PHYSIOTHERAPIE ANTALGIQUE

Selon l’Inserm, la douleur serait à l’origine de près de deux tiers des consultations médicales. Parmi les différents traitements de la douleur, on retrouve la « physiothérapie antalgique ». Cette discipline non médicamenteuse, plus connue en France sous le terme de « masso-kinésithérapie », permet aux patients douloureux de tous âges de retrouver un maximum de capacités physiques afin de poursuivre leurs activités quotidiennes, et même, de pratiquer un loisir ou un sport, en fonction de la condition physique et du potentiel de récupération. Par des méthodes non invasives, très efficaces, qui donnent des résultats pour de nombreuses pathologies, la physiothérapie diminue la douleur des patients et améliore leur qualité de vie : moins de fatigue, meilleure activité générale, meilleure gestion de la douleur, meilleur sommeil…
Chaque année, le 8 septembre est une journée spéciale dédiée à la physiothérapie. Lors de cette Journée Mondiale, grâce à différentes initiatives personnelles ou collectives, les kinésithérapeutes et physiothérapeutes du monde entier ont ainsi l'occasion de faire découvrir la profession et de la promouvoir auprès du plus grand public. 

1. DEFINITION
La physiothérapie est une discipline de santé pratiquée par les physiothérapeutes, masseurs-kinésithérapeutes ou rhumatologues, dans le but de prévenir et traiter les déficiences et incapacités qui touchent les systèmes neurologique, musculo-squelettique et cardiorespiratoire d’une personne. 
La réadaptation, ou rééducation, permet au patient de retrouver une forme physique normale, voire optimale. 
Le physiothérapeute utilise des techniques variées comme la thérapie manuelle, la thermothérapie, l'électrothérapie, l'hydrothérapie, les exercices ou encore l'ultrasonothérapie, pour traiter des problèmes de nature neurologique, articulaire, musculaire, des troubles de l’équilibre, de la coordination, la sensibilité, la force, l'endurance, la douleur et la proprioception. 

2. INDICATIONS
Les indications de la physiothérapie antalgique sont très vastes. 
Le but est d'atténuer les douleurs, de limiter la raideur articulaire et de restaurer des mouvements indolores. 
Pour ce faire, le physiothérapeute utilise diverses techniques afin de traiter les incapacités physiques qui découlent de blessures ou de maladies qui touchent les muscles, les articulations, les os, le système neurologique, le système respiratoire, le système circulatoire et cardiaque. 
Le champ d’application de la physiothérapie est étendu : maladies dégénératives, en particulier l’arthrose, maladies inflammatoires telles que la goutte et la polyarthrite rhumatoïde, dorsalgies, entorses, étourdissements, capsulites, problèmes de développement moteur chez l’enfant, incontinence etc.
Elle s’adresse à tous types de personnes, aussi bien jeunes qu’âgées, sportifs de haut niveau, femmes enceintes…
La technique de traitement utilisée est choisie en fonction du patient, de la nature et de la localisation de la douleur.

3. TECHNIQUES DE PHYSIOTHERAPIE ANTALGIQUE
La technique manuelle : Les massages soignent les symptômes comme les contractures et les douleurs, notamment lombaires et musculaires. Le physiothérapeute utilise des huiles minérales, parfois agrémentées d’huiles essentielles. Le drainage lymphatique est une technique manuelle spécifique de massage circulatoire qui vise à reproduire les deux étapes naturelles de la fonction lymphatique : la résorption et l'évacuation du liquide du lymphœdème. Par des étirements de peau et des points de pression spécifiques, le drainage permet l'élimination des toxines et débris cellulaires, et favorise l'élimination des œdèmes. Cette méthode est particulièrement indiquée en cas d'œdèmes ou inflammations post-opératoires, de rétention d'eau (sensation de « jambes lourdes ») ou encore de cellulite douloureuse.

L’hydrothérapie : Qu’il s'agisse de thalassothérapie (eau de mer), de crénothérapie aussi appelée « cure thermale » (eaux minérales naturelles), de fangothérapie (bains de boues), ou de balnéothérapie (technique de soins par l’eau), l’hydrothérapie s’adresse aux patients souffrant de raideurs articulaires et musculaires et de douleurs. Grâce aux propriétés antalgiques de la température de l’eau, chaude ou froide, les patients retrouvent une plus grande mobilité ainsi qu’un assouplissement musculaire et articulaire.

La thermothérapie :
- La cryothérapie : La thérapie par le froid est indiquée pour ses effets anti-inflammatoire et antalgique, en post-traumatique, orthopédie, et pathologie rhumatismale. On trouve également en pharmacie des bandeaux cryogéniques pour le  traitement des crises migraineuses.
- La chaleur : Elle est très utilisée pour les douleurs chroniques non inflammatoires. Le réchauffement de la peau stimule la sécrétion d’endorphines aux effets antalgiques. La chaleur favorise une diminution des contractures musculaires, augmentant ainsi le seuil d’apparition de la sensation de douleur.

L'électrothérapie :
- Les infrarouges : Les rayons infrarouges ont pour effet principal d’augmenter la température de l’organe qu’ils atteignent. En se réchauffant, les muscles se détendent et les douleurs s’apaisent. Les infrarouges sont indiqués pour le traitement des douleurs chroniques articulaires, rachidiennes, ou dans le cadre de fibromyalgie, polyarthrite ou spondylite ankylosante.
- La Neurostimulation Electrique Transcutanée (TENS) : On distingue deux types de TENS. La méthode conventionnelle consiste à placer de petites électrodes de part et d’autre de la zone douloureuse ou à distance, sur les nodules musculaires palpables et douloureux à la pression. Elle est efficace pour traiter les névralgies (sciatiques, cruralgies), migraines, céphalées cervicales, algies faciales, entorses récentes, tendinites aiguës, arthroses en poussée. La TENS-acupuncture, quant à elle, consiste à placer des électrodes de plus grandes surfaces, soit sur les points d’acupuncture, soit de part et d’autre de l’étage vertébral, soit sur le trajet du nerf correspondant au territoire douloureux. La TENS-acupuncture est indiquée dans les douleurs chroniques ou diffuses, par exemple, dans le cadre d’arthrose du rachis et des membres, de douleurs post-zostériennes, de céphalées de tension, ou encore de séquelles de fractures anciennes.
- L’ionisation : Elle permet de véhiculer des ions comme le calcium, utile pour les fractures ou les traumatismes. Les ionisations ont de larges indications, notamment dans le traitement des tendinites ou des ténosynovites, ainsi que des entorses aiguës ou au stade de douleurs chroniques. On peut également les utiliser dans les affections rhumatismales comme l’arthrose, les algodystrophies, etc.
- Le radar : Il s’agit d’une onde électromagnétique qui s’utilise pour son effet thermique. Le radar a une pénétration limitée permettant un échauffement musculaire. Il est préconisé en cas de contractures musculaires superficielles.
- Les ondes électromagnétiques pulsées (OEMP) : Un champ magnétique est appliqué au moyen de coussinets. Les ondes électromagnétiques pulsées rééquilibrent le potentiel électrique de la membrane malade. L'action des champs magnétiques pulsés stimule le métabolisme cellulaire en augmentant le nombre d'ions et d'électrons dans les cellules. Cette thérapie est indiquée dans les douleurs articulaires, musculaires et tendineuses.
- L’ultrasonothérapie : Les ultrasons sont utilisés dans un but antalgique. En créant un micro massage cellulaire et de la chaleur sur la zone à traiter, ils permettent de traiter les pathologies musculaires et tendineuses : douleurs ligamentaires résiduelles, tendinopathies, entorses superficielles…

4. CONTRE-INDICATIONS
Il existe quelques contre-indications à la physiothérapie antalgique, particulièrement en électrothérapie. 
Le physiothérapeute veille soigneusement à ne pas utiliser d’appareils d'électrostimulation sur des personnes épileptiques, sur l'abdomen des femmes enceintes ou chez des patients portant un pacemaker, en raison du risque d’interférences. De plus, il est fortement déconseillé d'utiliser l'électrostimulation sur la face avant du cou (sinus carotidien). L'utilisation d'électro-stimulateurs est également déconseillée en cas de troubles circulatoires artériels importants des membres inférieurs. En cas d'hernie de l'abdomen ou de la région inguinale, il faut éviter la zone abdominale.

5. CONSEILS AU COMPTOIR
La douleur est l’une des principales causes de consultation au comptoir car, en cas de douleur, le pharmacien est souvent le premier professionnel de santé à être consulté. Le premier réflexe est souvent l’usage d’antalgiques. Les substances antalgiques de niveau I, vendues sans ordonnance au comptoir, ne sont pourtant pas dénuées d’effets secondaires. Par exemple, le paracétamol peut être toxique pour le foie s’il est pris à trop forte dose ou s’il est associé à une consommation excessive d’alcool, alors que les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) peuvent provoquer des troubles digestifs, comme des brûlures d’estomac ou à long terme, un ulcère. De plus, il faut veiller à une éventuelle interaction médicamenteuse. Ainsi, quand un patient se présente à l’officine pour traiter une douleur chronique en automédication, il est très important que le pharmacien s’informe sur la nature et la localisation de la douleur, afin de conseiller et aider la personne souffrante à trouver le meilleur traitement adapté à son cas. Dans certaines situations, il sera indiqué de diriger le patient vers son médecin traitant pour une prescription de séances de masso-kinésithérapie, entrant dans le champ de la physiothérapie, par exemple. 
En officine, le pharmacien peut conseiller sur les accessoires comme des patchs chauffants, ceinture lombaire, lotions, gel, huile de massage, huile essentielle, roll-on et pommades qui pourront s’utiliser en compléments des séances avec le physiothérapeute.

6. SITES WEB
Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec : https://oppq.qc.ca/
SPF (Société Française de Physiothérapie) : https://www.sfphysio.fr/gene/main.php
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