La Gonarthrose

La gonarthrose ou arthrose du genou est une affection fréquente et constitue un véritable problème de santé publique. C’est une maladie souvent invalidante liée au caractère portant de l’articulation. Sa prévalence est élevée et parfaitement corrélée à l’âge : chez la femme, elle atteindrait 25% à 49% après 65 ans. Cependant seulement 40 % des arthroses modérées et 60 % des formes évoluées deviendraient symptomatiques. C’est la troisième plainte musculosquelettique dans le SMPR et le deuxième site de la maladie dégénérative.

1 - DÉFINITION 
La gonarthrose est une arthrose du genou, provoquée par une destruction, une usure progressive du cartilage protégeant l'articulation. L’origine de la gonarthrose est plurifactorielle mais la maladie est fortement liée à l’âge. Dans plus de la moitié des cas l'atteinte concerne les 2 genoux. Le diagnostic différentiel se pose essentiellement en cas de douleur du genou avec radiographie normale. Elle peut entraîner un niveau d’incapacité important ainsi qu’un fardeau économique considérable.

2 - CAUSES 
L'arthrose du genou est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, avec une augmentation de sa fréquence après la ménopause. Le principal facteur de risque de la gonarthrose est la surcharge pondérale (surpoids ou obésité). Des facteurs génétiques prédisposent à l'arthrose du genou mais aussi certains sports comme le tennis, le ski, le rugby ou le football, peuvent, lorsqu’ils ont été pratiqués longtemps et de façon intensive, favoriser l’apparition d’une gonarthrose par leurs séquelles. Ce surmenage articulaire se retrouve également dans certaines professions où les genoux sont très sollicités (port de charges lourdes, agenouillements prolongés, accroupissements répétés…).
Les deux derniers facteurs de risque sont l’ablation du ménisque et les défauts d’axe du genou (en X ou en parenthèse).

3 - SYMPTÔMES 
La douleur au niveau du genou est l'un des premiers symptômes de la gonarthrose.
Elle est déclenchée et augmentée principalement par le mouvement, cesse au repos et réapparaît chaque fois que l'articulation est soumise à un effort comme marcher ou monter un escalier. Elle est également accentuée par le surpoids et le port de charges lourdes.

4 - DIAGNOSTIC 
Le diagnostic d’une arthrose du genou est le plus souvent évident quand cette dernière est évoluée mais la démarche diagnostique devant un genou douloureux repose sur l’interrogatoire et la clinique. Les épanchements arthrosiques sont assez fréquents au niveau du genou.
La ponction articulaire si elle est possible est une étape importante. La radiographie est l’imagerie de première intention qui oriente très vite alors sur les techniques d’imagerie complémentaire avec au premier plan l’IRM. Le diagnostic d’une arthrose du genou est le plus souvent évident quand cette dernière est évoluée. Il peut être difficile au début lorsque l’affection est révélée par un épanchement articulaire, et  l’on évoque toutes les autres étiologies d’un genou douloureux. Après avoir relevé l’âge, les activités physiques et sportives, l’interrogatoire fait préciser le ou les troubles à l’origine de la consultation. 
 Il y en a quatre : la douleur, l’instabilité, le gonflement et le blocage.
Il faut noter : 
la date d’apparition
la notion éventuelle de traumatisme initial, sportif ou autre
la rapidité d’installation, aiguë, rapide ou progressive
ses facteurs déclenchant, lors de la marche, dans les escaliers (montée ou descente), la nuit etc…
son évolution dans le temps
et enfin l’état actuel et l’importance du retentissement de ce trouble sur le patient.
Pour évaluer la gêne douloureuse et fonctionnelle, on utilise le questionnaire « score de Lequesne ».
Dans les cas douteux ou sans signes radiographiques, pour avoir une certitude sur le diagnostic il faut une arthroscopie ou une arthrographie plutôt que l’IRM et la TDM (tomodensitométrie) qui sont en routine peu performantes pour visualiser la destruction du cartilage. L’arthroscanner est très performant pour visualiser le cartilage et ses altérations.

5 - TRAITEMENTS 
Peu de médicaments existent contre l’arthrose, l’objectif du traitement est double : soulager les symptômes et améliorer la fonction articulaire et en théorie, ralentir l’évolution anatomique de la maladie.
Les mesures non médicamenteuses sont dans l’ordre des priorités :
la réduction de la surcharge pondérale 
l’entretien d’une activité physique en endurance (marche ; natation) 
l’observation des conseils d’économie articulaire 
la mobilisation de l’articulation par des exercices de kinésithérapie adaptés 
le recours aux aides techniques (genouillère, semelles orthopédiques, canne).
Les médicaments appartiennent à 3 classes :
les antalgiques (et le paracétamol est privilégié) 
les anti-inflammatoires prescrits en cure courte dans les poussées aiguës douloureuses et, éventuellement, injectés dans l’articulation 
les anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente pendant plusieurs mois.
Les traitements médicamenteux contre la douleur ont beaucoup évolué au cours des dernières décennies. Les anti-arthrosiques symptomatiques d'action lente, ou AASAL ont tous une action différée, et sont des médicaments spécifiquement utilisés dans l'arthrose. Ils ont la capacité de diminuer l'intensité des douleurs. Il est donc important de respecter une prise continue de quelques semaines avant de voir apparaître leurs effets bénéfiques. Leur efficacité persiste pendant quelques semaines même après l'arrêt du traitement.
Depuis Mars 2015, cinq AASAL - Anti-Arthrosiques Symptomatiques d’Action Lente sont déremboursés par décret et les visco-supplémentations par acide hyaluronique sont menacés de déremboursement.

La chirurgie concerne l’arthrose fémoro-tibiale. Elle est :
préventive (et suffisamment précoce) quand il existe une désaxation du genou 
curative (prothèse) quand le traitement ne contrôle plus ni la douleur, ni le handicap
Le cartilage se régénère peu et cicatrise difficilement.et de nombreuses approches faisant appel à la bio-ingénierie sont aujourd’hui expérimentées pour remédier au problème. Elles font appel à l’ingénierie cellulaire (notamment avec les cellules souches), aux biomatériaux qui servent de support, ou encore à l’impression 3D.

6 - PRÉVENTION ET CONSEILS À L’OFFICINE 
A l’officine, le conseil sera purement symptomatique. L’évolution de la maladie est très variable et imprévisible. Sans prise en charge adaptée, la douleur et la limitation de certains mouvements entraînent à terme une restriction fonctionnelle handicapante dans la vie professionnelle, sociale et quotidienne.

- envisager une perte de poids même modérée (5 à 6 kg) car elle améliore la fonction articulaire et la symptomatologie douloureuse
- proposer une alimentation à base d’antioxydants, riche en omégas 3, pour lutter contre l’inflammation
- faire de l’exercice régulier en dehors des périodes de poussées inflammatoires, afin de renforcer les muscles stabilisateurs de l’articulation et contribuer au contrôle du poids (marche sur terrain plat (sous réserve d’être bien chaussé), natation, aquagym et cyclisme)
- éviter de soumettre les articulations à des tensions excessives dans le cadre d’activités quotidiennes, professionnelles ou sportives répétées ou intensives. En cas de besoin, protéger les articulations très sollicitées en portant à titre préventif des orthèses
- prendre en charge rapidement et efficacement tout traumatisme articulaire
- proposer des mesures de ménagement de l’articulation, notamment pendant les poussées douloureuses aiguës : éviter les stations debout prolongées, les longues marches et le port de charges lourdes, utiliser temporairement une canne du côté sain, voire deux cannes pour se déplacer… 
- porter des chaussures adaptées avec un recours aux aides techniques (semelles orthopédiques, chaussures à semelles épaisses et souples, orthèses, cannes anglaises ou à main…)
- la cure thermale peut aussi aider.

7 - SITES WEB
Commentaire
Soyez le premier à commenter cet article
Ajouter un commentaire

Articles similaires