MEDECINE NATURELLE

Homéopathie, réflexologie, ostéopathie, chiropraxie, méditation, acupuncture, phytothérapie, aromathérapie, naturopathie, musicothérapie, sophrologie, aromathérapie, hypnothérapie, mésothérapie, auriculothérapie, mésothérapie, biologie totale, lipolyse, biorésonance, jeûne, thermalisme psychiatrique, thérapie nutritionnelle, massages, qi gong, tai-chi… En tout, l’OMS dénombre plus de 400 médecines alternatives et complémentaires ! Autant de médecines très en vogue dont la littérature moderne fait l’éloge. Ces pratiques se développent en France et partout dans le monde. Elles se retrouvent progressivement dans le champ de la nutrition, du bien-être ou de l’esthétisme. Certaines pratiques de médecine naturelle sont particulièrement efficaces et sans danger. En revanche, d’autres pratiques, bien qu’efficaces, présentent des effets indésirables mal connus, voire inconnus, faute d’évaluation rigoureuse préalable à leur emploi, et de données peu ou pas publiées. La médecine naturelle est parfois utilisée par les patients en accompagnement ou à la place de la médecine conventionnelle. A ce sujet, le Ministère des Solidarité et de la Santé avertit que les traitements utilisés pour traiter des maladies graves ou en urgence à la place des traitements conventionnels reconnus, peuvent entrainer une perte de chance d’amélioration ou de guérison des personnes malades.
Le pharmacien est directement concerné par certaines de ces médecines dites « alternatives » car il joue un rôle majeur dans le conseil et la délivrance de produits de phytothérapie et d’aromathérapie. Celui-ci est garant, par son professionnalisme, de la qualité pharmaceutique des plantes médicinales qu’il dispense.

1. DEFINITION
Aussi appelées « médecines alternatives », « médecines complémentaires », ou encore « médecines douces », ces pratiques diverses et variées sont qualifiées par le ministère des Solidarité et de la Santé de « pratiques de soins non conventionnelles » (PSNC). En effet, les techniques employées et les fondements théoriques invoqués par ces formes de médecine ne sont pas reconnues sur le plan scientifique par la médecine conventionnelle. Cette dernière s’appuie sur des traitements validés par des essais cliniques ou bénéficiant d’un consensus professionnel fort, acquis après plusieurs années de recul, avec l'accord et l'expérience de la majorité des professionnels de la discipline concernée. Par ailleurs, la médecine naturelle n’est pas enseignée au cours de la formation initiale des professionnels de santé. Bien qu’insuffisamment ou non démontrée, cette médecine non conventionnelle n’en reste pas moins efficace dans le traitement de certains symptômes.

2. LES TRAITEMENTS ET PRATIQUES NATURELS
Les produits ou traitements de la médecine naturelle comprennent les plantes, les matières ou les préparations à base de plantes et les produits finis à base de plantes, qui contiennent comme ingrédients actifs des extraits de plantes ou d’autres matières végétales ou une combinaison des deux. Ces produits sont présents dans les compléments alimentaires, des préparations à base de plantes, l’aromathérapie, la phytothérapie ainsi que l’homéopathie.

Les pratiques englobent les thérapies médicamenteuses (traitements à base de plante, phytothérapie…), les thérapies axées sur la manipulation (ostéopathie, chiropraxie…) les thérapies du corps et de l’esprit (hypnothérapie, sophrologie, méditation…).

3. LES RISQUES
Les risques résident surtout dans la non réglementation des produits, des pratiques et des praticiens. Le rapport sur la stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle fait état de plusieurs risques dont :
- L’utilisation de produits de qualité médiocre, falsifiés ou contrefaits ;
- Des praticiens non qualifiés ;
- Des erreurs de diagnostic ; 
- Des diagnostics tardifs ;
- La non-utilisation de traitements conventionnels efficaces ;
- L’exposition à des informations trompeuses ou non fiables ;
- Des effets secondaires non connus ;
- Des interactions thérapeutiques indésirables.

4. PHYTOTHERAPIE ET AROMATHERAPIE EN PHARMACIE
La phytothérapie, fondée sur les plantes médicinales ou les drogues végétales, est dispensée pour des pathologies bénignes. Une plante est dite médicinale lorsqu’au moins une partie possède des propriétés médicamenteuses. Les drogues végétales, quant à elles, sont essentiellement des plantes ou parties de plantes, des champignons, algues ou lichens, entiers, fragmentés ou coupés, utilisés en l’état, sous forme desséchée, ou à l’état frais. La phytothérapie est une thérapie familiale, de conseil et d’automédication, à visée symptomatique, parfois préventive.

En Janvier 2017, la 11eme édition de la Pharmacopée française a revu la liste de plantes médicinales. Elle intègre des plantes utilisées en médecine traditionnelle européenne et d’Outre-mer, en médecine traditionnelle chinoise et en médecine traditionnelle ayurvédique. Cette liste est divisée en deux parties, A et B :
- Liste A : Les « plantes médicinales utilisées traditionnellement ».
- Liste B : Les « plantes médicinales utilisées traditionnellement en l’état ou sous forme de préparation dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu ». Certaines de ces plantes peuvent être utilisées en homéopathie.
A l’officine, les plantes médicinales sont présentées dans une zone bien précise et soumises à un contrôle qualité strict. Le pharmacien doit :
- Vérifier l'identité et la qualité des plantes en se référant aux critères de la Pharmacopée.
- Préciser, lors de la commande et sur l’emballage destiné au public, la partie de la plante qui constitue la drogue (plante entière, feuille, graine, fleur, racine, fruit, sommité fleurie, etc.). 
- Ajouter sur chaque lot une étiquette avec la date de réception, le nom de la plante et si cela s’avère nécessaire les essais effectués.

Depuis le 1er aout 2013, les pharmaciens ont également à disposition une monographie pour réaliser des mélanges de plantes pour tisanes sans prescription médicale.

Les plantes sont utilisées par le patient sous forme de tisanes, préparées en infusion ou en décoction, ou encore en compresses, lotions, bains, etc. Récemment, pour bénéficier au maximum les effets de la plante, de nouvelles variétés de préparations ont vu le jour, comme les :
- Extraits fluides, mous, secs ;
- Nébulisats ;
- Teintures ;
- Alcoolatures ;
- Teintures mères utilisées en prescription allopathique ;
- Poudres "micronisées" de plantes en gélules ou en comprimés ;
- S.I.P.F. (suspensions intégrales de plantes fraiches) ;
- Phytols (extraits hydro-glycoliques) ;
- Phytosols (digestés huileux de plantes stérilisées dans l'huile de tournesol) ;
- P.V.S. (plantes vivantes stabilisées) ;
- Autres : alcoolats, hydrolats, intraits, ...

Enfin, l’aromathérapie est une branche de la phytothérapie qui utilise les huiles essentielles officinales. 
L’appellation « huiles essentielles » provient de la 9ème édition de la Pharmacopée française. Le pharmacien se doit d’utiliser uniquement des huiles essentielles standardisées par les pharmacopées et diverses commissions d’experts (AFNOR, ISO Commission de normalisation du Syndicat national des fabricants et importateurs d'H.E). Les huiles essentielles ont un fort potentiel thérapeutique, mais peuvent également présenter un réel danger. N’ayant pas d’AMM, elles ont un statut de complément alimentaire, de produit cosmétologique ou de dispositif médical. Selon l’ANSM, l’utilisation d’huiles essentielles chez la femme enceinte  et chez l’enfant  nécessite un avis médical préalable particulièrement lorsqu’elles sont utilisées par voie orale et ne doivent pas être utilisées de façon prolongée  (au-delà de quelques jours) sans avis médical. Dans ce domaine, le pharmacien est habilité et a le devoir de conseiller sa patientèle.

5. CONSEILS AU COMPTOIR
Le pharmacien, de par sa formation pluridisciplinaire en botanique, pharmacologie, pharmacognosie, chimie, pharmacotechnie et thérapeutique, est le plus apte à conseiller les patients sur des traitements en phytothérapie et aromathérapie. Dans certaines situations, il pourra diriger son patient vers un médecin pour que soit posé le diagnostic précis qui permettra d’éviter une utilisation inappropriée, voire dangereuse, de plantes médicinales.

Les patients peuvent aussi demander l’avis du pharmacien sur divers traitements non conventionnels. Dans ce cas, il peut être utile de discuter avec le patient sur la base du questionnaire proposé par le site : https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/qualite-des-soins-et-pratiques/securite/article/les-pratiques-de-soins-non-conventionnelles​, sous le sous-titre : « Les questions à poser avant de recourir à une pratique de soins non conventionnelle ». Les questions portent notamment sur le mode de prescription et le suivi du traitement, la sécurité de la prise en charge et les coûts du traitement. Voici quelques questions pertinentes :

- Quelles sont les qualifications du professionnel que je vais consulter ? Est-il inscrit au registre partagé des professionnels de santé (RPPS) ? Si c’est un médecin, est-il inscrit au tableau de l’ordre des médecins ? Avec quelle qualification ? 
- Me demande-t-on d’arrêter mon traitement ? Le traitement qu’on me propose ne risque-t-il pas de retarder l’instauration d’un traitement conventionnel ?
- Le traitement est-il adapté à mon problème de santé ? Existe-il des preuves de son efficacité ? Y a-t-il des études scientifiques montrant l’intérêt de ce traitement ? Les produits sont-ils autorisés pour traiter le problème de santé ?
- Où puis-je me renseigner sur la pratique qui m’est proposée ? (Société savante médicale, association d’usagers en santé ?) 
- Quels sont tous les risques liés à ce traitement ? Des effets secondaires sont-ils prévisibles ?

L’objectif est vraiment de s’assurer que le patient possède toutes les informations avant de se lancer dans un traitement dit « naturel ». Il est à noter que l’appellation « médecine naturelle » est parfois comprise par les patients comme « sans effets secondaires ». En tant que professionnels de santé, les pharmaciens auront à cœur de prévenir leurs patients sur les avantages et bénéfices du traitement proposé mais aussi les éventuels risques encourus.

6. CONCLUSIONS
La médecine naturelle a démontré son efficacité sur des pathologies bénignes. Le point faible de cette forme de médecine réside dans le manque d’études scientifiques ou cliniques montrant les modalités d’action, les effets, l’efficacité, ainsi que la non dangerosité des pratiques et des traitements utilisés. C’est pourquoi, depuis 2010, la Direction générale de la santé (DGS) finance un programme pluriannuel d’évaluation des Pratiques de soins non conventionnelles visant à repérer les pratiques prometteuses et celles potentiellement dangereuses dans les revues de littérature scientifique internationale.

7. SITES WEB
ANSM Huiles essentielles :
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