« Manquait plus que les vaccins...

Nombreux sont ceux qui légitimement pleurent sur cette année 2020 : maladie, décès, entreprises en faillite, chômage, dégâts collatéraux psychologiques et familiaux...
La liste des préjudices est longue.
Chacun à son niveau a néanmoins la légitimité pour se plaindre : dans un référentiel qui est personnel, on voit son malheur comme on voit midi à sa porte !
Et dans cette mise en perspective, les pharmaciens ont toute légitimité à se plaindre.
On a essuyé des tempêtes : depuis mars, on se bat pour le gel hydro-alcoolique, les masques, l’hydroxychloroquine, les tests, les changements de doctrine et de règles incessants, j’en oublie... et à chaque fois que l’on pense sortir la tête de l’eau, une nouvelle vague de fond vient nous replonger comme dans une machine à laver.
Je vais continuer dans cette image : la profession est lessivée, mais aussi essorée.
Elle n’a plus d’énergie, plus d’enthousiasme, plus d’envies. Je l’ai bien vu lors de l’Assemblée Générale du syndicat des pharmaciens de mon département : alors que 2 orateurs de qualité présentaient un avenir proche plus que séduisant, les consœurs et confrères souriaient à peine et ne s’enflammaient plus comme avant.
Les vacances ont été trop courtes pour beaucoup pour pouvoir reprendre une bouffée d’air suffisante pour replonger en apnée dans cette rentrée annoncée avec une 2e vague.
Mais le tableau n’aurait pas été complet si on n’avait pas eu en plus la catastrophe des vaccins à gérer !
Des recommandations, pas d’arrêté, donc chacun fait comme il veut au final, des commandes partiellement livrées voire jamais livrées (perdues ???)...
Depuis le 13 octobre nous faisons face à des journées épuisantes et dans le stress quand déjà nous étions à genoux.
Mais qu’est ce qui a encore échappé au bon déroulement de cette campagne ?
L’Etat ? Les fabricants ? Les médias ?
Encore une fois et comme d’habitude nous sommes le pushing ball.
A défaut d’autres interlocuteurs/responsables, nous sommes les fautifs, les victimes des agressions, les incapables, les incompétents.
Les vaccins c’est le pompon ! La cerise sur le gâteau ! La goutte d’eau de trop !
J’attends comme vous la fin du cycle essorage et espère qu’ensuite je vais pouvoir sécher au soleil.
Tenons bon. »

Delphine Chadoutaud, pharmacien titulaire à Orsay (91) 
Commentaire
BGP
11/11/2020
Certains pharmaciens, dont je suis, vivent bien cette période. Pour moi grâce à mon parcours. En 20 ans de carrière en officine j'ai vécu : 2 ans de travaux de voirie qui perturbaient l'accès à la pharmacie (fuite de la clientèle, licenciement de tout le personnel), l'agression des douanes au sujet de l'alcool (procès gagné après des années de procédure, sans cela je perdais ma pharmacie), et actuellement à 62 ans je paye toujours un crédit pour solder le "crédit in fine" que m' a conseillé la banque préférée des pharmaciens il y a 20 ans. Aujourd'hui je n'essuie pas de tempête, je trouve au contraire que cette période valorise les Pharmaciens d'officine, y compris les petites officines que l'on sacrifie par un discours de non rentabilité. Je me plais à penser que ce virus va peut être faire sentir aux confrères ordinairement "privilégiés" (officines de super marché avec un CA en berne) ou "intouchables" (à l'époque certains n'était pas visités par les douanes) que la profession (Ordre, Syndicat) ne véhicule aucune solidarité dans la profession. Peut-être qu'après un tour dans la machine à laver les mentalité vont changer et une solidarité se profiler ? Perso je suis très heureuse dans ma fonction et j'ai passé tous ces caps, mais je connais des confrères qui ont tout perdu... Alors le spleen du pharmacien qui vit ces changements incessants actuels me fait rire, car là aujourd'hui, personne ne nous veut du mal, il s'agit simplement de s'adapter à la propagation du SARS COV 2 !
Delphine MALO
10/11/2020
C'est exactement ce que je ressens mais le cycle d'essorage est vraiment long...
pl
10/11/2020
Tellement d'accord que j'ai mis en vente alors que je n'ai que 40 ans. Ecoeuré.....
CDLR
10/11/2020
Vous avez oublié les pressions des patients pour des prolongations de renouvellement d’ordo faites sans indemnités. Et maintenant les tests antigéniques !!!!
Constant Danlerreur
10/11/2020
Hervé B, vous avez modifié votre traitement ?
anne b
10/11/2020
Bravo Delphine nous ressentons la même chose. Nous sommes épuisés. Après les vaccins les masques adultes puis enfants... Et bientôt la sérialisation un vrai bonheur..
Hervé B
10/11/2020
Chère consœur, désolé mais je ne me reconnais pas dans le tableau gris que tu dresses de la profession. Complains-toi dans ton spleen mais STP ne m'y inclus pas !
CDLR
10/11/2020
Vous avez oublié les pressions des patients pour des prolongations de renouvellement d’ordo faites sans indemnités. Et maintenant les tests antigéniques !!!!
YLM
10/11/2020
Plus de 40 bons de vaccins en souffrance ; commande de test sars cov rapide 3 semaines d'attente... Au cours de l'été l'anticipation était en vacances...
Marion G
10/11/2020
Ah ! La lessive.... On retrouve un peu de Mère Denis dans notre Delphine !!! C’est une référence ! Vivement que le beau temps revienne, merci Delphine !!!
florence Normand
09/11/2020
Et on en parle des tests antigéniques ?... A peine arrivés déjà en rupture... Coincés en douane il parait. Ca me rappelle un truc !! Il est ou le bout du tunnel ?
louis comaills millas 66170
09/11/2020
rien a rajouter SQFD MERCI
DOMINIQUE BOYER
09/11/2020
JE SUIS DE TOUT CŒUR AVEC VOUS L'IMAGE DE LA MACHINE A LAVER ET MERVEILLEUSEMENT TROUVÉE
Chenel Marie Claude
09/11/2020
Bien résumé ce Bordel.
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