CONSEIL AUX VOYAGEURS

Pour la plupart des français la destination vacances est d’ores et déjà planifiée, et parfois même depuis plusieurs mois. En effet, selon un sondage Ipsos réalisé en 2018, 69% des français partent en vacances. La grande majorité d’entre eux ne quitte pas l’hexagone alors que les autres se dirigent par ordre de préférence vers l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce. En été, ils sont 61% à partir à la mer contre 18% à la montagne.
Pour qu’un voyage soit réussi, une bonne préparation est nécessaire, particulièrement si des enfants font partie de l’expédition. Car, si vacances riment souvent avec soleil, découvertes, plages et farniente... il ne faut pas ignorer les risques liés à un nouvel environnement et à de nouvelles habitudes. Le pharmacien joue un rôle important pour ce qui est d’aider ses patients, principalement les plus vulnérables, à préparer leur départ en anticipant les différentes situations à risque pour la santé et ce, qu’il s’agisse d’un voyage à l’étranger ou au cœur de la France. De bons conseils pratiques ainsi qu’une trousse à pharmacie bien constituée permettront de partir l’esprit serein ! 

1. LA TROUSSE DU VOYAGEUR
Le placard à pharmacie restant bien accroché au mur de la salle de bain, il faudra sélectionner avec soin les produits qui composeront la « trousse à pharmacie de voyage ». Celle-ci sera de préférence étanche et à multi compartiments afin de ranger les produits par thème (plus rapide pour retrouver les produits en cas d’urgence). Les médicaments doivent être emportés dans leur emballage d’origine et non pas en vrac afin d’éviter les sources possibles d’erreurs.
Tous les voyageurs n’auront pas les mêmes besoins. Cela dépendra de leur état de santé, de leur âge, de leur destination, du moment du séjour et des conditions d’hébergement. Cependant, voici la liste des produits qui constituent les indispensables de la trousse de tous les voyageurs : 

Le petit matériel 
- Du sparadrap, des pansements ou des compresses stériles ;
- Des pansements gras pour les brûlures et les plaies suintantes ;
- Une bande de contention pour traiter une entorse (avec une épingle à nourrice pour la fixer) ;
- Une paire de ciseaux ;
- Un thermomètre incassable ;
- Une pince à épiler pour enlever les échardes ou les tiques ;
- Des préservatifs NF ;

Les crèmes et produits
- Antiseptique local, de préférence en spray ou lingettes, plus adaptés en mode nomade ;
- Crème solaire avec un indice de protection adapté au type de peau ;
- Crème contre les brûlures et coups de soleils ;
- Collyre antiseptique (conditionnement monodose) ;
- Dosettes de sérum physiologique ;
- Crème pour les coups et les égratignures ;
- Désinfectant hydro-alcoolique ;
- Spray ou crème anti-moustiques ;
- Produit pour imprégner les moustiquaires et les vêtements ;
- Sachet de réhydratation.

Les médicaments (avec leur forme pédiatrique)
- Antalgiques et antipyrétiques (le paracétamol se conserve mieux sous la chaleur que l’aspirine) ;
- Antihistaminiques dernière génération ;
- Anti-inflammatoires (ibuprofène) ;
- Sels de réhydratation, anti-diarrhéique ou anti-sécrétoire (lopéramide ou racécadotril) ;
- Laxatif (le changement d’habitudes alimentaires ou le stress du voyage peuvent provoquer une constipation) ;
- Antispasmodiques (phloroglucinol, trimébutine ou mébévérine) ;
- Antiémétiques (contre le mal des transports) ;
- Des solutions de réhydratation orale pour les nourrissons en cas d’insolation ou de fortes diarrhées ;
- Comprimés à sucer en cas d’irritation de la gorge (souvent provoquée par la climatisation en été).

Pour les traitements réguliers, il est nécessaire de :
- Prévoir un peu plus de médicaments que nécessaire, au cas où la date de retour de vacances serait retardée, ou si la boîte de médicaments est égarée ou rendue impropre à la consommation ;
- Répartir les médicaments entre les bagages à mains et les valises, en cas de perte ou de vol ;
- Bien conserver les notices des médicaments ;
- Conserver une ordonnance du médecin traitant avec la mention de la DCI (dénomination commune internationale) ;
- En cas de voyage de plus de 3 à 6 mois, demander une autorisation de délivrance à l’Assurance maladie ; 
- En cas de traitements devant être conservés à basse température, se renseigner auprès des compagnies aériennes pour s’assurer du bon maintien des conditions isothermes durant tout l’acheminement.

En fonction de la destination et des risques encourus, la trousse à pharmacie peut contenir :
- Un set de matériel à usage unique (aiguilles, seringues, matériel de suture…) avec un certificat bilingue français/anglais à l'intention des contrôles douaniers ;
- Des gouttes auriculaires antibiotiques ;
- Un antipaludique à usage préventif ;
- Des antibiotiques en cas d’accès limité aux soins, sous réserve d’un diagnostic médical ;
- Un produit pour la désinfection de l'eau de boisson.

Quelques médicaments se dégradent en fonction des conditions climatiques ou ne sont pas adaptés à certaines régions. Il faudra donc éviter : 
- Les médicaments à dissoudre ou effervescents pour les voyages à l'étranger où l'eau potable peut manquer ;
- Les suppositoires qui peuvent fondre sous l'effet de la chaleur ;
- Les lotions alcoolisées ou odorantes qui dessèchent la peau et attirent les insectes ;
- Les médicaments inhabituels en raison du risque d'allergie ou d'effets secondaires inconnus ;
- Les médicaments sans emballage, ni notice.

2. LES VOYAGES EN EUROPE ET EN DEHORS
Les destinations privilégiées des vacances d’été en Europe sont l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce. Tous les pays d’Europe ne présentent pas les mêmes risques. C’est pourquoi, le site https://www.diplomatie.gouv.fr, propose des conseils et avertit des risques encourus par les voyageurs en fonction de leur destination. En effet, bien qu’en Espagne et au Portugal, il n’y ait pas davantage de risque pour la santé qu’en France, en Italie et en Grèce, en revanche, des précautions supplémentaires sont à prendre. En Italie, il convient de se prémunir contre les moustiques qui peuvent être vecteurs de la Fièvre du Nil, du Chikungunya et de la Dengue, mais également contre la rage dans plusieurs régions et de la pneumonie à Brescia en Lombardie. En Grèce, il est nécessaire de se protéger contre les moustiques qui peuvent êtres vecteurs du paludisme et du virus du Nil occidental, mais aussi contre la rage, les morsures de tique et les aliments pouvant contenir des salmonelles entrainant la fièvre typhoïde. 
Pour bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité sociale dans les pays européens, il faut être muni d’une carte européenne d’assurance maladie. Elle peut être demandée à la caisse locale au moins 15 jours avant le départ.

En dehors de l’Europe, il est également recommandé de se renseigner sur les risques potentiels liés au pays. Ces informations sont aussi présentes sur le site https://www.diplomatie.gouv.fr. Par exemple, pour un voyage dans les Antilles, le Pacifique ou l’Océan Indien, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du sud, il faudra prévoir une protection renforcée contre les piqûres de moustiques, qui peuvent transmettre le paludisme, le chikungunya, la dengue ou le zika.
La tourista, aussi appelée « diarrhée des voyageurs », est également un trouble très fréquent puisqu’elle concerne environ un voyageur sur trois. Elle est transmise en général par une bactérie présente dans un aliment. Dans les pays où l’eau potable n’est pas systématiquement accessible, il peut être utile de prendre des pastilles qui purifient l’eau.
Pour faciliter le passage aux douanes, il est recommandé de conserver sur soi les ordonnances du médecin traitant précisant les substances présentes dans les traitements, avec la dénomination commune internationale (DCI), particulièrement pour les molécules classées dans la catégorie des stupéfiants. 
Il est vivement conseillé de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance permettant de couvrir tous les frais médicaux (chirurgie, hospitalisation, etc.) et de rapatriement sanitaire, afin de faire face aux frais d’hospitalisation et aux dépenses de santé parfois très élevés à l’étranger, au risque de ne pas avoir accès aux soins, y compris en cas d’urgence vitale. Ces frais ne sont pas pris en charge par l’ambassade ou les consulats généraux de France sur place.

3. LE VOYAGEUR DU BORD DE MER
Lors de vacances à la mer, outre les risques de coups de soleil ou d’insolation, il est possible de rencontrer quelques désagréments, comme :
- Les piqûres de vive ou de rascasse : leur venin étant thermolabile (détruit par la chaleur), une source de chaleur comme un briquet pourra atténuer la douleur ; 
- Un contact avec des tentacules de méduse : si des tentacules sont visibles, on peut se servir d’une pince à épiler ou d’un coton-tige pour les enlever délicatement. En prévention, il existe des crèmes solaires qui empêchent les tentacules des méduses de coller à la peau. 
- Les mycoses : elles sont également plus fréquentes en été car leur survenue est favorisée par la chaleur, l’humidité et la transpiration. Elles touchent principalement les pieds car la contamination peut se faire par le sol, à la plage ou à la piscine.

Pour pallier à toutes ces situations, il ne faudra pas oublier d’ajouter du petit matériel et quelques produits dans sa trousse médicale, comme un briquet, une crème solaire anti-méduse, des cotons tiges et une crème antifongique. Toute piqûre ou morsure qui entraine des troubles importants nécessite une visite au service des urgences le plus proche.
La pratique de la plongée sous-marine avec bouteille est soumise à avis médical. Par ailleurs, il est fortement recommandé de ne pas voyager en avion ou voyager en altitude dans les 24 heures qui suivent ou précèdent une plongée avec bouteille.

4. LE VOYAGEUR DES MONTAGNES
Montagne rime bien souvent avec excursions et longues randonnées et pour les non-initiés avec ampoules ! Les trois causes courantes d’ampoules sont la chaleur, l’humidité et les frictions. Dans ces conditions, la survenue d’une ampoule est quasi systématique. Pour remédier à ce problème, on peut appliquer en prévention des crèmes qui limitent le frottement et l’échauffement. Lorsqu’une ampoule apparait, il est conseillé d’utiliser des pansements anti-ampoules pour soulager la douleur et favoriser la guérison. Les morsures de vipères ou de couleuvres sont un autre danger de la randonnée. Dans ce cas, il est très utile d’avoir dans sa trousse un papier et un crayon afin de noter les caractéristiques du serpent et ainsi pouvoir transmettre facilement les informations aux secouristes. Les kits anti-venins sont inefficaces dans cette situation !
Pour les excursions et randonnées en altitude (supérieure à 2500 mètres) il est nécessaire de solliciter un avis médical. Pour s’adapter à des conditions environnementales inhabituelles, il faut quelques jours à l’organisme. Un défaut d’acclimatation peut entrainer le mal aigu des montagnes. La prévention repose sur une ascension progressive et une adaptation à l’altitude de quelques jours, au repos.

5. CONSEILS AU COMPTOIR
Dans son rôle de partenaire de santé au quotidien, le pharmacien saura conseiller ses patients pour composer une trousse de voyage adaptée à toute la famille et à toutes les destinations. Mais son rôle consistera aussi et surtout à prévenir pour réduire les risques d’incidents. Pour l’y aider, il pourra utiliser et partager le site du gouvernement https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/ qui en plus de prévenir des risques donne des coordonnées utiles en cas d’incident pour chaque pays du monde. Généralement, le pharmacien rappellera l’importance de : 
- Boire régulièrement surtout en cas de forte chaleur ;
- Etre à jour dans sa vaccination particulièrement pour un voyage à l’étranger ;
- Eviter l’exposition au soleil entre 11h et 16h ;
- Porter un chapeau pour éviter l’insolation ;
- Etre bien chaussé pendant les randonnées ;
- Porter des sandales en plastique avec une semelle épaisse dans l’eau peu profonde pour éviter les piqûres de vive et de rascasse ;
- Ne pas oublier le traitement quotidien (maladie chronique, contraception…) en tenant compte du décalage horaire pour les traitements qui nécessitent une prise à heure fixe, et peut-être programmer une alarme sur son téléphone pour éviter l’oubli ;
- Conserver les notices et les boîtes de médicaments ;
- Bien se laver les mains, notamment pour éviter la tourista ;
- Porter des vêtements couvrants pour éviter les piqûres d’insectes ;
- Porter des bas de contention pour les longs voyages en avion ;
- Consulter son médecin traitant avant de partir à l’étranger ;
- Veiller à conserver les médicaments dans un endroit à l’abri du soleil, la plupart des médicaments étant sensibles aux fortes chaleurs ;
- Ranger la trousse dans un endroit accessible (pas au fond du coffre, ou de la remorque…) ;
- Vérifier les dates de péremption des médicaments.

Le pharmacien veillera particulièrement à prévenir les femmes enceintes des risques qu’elles encourent lors de voyage aussi bien en France qu’à l’étranger. En effet, en fin de grossesse, il leur est déconseillé de voyager en avion en raison du risque de thrombophlébites, ni sur des longs trajets en voiture, surtout des routes en mauvais état. Il leur faut également éviter les régions où circulent les virus Zika et hépatite E.

6. SITES WEB
Site internet de la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie : http://www.snfge.org/content/diarrhee-aigue
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