations de protéines de surface. Les sous-types A (H1N1) et A (H3N2) circulent actuellement chez l’homme. Ces virus peuvent se modifier de façon importante et radicale et provoquer une pandémie.
- Le type B est le plus fréquent. Il est responsable d’épidémies.
- Le type C est plus rarement détecté. Il provoque des symptômes proches du rhume. Il n’est pas source d’épidémie et ne constitue pas un problème de santé publique majeure.
Le virus de la grippe est très contagieux. Il se transmet à travers les gouttelettes de salive émises dans l’air lorsque les personnes parlent, toussent ou éternuent ou encore par le biais de mains et d’objets souillés par le virus. Les souches de virus de la grippe évoluant d’une année sur l’autre, il est nécessaire de renouveler le vaccin annuellement.

2. SYMPTOMES
La période d’incubation est d’environ deux jours. La grippe saisonnière se caractérise par un malaise général, l’apparition brutale d’une forte fièvre (dépassant parfois les 39°C), de toux généralement sèche, de céphalées, de douleurs musculaires et articulaires, de maux de gorge et d’écoulement nasal. La toux peut être grave et durer jusqu’à 2 semaines et plus.
La plupart des sujets guérissent en une à deux semaines sans traitement médical. Mais la grippe peut entraîner une maladie grave ou un décès chez les populations à risque. 

3. POPULATIONS A RISQUE ET COMPLICATIONS
Sont considérées comme personnes à risque :
- Les femmes enceintes à n’importe quel mois de leur grossesse ;
- Les nourrissons et enfants jusqu’à 5 ans ;
- Les personnes âgées de 65 ans et plus ;
- Les personnes atteintes de certaines maladies chroniques ;
- Les agents de la santé ;
- Les personnes obèses ayant un Indice de Masse Corporelle (IMC) supérieur ou égal à 40.

Parmi les complications les plus fréquentes rencontrées chez ces personnes fragiles ou immuno-déprimées, on retrouve :
- La pneumonie, due à une surinfection bactérienne ;
- La détresse respiratoire nécessitant une mise sous ventilation artificielle ;
- L’exacerbation de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou de mucoviscidose ;
- La décompensation de l’asthme.

4. TRAITEMENT
Le traitement consiste avant tout à contrer les symptômes : antipyrétiques, antalgiques… Le repos et une bonne hydratation sont également essentiels à la guérison.
Il existe un traitement spécifique qui fait appel aux antiviraux (Oseltamivir ou Zanamivir) mais son utilisation est souvent inutile et doit se limiter aux personnes particulièrement fragiles pour réduire le risque de complications. Il est efficace s’il est pris précocement, c’est-à-dire dans les 2 jours suivant l’apparition des symptômes. Il permet la diminution de la durée et de l’intensité des symptômes. Des recommandations d’utilisation d’antiviraux sont régulièrement mis à jour et disponibles sur le site du Haut Conseil de Santé Publique (HCSP).

5. LA VACCINATION EN OFFICINE
La vaccination contre la grippe est recommandée chaque année, notamment pour les personnes à risque de complications. Pour ces personnes, le vaccin est gratuit. Le vaccin peut être prescrit par un médecin ou une sage-femme. Seul le vaccin antigrippal est pris en charge à 100 % ; l'injection du vaccin est prise en charge dans les conditions habituelles, sauf pour les patients pris en charge au titre d’une ALD.
Suite à deux années d’expérimentation menée dans quatre régions de France, la généralisation de la vaccination contre la grippe saisonnière par les pharmaciens d’officine est effective depuis le 15 octobre, date de démarrage de la saison de campagne antigrippale 2019-2020 (Mesure-phare du Plan Priorité Prévention). Au cours de la phase d’expérimentation, près d’un million de Français ont été vaccinés contre la grippe saisonnière par leur pharmacien. Cette mesure de généralisation a été votée lors de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019. Les textes d’application qui en précisent les modalités de mise en œuvre ont été publiés le 26 avril au Journal Officiel.

CONDITIONS A REMPLIR :

Pour prétendre à la vaccination en officine, les pharmaciens doivent en amont :
Valider une formation DPC théorique et pratique d’une durée totale de 6 heures ;
Créer un espace professionnel adapté à cette nouvelle activité. Il s’agit de créer au sein de l’officine un espace de confidentialité clos pour mener l'entretien préalable, accessible depuis l'espace client, sans accès possible aux médicaments ;
Disposer d’équipements adaptés : bureau, chaise ou fauteuil pour installer la personne pour l'injection, un point d'eau pour le lavage des mains ou des solutions hydro-alcooliques, un point de stockage réfrigéré pour les vaccins (ils doivent être conservés au réfrigérateur entre + 2° C et + 8° C) ;
Posséder du matériel nécessaire pour l’injection du vaccin et une trousse de première urgence ;
Pouvoir éliminer les déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI) conformément à la réglementation (article R. 1335-1 et suivants du code de la santé publique).

A ce jour, le pharmacien peut uniquement vacciner contre la grippe saisonnière les personnes majeures et concernées par les recommandations vaccinales en vigueur. Il est à noter qu’un étudiant en pharmacie ne peut pas vacciner au sein d’une officine, même s’il a été formé à l’acte vaccinal. Le pharmacien vaccinateur doit enregistrer le vaccin qu’il administre sur l’ordonnancier informatique des substances vénéneuses, en y ajoutant les mentions relatives à la date d’administration du vaccin et son numéro de lot. L’acte vaccinal doit ensuite être inscrit dans le carnet de santé du patient, le carnet de vaccination ou le dossier médical partagé. Le vaccin antigrippal ne doit pas être utilisé en cas d’allergie aux substances actives ou à l’un des autres composants du vaccin, ni aux résidus à l’état de traces, comme l’ovalbumine. Enfin, la vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.

6. CONSEILS AU COMPTOIR 
Le virus de la grippe étant très contagieux, la prophylaxie est de rigueur. Outre la vaccination, qui constitue la meilleure protection, surtout chez les personnes fragiles, quelques reflexes et gestes simples dits de « barrière » peuvent prévenir la propagation :

- Se laver les mains, si possible avec du savon liquide, en les frottant pendant 30 secondes. Le lavage des mains doit devenir un réflexe : au minimum, avant de préparer le repas ou de manger, après s’être mouché, après avoir éternué ou toussé en mettant sa main devant la bouche, après être passé aux toilettes, après avoir pris les transports en commun, après s’être occupé d’un animal et dès que l’on rentre chez soi.
- Utiliser des mouchoirs jetables pour se moucher, tousser, éternuer ou cracher, et les jeter aussitôt.
- En l'absence de mouchoir jetable, tousser et éternuer dans le coude pour ne pas disperser de micro-gouttelettes contaminées par le virus dans l’atmosphère.
- Porter un masque lorsqu’on est atteint du virus, surtout pour rendre visite à une personne fragile (jeunes enfants, personnes âgées ou malades) ou pour se rendre chez le médecin, à l’hôpital…
- Éviter d’emmener un nourrisson dans les lieux publics (transports en commun, centres commerciaux, hôpitaux…) en période d’épidémie de grippe.
- Ouvrir les fenêtres régulièrement pour aérer et diminuer la concentration en microbes et en particulier le virus de la grippe.
- Éviter de serrer les mains ou d’embrasser pour saluer.
- Ne pas toucher directement les yeux, la bouche ou le nez, sans s’être lavé les mains au préalable.

Si des patients se présentent à l’officine avec des symptômes de la grippe, voici quelques conseils qui pourront les soulager :

- En cas de fièvre, boire régulièrement et de manière abondante pour éviter une déshydratation.
- Porter des vêtements légers. Enlever les couettes et les édredons qui font transpirer et risquent de faire monter la température.
- Pour lutter contre la fièvre et les douleurs musculaires et/ou articulaires, la prise de paracétamol est généralement conseillée. 
- Se reposer.

Chez les personnes sans risque de complication, l’absence d’amélioration sous 72 heures ou une brusque aggravation des symptômes doit amener à consulter. Il est par ailleurs important de surveiller de près les personnes à risque de complications. 

A ce jour, la vaccination des professionnels de santé contre la grippe est recommandée. Cependant, « La proportion de professionnels vaccinés est insuffisante au regard des objectifs de santé publique  », constate l’Académie nationale de pharmacie dans  son rapport « Vaccination des professionnels de santé  » adopté le 28 mai 2019. C’est pourquoi elle recommande de la rendre obligatoire. Si seule la vaccination antigrippale des titulaires est prise en charge par l’Assurance maladie, certains organismes de prévoyance accompagnent la vaccination des salariés (vaccin et acte d’injection).

L’Ordre national des Pharmaciens dédie une rubrique de son site Internet à la vaccination à l’officine, à laquelle se référer pour toute recherche de précision sur le sujet :   

7. SITES WEB
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