PROTECTION SOLAIRE

Pour la plupart des Français, la période estivale est synonyme de vacances, barbecue, pique-nique, sport en plein air, soleil, plage, bronzage… Toutes ces activités nous permettent de profiter des rayons du soleil bénéfiques à notre santé : ils rythment nos cycles biologiques et interviennent dans notre équilibre psychique, du sommeil, de l'humeur et nous apportent les rayonnements essentiels à la synthèse de la vitamine D. Une exposition quotidienne d’une vingtaine de minutes permet de synthétiser la quantité suffisante de vitamine D nécessaire à la fixation du calcium sur les os. Elle permet également d’accroître l’absorption du calcium et du phosphore présents dans les aliments et joue un rôle décisif dans le développement du squelette, de la fonction immunitaire et de la formation des éléments figurés du sang. Cependant, on oublie parfois qu’une surexposition aux UV peut aussi présenter des risques. Selon l’OMS, « la surexposition à la lumière solaire est largement reconnue comme étant la cause sous-jacente des effets nocifs constatés aux niveaux cutané, oculaire et immunitaire. Les experts pensent que quatre cas de cancer cutané sur cinq pourraient être prévenus, car les lésions dues aux UV sont la plupart du temps évitables ». Alors, comment prévenir les dommages causés par le soleil et choisir une protection solaire adaptée à chacun ? Coup d’œil sur les différents conseils et produits de protection solaire proposés au comptoir.

1. DEFINITION 
Seulement 5% des ultra-violets (UV) émis par les rayonnements solaires atteignent la terre mais leur impact sur notre santé est important. Il en existe trois sortes : 

- Les UVA (longueurs d’ondes : 320 à 400 nm) représentent 95 % des UV qui atteignent la surface de la terre. Ils traversent les nuages, le verre et l’épiderme. Bien qu’indolores, ils peuvent pénétrer la peau très profondément, jusqu’aux cellules du derme. Ils favorisent le développement de cancers cutanés. Les UVA produisent des radicaux libres qui altèrent les cellules et entraînent à long terme le photo-vieillissement. En modifiant l’orientation des fibres d’élastine et de collagène, la peau se relâche, perd en fermeté et des rides apparaissent. Les UVA sont également à l’origine de rougeurs, de démangeaisons et de lucites estivales, ou encore de désordres pigmentaires tels que le masque de grossesse ou les tâches brunes. 
- Les UVB (longueurs d’ondes : 290 à 320 nm)  représentent seulement 5% des UV qui atteignent la surface de la terre mais sont 1000 fois plus puissants que les UVA et peuvent pénétrer dans l’épiderme. En revanche, ils sont arrêtés par les nuages et le verre. Les UVB sont responsables du bronzage mais aussi des érythèmes cutanés ainsi que de réactions allergiques et de cancers cutanés.
- Les UVC (longueurs d’ondes : 100 à 290 nm) sont quant à eux, filtrés par la couche d’ozone.

Il est donc essentiel d’utiliser des produits solaires pour protéger sa peau à la fois des UVA et des UVB. L’ANSM définit un produit solaire comme « un produit cosmétique destiné à être appliqué sur la peau pour la protéger du rayonnement ultraviolet (UV) en absorbant et/ou en réfléchissant ce rayonnement ».
Les produits de protection solaire sont disponibles à la vente sous diverses formes : crème, huile, gel, lait…
Pour être reconnu comme un agent de protection solaire, le produit doit répondre à certaines exigences :
- Fournir un SPF (Sun Protection Factor, facteur de protection UVB) minimum de 6 ;
- Assurer une protection UVA minimale équivalente à 1/3 du SPF indiqué sur l’étiquetage ;
- Couvrir les UVA les plus longs, ce qui correspond à une longueur d’onde critique minimale de 360 nm.
Le facteur de protection solaire ou SPF indique le niveau de protection du produit contre les dommages induits par les UVB, principalement contre le coup de soleil. Ce facteur est exprimé sous forme d’un indice numérique (ex : 10, 20, 30, 50+, …).

2. INDICES UV ET RISQUES
Du fait de la position de la Terre par rapport au soleil, les rayons UV du soleil sont très forts de début mai jusqu'à fin août, en France Métropolitaine. « L’indice UV » est une mesure de l’intensité du rayonnement UV. Il a été défini par l’OMS (Programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation météorologique mondiale) dans le cadre d’un effort international. Plus sa valeur est élevée, plus le potentiel de lésion cutanée et oculaire augmente, et plus le temps pour que l’effet nocif apparaisse est réduit. L’indice UV est un outil important permettant d’alerter sur la nécessité de se protéger du soleil.
Le risque lié à l’exposition aux UV est considéré comme :
- Faible pour un indice inférieur à 2 ;
- Modéré pour un indice entre 3 et 4 ;
- Fort pour un indice entre 5 et 6 ;
- Très fort pour un indice entre 7 et 8 ;
- Extrême au-delà de 9.
En atteignant la peau, les doses excessives d'UV agressent les cellules cutanées et peuvent provoquer des dommages irréversibles, en particulier au niveau de l’ADN. On sait aujourd'hui que tant les UVA que les UVB augmentent le risque de cancers cutanés et entraînent des modifications du système immunitaire, directement ou par production de radicaux libres.  L'augmentation marquée de l’incidence des cancers de la peau parmi les populations à peau claire au niveau mondial, est étroitement associée à une exposition excessive au rayonnement UV solaire ou émis par des sources artificielles comme les cabines de bronzage. L’institut national du cancer révèle qu’en 2015, en France, le mélanome a touché 14 325 personnes et a causé 1 773 décès et que les deux tiers de ces cancers étaient liés à des expositions excessives au soleil, principalement des expositions intermittentes et intenses pendant l'enfance.
De plus, les rayons de soleil peuvent être responsables de lésions oculaires comme une ophtalmie, une cataracte corticale induite par le rayonnement UV, ou encore une dégénérescence de la rétine.

3. COMMENT CHOISIR SA PROTECTION SOLAIRE
Pour bien choisir sa protection solaire, deux critères majeurs sont à prendre en considération :

1. La sensibilité de la peau au soleil  ou « phototype » : 
Nous ne sommes pas tous égaux face au soleil. Connaître son phototype permet de mesurer sa sensibilité et donc, son niveau de risque dû au soleil. L'OMS a déterminé une classification qui définit les différents phototypes. On en distingue 6, correspondant à six types de peaux, de couleurs d’yeux et de cheveux. Plus le phototype est faible, plus il est nécessaire de se protéger. 

Phototype I : peau très blanche, cheveux blonds ou roux, yeux bleus/verts – Vous ne bronzez jamais et attrapez très facilement des coups de soleil.  
Phototype II : peau claire, cheveux blonds, roux ou châtains, yeux verts/marron – Vous bronzez à peine et attrapez facilement des coups de soleil.
Phototype III : peau moyennement claire, cheveux châtains ou bruns, yeux marron – Vous bronzez progressivement et attrapez occasionnellement des coups de soleil.
Phototype IV : peau mate, cheveux bruns/noirs, yeux marron/noirs – Vous bronzez facilement et attrapez rarement des coups de soleil.
Phototype V : peau très mate, cheveux noirs, yeux noirs – Vous bronzez vite et beaucoup, vous attrapez très rarement des coups de soleil.
Phototype VI : peau noire, cheveux noirs, yeux noirs – Vous ne prenez jamais de coups de soleil.

Il est à noter que personne n’est à l’abri à 100 % d’un cancer cutané, c’est pourquoi, l’ANSM recommande même aux personnes ayant un phototype élevé de se protéger du soleil, pour réduire la pénétration des rayons UV dans la peau.

2. Les conditions d’exposition et l’indice UV : 
Les risques à court et à long termes dépendent de la durée de l’exposition et de la puissance du soleil qui peut être plus ou moins importante selon la situation géographique et la saison. 
Plus l’ensoleillement est intense, plus il est recommandé de se protéger du soleil. En Europe, l’indice UV atteint généralement des niveaux de l'ordre de 7 ou 8 en été. Par contre, il peut dépasser 10 en haute montagne ou sous les tropiques. De plus, la réverbération augmente l'intensité du rayonnement. L'herbe, la terre et l'eau réverbèrent moins de 10% du rayonnement UV alors que la proportion peut atteindre 80% pour la neige fraîche, environ 15% pour le sable sec d'une plage et 25% pour l'écume de mer. 

En France métropolitaine, pendant l'été, il faut à tout prix éviter de s'exposer entre 12h et 16h, moment où les rayons solaires sont les plus intenses, donc les plus dangereux. Pour toutes les activités de plein air en été, il faut rechercher l’ombre et être conscient que l’usage du parasol à la plage, bien qu’utile, ne protège pas complètement des UV. La meilleure protection contre les UV est le port de vêtements qui limitent les parties découvertes du corps (tee-shirt, pantalon léger…). En outre, l’usage d’un chapeau et de lunettes de soleil avec filtre anti-UV (norme CE, catégorie 3 ou 4) est recommandé.

Le choix d’un produit solaire se fera en fonction de l’intensité de l’ensoleillement, de la sensibilité de la peau au soleil et du confort d’application. Les produits solaires sont vendus sous diverses formes et sont adaptés à la surface de la peau à protéger. De manière générale, les crèmes sont utilisées pour le visage, les sticks pour les lèvres, le nez et le contour des yeux, et les gels, sprays, laits et huiles, pour le corps. Pour connaître l’indice solaire de protection adapté à chaque individu en fonction de l’intensité de l’ensoleillement, voici un tableau récapitulatif : 

 

4. CONSEILS AU COMPTOIR
Le rôle du pharmacien repose avant tout sur la prévention primaire du risque. Il ne s’agit pas de créer une « phobie du soleil », car ses effets sur notre santé sont bénéfiques, mais plutôt de renseigner au mieux la patientèle sur les risques liés à une surexposition et de conseiller sur la meilleure protection solaire à utiliser pour chaque catégorie de personnes. 
Certaines mentions telles que « écran total » ou « ce produit assure une protection à 100% », ne doivent pas figurer sur l’emballage des produits de protection solaire. En effet, aucun produit de protection solaire ne permet actuellement de garantir une protection intégrale contre l’ensemble des UV.
Il est nécessaire de rappeler que la photoprotection permet d’éviter, dans l’immédiat, les coups de soleil et à long terme, de ralentir le vieillissement cutané et diminuer le risque de cancer de la peau. 

De manière générale, l’ANSM préconise de :
- Ne pas prolonger le temps d’exposition au motif d’avoir utilisé un produit de protection solaire. 
- Ne pas réduire la quantité et la fréquence d’application du produit de protection solaire sous prétexte d’avoir utilisé un indice de protection solaire très élevé. 
- Ne pas oublier certaines surfaces corporelles lors de l’application du produit de protection solaire (oreilles, tempes, nuque, le dos des mains et des pieds…). 
- Penser à utiliser un produit de protection solaire même en cas de faible couverture nuageuse car celle-ci ne fait pas nécessairement obstacle aux rayonnements UV.
- Ne pas confondre  « produits de protection solaire » et différents types de produits dits « solaires ». Les produits auto-bronzants ou les accélérateurs de bronzage (Monoï, graisse à traire…) n’assurent en aucun cas une protection contre les UVA et UVB et ne doivent pas être utilisés en tant que tels.
- Enfin, contrairement aux idées reçues, le bronzage ne remplace pas les produits de protection solaire.

Chez l’enfant la protection est d’autant plus importante et le port de tee-shirt au tissage serré, de chapeau à bords larges protégeant le visage, la nuque et les oreilles est recommandé. En outre, des lunettes de soleil adaptées doivent compléter l'action des crèmes protectrices car le cristallin, transparent pendant l’enfance et l’adolescence, ne peut pas jouer son rôle de barrière naturelle contre les UV. Le pharmacien doit absolument informer les parents ou les adultes responsables d’enfants qu’il ne faut jamais exposer un nourrisson de moins de 24 mois directement au soleil. 

Pour une meilleure efficacité de la crème solaire, quelques précautions d’usage sont nécessaires. Une bonne utilisation de son produit de protection solaire consiste à :
- Lire attentivement le mode et les précautions d’emploi avant la 1ère utilisation.
- Ne pas s’exposer entre 12h et 16h (c’est-à-dire, concrètement, ne pas s’exposer tant que la taille de notre ombre portée sur le sol est inférieure à notre propre taille).
- Appliquer le produit avant l’exposition, de manière uniforme sur toutes les surfaces du corps découvertes.
- Préférer les produits revendiqués comme résistant à l’eau.
- Renouveler les applications et particulièrement en cas d’exposition prolongée et/ou après s’être baigné, essuyé ou après avoir transpiré. L’INPS (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé) préconise le renouvellement de l’application toutes les 2 heures ou après chaque baignade.
- Appliquer le produit en quantité suffisante car une quantité appliquée insuffisamment diminue nettement le niveau de protection vis-à-vis de l’exposition solaire. Selon l’ANSM, quelle que soit la catégorie de protection solaire affichée sur l’étiquetage du produit, il est nécessaire d’appliquer au moins 2 mg/cm2 de peau pour obtenir le niveau de protection indiqué, soit environ 36 g (approximativement 6 cuillères à café) pour un adulte de corpulence moyenne.
- Respecter la date de péremption ou la période maximale d’utilisation.
- Veiller à ne pas utiliser un produit qui a changé d’aspect et/ou d’odeur.
- Bien refermer le produit après chaque utilisation.

Aujourd’hui, on trouve en pharmacie des crèmes solaires pour le visage qui, en plus d’un indice de protection plus ou moins élevé, offrent une variété de soins cosmétiques associés : effets anti-rides, anti-tâches, crème teintée, correcteur de teint… La crème s’applique alors en complément de la crème hydratante de jour ; certaines crèmes solaires peuvent même remplacer la crème de jour classique.

5. SITES WEB
 
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