VERMIFUGATION DES ANIMAUX DE COMPAGNIE

Possédez-vous un animal de compagnie ? Chat, chien, oiseaux, poissons, rongeurs, reptiles… Le choix est vaste !
Selon les chiffres de la Fédération des Fabricants d’Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers (FACCO), près d'un foyer sur deux en France possède un animal domestique avec une préférence très marquée pour les chats et les chiens. Ces animaux de compagnie tant chouchoutés font partie du quotidien de millions de français mais sont parfois susceptibles d’être contaminés par des vers parasites ou helminthes. De nombreux propriétaires ignorent que certains vers peuvent aussi se transmettre aux humains ! Dans ce cas, les conséquences sur la santé peuvent très être graves, atteignant des organes comme les yeux ou le cerveau. Vétérinaires, pharmaciens et propriétaires d’animaux de compagnie doivent donc coopérer pour à la fois, protéger les animaux des parasites mais aussi éviter toute contamination à l’homme. Suite à l'arrêté du 24 avril 2012 portant sur l’exonération de la réglementation des substances vénéneuses destinées à la médecine vétérinaire, la quasi-totalité des spécialités de cette classe de médicaments est disponible à la vente sans ordonnance dans les officines. Le pharmacien joue donc un rôle important dans la prévention et le traitement de ces parasitoses.

1. DEFINITION
Les vers sont des parasites qui vivent aux dépens de l’animal. La vermifugation est l’action visant à éliminer les parasites intestinaux par l’administration d’une molécule ou d’une association de molécules. Leur action ne se prolongeant pas dans le temps, l’utilisation d’un vermifuge doit être effectuée à intervalle régulier. La plupart des protozoaires parasites digestifs infectent majoritairement les jeunes animaux tels que les chiots et les chatons et les animaux très âgés sont également davantage prédisposés. Certains de ces parasites peuvent être transmis à l’homme, il s’agit donc d’une action curative pour l’animal et préventive pour l’homme.
 
Il existe deux grandes familles de parasites internes :
 
Les Nématodes (ou vers ronds)
Les plus fréquents sont les vers digestifs (ascarides, ankylostomes).
- Les Ascarides sont des vers ronds, allongés (aspect spaghetti) mesurant de 5 à 20 cm. Les plus fréquents sont Toxocara canis chez le chien et Toxocara cati chez le chat. On rencontre plus rarement Toxascaris Leonina, commun aux deux espèces.
- Les Ankylostomes sont de petits vers ronds, mesurant de 5 à 15 mm. Ils ont pour cibles les chiens et les chats consommateurs de viande crue (petits rongeurs). Les chiots et chatons peuvent quant à eux, être contaminés lors de l’allaitement.
- Les Trichures : en Europe, on rencontre le Trichuris vulpis, un vers hématophage parasite des chiens et des renards dont l'adulte fait 3 cm de long.
- Dirofilaria immitis est transmis par les moustiques aux chiens et chats vivant dans des zones à risque (Sud de la France). Ce vers parasite le cœur droit des animaux.
 
Les Cestodes (ou vers plats)
On en distingue trois catégories :
- Les Dipylidium caninum sont les plus fréquents. Les chiens et chats sont contaminés en ingérant des puces parasitées. Dans ce cas, il est préconisé de traiter l’animal simultanément contre les puces. Ils sont potentiellement transmissibles à l'homme, mais peu dangereux.
- Les Echinocoques : s’ils ne sont pas dangereux pour les animaux, ils peuvent être à l'origine de maladies humaines graves.
- Les Ténias : en général, ils ont peu de conséquences chez les chiens et les chats. Ils sont de la même famille que le ver solitaire de l'homme.
 
Les animaux peuvent également être contaminés par des protozoaires (parasites unicellulaires) :
- Les Coccidies provoquent des entérites aiguës. Le Toxoplasma gondii, l’un des plus connus, est l’agent de la toxoplasmose. Transmissible à l’homme, il peut provoquer des complications chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
- Les Giardia sont responsables de troubles digestifs chroniques et infectent 30 à 60% des chatons d'élevage.
 
2. LES SYMPTÔMES LIÉS AUX PARASITOSES
Les symptômes peuvent être de nature :
- Digestive : diarrhée, vomissement, constipation.
- Générale : fatigue, anémie, amaigrissement.
- Physique : « le signe du traîneau » (l’animal se déplace en frottant son anus sur le sol) ou un léchage important de l'anus peuvent faire penser à un problème de Dipylidium.
La présence de structures ressemblant à des grains de riz dans les selles ou sur les zones de couchage ou à des vers, justifie la vermifugation des animaux.
 
3. LES FACTEURS DE CONTAMINATION
Ils peuvent être environnementaux ou nutritionnels.
Dans le cas des ascarides, la transmission peut se faire par le biais de la mère, lors de la gestation ou de la lactation.
Pour ce qui est des nématodes, les œufs des parasites sont rejetés dans les selles, contaminant ainsi leur environnement. Les vers se retrouvent aussi bien à la campagne qu’en ville, que ce soit dans les espaces aménagés pour que les animaux fassent leurs besoins ou dans les jardins publics où de nombreuses espèces se retrouvent en contact et même sur les trottoirs...Ces œufs sont très résistants, et peuvent survivre jusqu’à plusieurs années.
Les larves de vers ankylostomes pénètrent directement à travers la peau.
Les chiens et les chats vivant en collectivité (élevage, chenils/ chatteries, refuges pour animaux) présentent un plus grand risque d’infection par un protozoaire parasite au cycle homoxène (qui n’inclut pas d’hôte intermédiaire) comme Giardia intestinalis, Tritrichomonas foetus, Cryptosporidium spp. et Isospora spp. Une mauvaise hygiène ou une surpopulation augmente encore ce risque.
L’alimentation peut, elle aussi, être un facteur de contamination. L’ingestion d’un animal contaminé par des cestodes, appelé « hôte intermédiaire » (rongeurs, mollusques, poisson cru, abats, insectes) peut exposer l’animal à un plus grand risque d’infestation parasitaire.
Enfin, les puces peuvent être vectrices du Dipylidium caninum et lorsque le chien ingère l’une de ces puces infestées, le Ténia se développe dans son propre intestin.
 
4. LES SYMPTOMES ET RISQUES CHEZ L’HOMME
La contamination de l’animal à l’homme est appelée « zoonose ».
Les troubles peuvent être bénins mais dans certains cas, la parasitose peut engendrer des pathologies plus graves. Les enfants ayant un système immunitaire plus faible sont plus sensibles aux agressions parasitaires.
Par exemple, chez l’humain, l’infestation à ankylostomose se manifeste par des lésions cutanées, une gêne respiratoire ou encore des troubles digestifs.
La dipylidiose est transmise à l’homme par l’ingestion de puces (un contact cutané avec l’animal suffit). En revanche, peu de symptômes révèlent la maladie.
Echinococcus multilocularis (Ténia du chien) provoque des kystes dans le foie ou les poumons et peut être mortel.
Enfin, la toxoplasmose, transmise par le chat, est sans incidence particulière pour l’humain sauf chez les personnes souffrant d’immunodépression et chez la femme enceinte car il peut provoquer des complications fœtales.
 
5. LES TRAITEMENTS
Certains vers sont communs à différentes espèces animales, ainsi il est conseillé de traiter l’ensemble des animaux d’un foyer si l’un d’entre eux est contaminé pour éviter la propagation des vers et la réinfection des animaux. Les traitements existent sous forme de pâte orale, de comprimés ou de pipette spot-on à appliquer directement sur la peau.
 
Comment choisir le traitement ?
Les critères de sélection dépendront de plusieurs facteurs :
- La visée du traitement : préventive ou curative ;
- La nature du ou des agents parasitaires ;
- L’animal contaminé (espèce hôte) ;
- Les circonstances épidémiologiques (chenils, chatteries...) ;
- L’innocuité relative ;
- Le mode d’administration ;
- Le coût.
 
Comment traiter ?
Certains animaux peuvent être porteurs sains et donc ne présenter aucun symptôme, d’où la nécessité de respecter le calendrier de vermifugation :
- Pour les jeunes : il faut débuter le traitement dès 2 semaines pour les chiots et dès 6 semaines pour les chatons. Puis, dans les 2 premiers mois, réaliser une vermifugation tous les 15 jours. Faire ensuite un traitement mensuel jusqu’à ce que l’animal atteigne les 6 mois.
- Pour les adultes (à partir de 6 mois) : effectuer 1 vermifugation tous les trois mois si l’animal a accès à l’extérieur, et tous les six mois s’il reste à l’intérieur. Pour les chats, la vermifugation est conseillée au printemps et à l’automne.
- Les femelles en gestation/lactation : le traitement doit se faire après les chaleurs, 15 jours après la mise bas, et tous les 15 jours en lactation jusqu’au sevrage des petits.
 
Ces deux dernières années, de nombreux témoignages évoquant la dangerosité de l’antiparasitaire pour chiens et chats Bravecto® (fluralaner) se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Lors de la réunion du Comité des médicaments à usage vétérinaires (CVMP) qui s’est tenue du 9 au 11 octobre 2018, le comité a statué et adopté par consensus des avis positifs concernant le renouvellement des autorisations de mise sur le marché pour Bravecto® et NexGard® (afoxolaner). Le comité, après avoir réévalué le rapport bénéfice / risque de ces produits, a conclu que la qualité, la sécurité et l'efficacité de ces antiparasitaires continuaient à être démontrées de manière appropriée et a donc recommandé le renouvellement des autorisations de mise sur le marché. Pour des raisons de pharmacovigilance, le Comité a conclu qu’un renouvellement de cinq ans était nécessaire pour Bravecto® alors qu’une autorisation indéterminée a été recommandée pour NexGard®.
 
6. PREVENTION
Afin de limiter la contamination de l'environnement, il faut respecter les règles d'hygiène élémentaires. Il est nécessaire de ramasser les excréments, que ce soit en ville ou dans les jardins privatifs. Les potagers, plages, espaces de jeux pour enfants et les bacs à sable ne doivent pas être accessibles aux animaux. Pour limiter la transmission à l’homme, il convient impérativement se laver les mains régulièrement. De même, il faut laver tous les aliments destinés à être consommés crus et faire cuire correctement les viandes et les abats. Les animaux de compagnie ont tendance à manifester leur affection en léchant le visage mais cette habitude est à éviter car elle peut être l'occasion de transmission de parasites ou de bactéries.
 
7. CONSEILS AU COMPTOIR
Depuis la parution d’un arrêté le 24 avril 2012, diverses spécialités anthelminthiques peuvent être délivrées par le pharmacien d’officine, sans nécessité d’une ordonnance rédigée par un vétérinaire. Le rôle de conseil du pharmacien est donc d’autant plus important. Le choix du médicament doit être réfléchi, et adapté au profil de l’animal à traiter. Des critères essentiels sont à prendre en compte. Ils concernent l’âge de l’animal, sa race, son poids ou encore son mode de vie.
 
Aujourd’hui, le chat a détrôné le chien dans les foyers français. Près de 30% d’entre eux possèdent au moins un chat. Les pharmaciens sont donc régulièrement sollicités pour répondre à des questions pratiques comme : comment administrer un comprimé à un chat ?
Le site vétérinaire « Mon animal et moi » donne quelques conseils utiles :
- Ne pas écraser le comprimé pour le mettre dans sa gamelle ni le diluer dans l’eau de boisson mais plutôt l’administrer directement dans la gueule.
- Placer une main sur la tête de l’animal, le pouce et le majeur placés de part et d’autre du museau juste derrière les crocs.
- Amener doucement l’animal à regarder le plafond.
- De l’autre main, abaisser la mâchoire inférieure de l’animal en plaçant le majeur sur les incisives tout en tenant le comprimé entre le pouce et l’index.
- Placer le comprimé dans le fond de la gueule et refermer tout de suite les mâchoires du chat tout en gardant sa tête légèrement orientée vers le plafond.
- Masser doucement le cou du chat jusqu’à ce qu’il déglutisse. Si le comprimé est placé juste sur le bout de la langue du chat et pas au fond, dans 99% des cas l’animal rejettera le comprimé aussi vite.
- Terminer par une petite récompense (friandise, caresses et câlins).
- Autre astuce : enrober le comprimé dans un peu de beurre, une boulette de viande ou du fromage à tartiner avant de le faire avaler.
 
Le pharmacien doit rappeler aux propriétaires d’animaux domestiques l’importance de respecter les calendriers de vaccinations et de vermifugations. Il est également conseillé de vermifuger tous les animaux dès l’introduction d’un nouvel animal dans le foyer et d’effectuer un déparasitage externe régulier contre les puces, vectrices de vers Dipylidium caninum.
 
8. SITES WEB
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