Embauche en pharmacie : un problème social et structurel dans l’indifférence la plus totale

Sans être dans un « désert médical », il a suffi que deux collaboratrices pharmaciens tombent enceintes en même temps et qu’une préparatrice suive son conjoint en déplacement professionnel pour découvrir L’ENFER DE L’EMBAUCHE DE COLLABORATEURS EN OFFICINE et vivre la pénurie de main d’œuvre.
Pour ce qui concerne les préparateurs cette pénurie va s’amplifier avec une troisième année bientôt envisagée.
A de très rares exceptions et à court moyen ou long terme toutes les pharmacies de France connaitront cette problématique. Avec plus ou moins de « chances » le système de protection social permettant légalement une très large appréciation et possibilités d’absentéisme (réelles ou suggérées, selon son humeur).

La période la plus compliquée se situe de Mars à Juin.

Enquête faite, le « bouche à oreille » reste comme au XXème siècle la valeur et le processus le plus répandu.
Les grossistes sont également une source d’information (CERP très bien, OCP pas mal, ALLIANCE peut mieux faire), les groupements (tous, pas mal), le site de l’Ordre (pensez-y section D) et un syndicat se distingue particulièrement par son initiative dans une ville du centre de la France (la seule) pour une organisation bien huilée de mise en relation ouverte à tous sans exceptions, entre titulaires et remplaçants (félicitations).

Pôle Emploi pas génial, quant aux sociétés privées de recrutement (compter entre 40 euros et 400 euros /an), attention il y a des arnaques, elles ne mettent pas toutes leurs fichiers à jour. 
Remplaçants pharmaciens parlons-en on trouve de tout ; de l’EXCELLENCE (une adjointe remplaçante à « sauvé » deux vies humaines en une semaine) au LOUEUR de diplôme (assis sur une chaise, pas bougé d’internet en quinze jours).
On trouve de jeunes diplômés dynamiques stressés, à d’anciens titulaires détendus (pour le fun ou les « points de retraite ») ou encore de très anciens pharmaciens (68 ans). 
Tout cela pour le même coefficient, les mêmes prétentions (coeff 470 / 500 en général), variable si c’est un titulaire absent ou un remplacement de congé maternité, mais cela peut monter à 600 (pas rare) voir 800 (Outre-Mer) sans forcément les compétences qui suivent.
N’oublions pas que le pharmacien remplaçant a le « statut d’intermittent », comme celui du spectacle, ce qui explique parfois le peu d’empressement à retravailler (ce n’est pas une critique c’est un choix offert par notre société) sans compter les hôpitaux, la GMS, les industries qui siphonnent aussi de la main d’œuvre. 

Il faudrait aussi qu’ils aient accès à la « FORMATION » comme tout le monde ce serait un progrès social.  
Et comme le suggère l’Association des étudiants en pharmacie (excellente idée) de mise en relation selon le profil et les affinités selon les compétences ou spécialisations (l’intelligence artificielle peut aider à cela).

Vérification de l’inscription en section D, mise à jour de la visite médicale et diplôme au carré.  

TOUT CELA ET BIEN D’AUTRES CHOSES POUR SOULEVER UN DEBAT NATIONAL. 
La Haute Savoie est particulièrement touchée par cette pénurie de pharmaciens remplaçants et le Midi par celle de préparateurs. 

A.COGITO 
Commentaire
pharma56
02/06/2019
Après avoir fait 15 ans de remplacements divers et variés (par choix et non par défaut !!) je peux vous dire que si tous les remplaçants ne sont pas à la hauteur, il en va de même pour les "remplacés". Quand vous acceptez de venir travailler loin de chez vous, sans pouvoir rentrer le soir et que les conditions d'accueil sont déplorables, il ne faut pas s'étonner de ne trouver plus personne.... Titulaires, s'il vous plait, n'oubliez pas que si le (la) remplaçant(e) est là pour faire son travail de pharmacien, il (elle) a aussi besoin que "l'intendance" suive. Alors merci de faire en sorte que les conditions matérielles de son séjour soient à la hauteur.... On ne demande pas un logement 5 étoiles, mais un minimum de confort est indispensable pour pouvoir assurer pleinement son rôle et ses responsabilités....
alindust
31/05/2019
LV a raison : imaginez une seconde l'astreinte des propriétaires des toutes petites boutiques, a fortiori à la campagne ! Pour les autres...de grâce, arrêtez de pleurer ! ouvrez les yeux et vous constaterez qu'il y a tellement plus malheureux que les potards en ce bas monde! Le monde a changé....pour la plupart d'entre nous (non officinaux) aussi. ACR
Azemar christine
29/05/2019
Sans compter que nos préparatrices n’ayant aucun espoirs d’évoluer dans leurs compétences professionnelles se tournent de plus en plus vers d’autres métiers ! À force de ne parler que de pharmaciens et d’assistants ce désintérêt nous coûtera cher à nous les titulaires !
cf
29/05/2019
D après les chiffres de l'Ordre : 3600 officines ont un seul titulaire et 4534 emploient un seul assistant à temps partiel... soit UN TOTAL DE 38 % D' OFFICINES où le titulaire travaille souvent 6 jours sur 7, plus les gardes , avec très peu de congés, et assure toutes les taches officinales pour s'assurer un revenu très modeste, et tout cela ..... sans se plaindre....
maignan
29/05/2019
D'après les statistiques professionnelles, le nombre d'inscriptions a l'Ordre est en hausse (2%environ), sauf pour l'officine (titulaires -6%)... alors que c'est +30% ET +15 pour d'autres sections… Et on va encore être très surpris d'ici 2-3 ans, de voir s'ajouter des déserts pharmaceutiques aux deserts médicaux. Mais les officines seront plus robustes, ai je lu. A l'inverse de leurs clients dont l'espérance de vie n'est plus ce qu'elle était, ai je lu.. Qui diable peut bien être responsable de cette situation porteuse de danger social ??? heureusement qu'avec la recertification, le vivier de vieux diplomés inexperimentés va rapidement se tarir, n'est ce pas!!!!..
Hauchecorne Philippe
29/05/2019
Non, les remplaçants anciens titulaires ne sont pas des traine-savates cherchant juste des points de retraite ; je suis titulaire à la campagne et mon remplacement n'est pas une partie de plaisir : 90% d'ordonnances, matériel médical, patients très exigeants, médecins peu disponibles. Pourtant j'ai eu principalement des anciens titulaires comme remplaçant pour mes vacances et je n'ai eu à me plaindre d'aucun.
Le Pan Benoît
29/05/2019
Et alors ?
L.V.
29/05/2019
Vous n'allez quand même pas vous plaindre ! Perso ça fait presque 20 ans que je n'ai pas de congés. Personne ne s'en soucis .... C'est normal pour tous celles et ceux qui en ont. Petit C.A. justifiant l'absence d'adjoint et l'impossibilité "d'acheter" un remplaçant. Cotisation ordinale démentielle au regard du C.A. Qui le dénonce ? Personne ! Actalians et consors qui pompent comme des shadoks alors que il est impossible de parler formation puisque, l'ARS et l'Ordre imposent la présence permanente dans l'officine. Bien sûr que ce "métier" qui n'en est plus un, n'intéresse plus les étudiants. Et question solidarité, c'est le zéro pointé. Alors ....débrouillez vous ! ...ou faites comme moi : on s'habitue (heureusement) à vivre comme un tolard.
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