A propos de la financiarisation des officines

En réponse à la FSPF, l'USPO, Fédergy et autres signataires de la réponse commune faite au rapport de l'Autorité de la concurrence.
Si je pense que l'on peut globalement être d'accord avec l'essentiel de cette réponse, il reste un point particulier qui nécessite une réelle réflexion.
En effet, vous écrivez : « Les pharmacies d'officine n'ont pas besoin de capitaux extérieurs pour exercer leur profession et les étudiants, comme les pharmaciens déjà installés, dénoncent avec fermeté une financiarisation inutile ».
Je me demande très sincèrement au nom de qui pouvez-vous tenir de tels propos ? Quand on sait que depuis plusieurs années 3 à 4 officines ferment chaque semaine soit par "faillite" soit du fait de départs à la retraite sans revente du fonds, la financiarisation peut-elle réellement être déclarée comme inutile. Combien de pharmacies auraient pu être sauvées par des capitaux extérieurs ou combien de départ à la retraite désespérés avec fermeture auraient pu donner lieu à une reprise de l'officine par un « jeune », même aidé par des « capitaux extérieurs »? Combien de pharmaciens ne se reconnaissent pas dans vos propos ? Permettez-vous de vous préciser que j'en fait partie. J'ai la triste impression que vous ne parlez que pour ceux qui vont bien en oubliant ceux qui vont mal. Bien évidemment qu'il ne saurait être question d'une financiarisation à tout va par tous et par n'importe qui. Bien évidemment qu'il faudrait une réglementation extrêmement stricte avec des accès autorisés extrêmement limités. Mais ne pensez-vous pas qu'à un moment ou un autre, il va falloir accepter d'ouvrir les yeux et être force de proposition, plutôt que d'être dans le déni, de regarder mourir nombre d'officines, et, au final, de subir de plein fouet une réforme qui nous tombera un jour ou l'autre dessus sans la moindre régulation ?

O. Godefroy, pharmacien titulaire à Savigny Le Temple (77)
Commentaire
SEB
16/04/2019
Pourquoi pas des cotisations ordinales dont le montant serait proportionnel aux CA car pour les petites structures (nous faisons 0.53 K€ de CA) l'Ordre n'a pas fait grand chose ...Nous nous sentons très seuls face à ces requins en tout genre !!! Si on suit les nouvelles missions à la lettre, le pharmacien doit être à la fois Pharmacien, médecin généraliste et spécialiste (téléconsultations, bilans de médications), infirmier(piluliers),livreur installateur (MAD), expert comptable, gestionnaire, fiscaliste, DRH, assistante sociale et tout cela bien sûr GRATUITEMENT car la Sécu rémunère des missions impossibles !!! Cela fait bien longtemps que la probité et le code de déontologie ont quitté la profession et que personne n'a bougé ! Alors voir toute cette agitation syndicale autour de la possible ouverture du capital me fait sourire ou plutôt pleurer : cela fait bien longtemps que la profession est financiarisée !
heintz pascal
05/04/2019
Oui ! Il serait temps d'ouvrir les yeux ! Il est peut-être temps d'arrêter de gonfler la bulle financière que constituent nos officines. C'est certain, quand on veut vendre les prix ne sont jamais assez élevés, mais quand on veut s'installer tout est trop cher ! On a fait de la gonflette avec les SEL puis avec les Obligations convertibles en action, certain cela arrange ceux qui quittent la profession, mais rend la vie impossible aux arrivants. Lorsque nos officines se négocieront au juste prix (et sans perspectives de croissance faramineuse) la profession retrouvera un avenir serin.
cf
05/04/2019
Ce qui fait mourir les petites officines, c'est d'abord la concurrence entre pharmacies... A chaque nouvelle attaque du monopole, la fspf et l'Upso se rappellent qu'il existe des petites officines de proximité et s'en servent comme bouclier humain avec des pétitions "il faut sauver les petites officines".... Quelle hypocrisie, cela donne la nausée... Continuez, messieurs les syndicalistes à prendre les gens pour des imbéciles et continuez à vous gaver avec vos soldes médicamenteuses sur le dos des confrères les moins nantis... Les médicaments en grande surface ne changeront rien pour ces petites officines qui ne survivent que par la délivrance d'ordonnance.. La parapharmacie et les "petits" médicaments sont déjà réservés aux grosses officines des centres commerciaux... Evident quand on sait que les petites officines achètent au grossiste à un prix fabricant des médicaments plus chers qu'ils ne sont vendus (prix publics ) chez les confrères les plus nantis.. Là cela ne gène personne ..... Quand il existera une solidarité et du respect entre "ceux qui ont réussi" et ceux qui ne sont rien (comme le dit notre cher président), alors on signera vos pétitions...
FRANCOIS Mickaël
04/04/2019
Je suis complètement d'accord avec vous.
Sylvie PARENT
04/04/2019
Olivier, nous étions à la fac ensemble, si tu te souviens... Si tu veux viens nous rejoindre sur mon groupe Facebook, pharmaction. Pour ton sujet, tu crois vraiment que si la finance entre dans le capital des pharmacies, ça sera pour sauver les petites pharmacies ? Moi je suis certaine que non, bien au contraire, ils vont investir massivement dans les pharmacies à fort potentiel et écraser encore plus les petites qui crèveront encore plus vite...
FRANCOIS Mickaël
04/04/2019
Je suis complètement d'accord avec vous.
Benoît Lages
03/04/2019
Moi aussi j'aimerais bien trouver un financier qui accepte de m'aider à acheter une officine peu rentable et qui m'aide à gagner me vie sans que cela lui rapporte d'argent mais je ne crois pas au père Noël !
Arnaud C.
03/04/2019
Pensez-vous réellement qu'un groupement, un grossiste ou un fond de placement serait prêt à investir dans des entreprises (des pharmacies) non rentables ? Si il y a des fermetures, et des abandons de licences, c'est surtout qu'à certains endroits, il y a trop de pharmacies, ou que ces officines ne sont malheureusement pas bien gérées !
G. KAOUK
03/04/2019
TOUT A FAIT D'ACCORD.
HB
03/04/2019
Penses-tu que les "généreux financiers" ont pour objectif des financer des officines petites et/ou en difficulté ?
Philippe Veyrié
03/04/2019
Je suis d'accord avec toi O.Godeffroy. Trop de confrères se réjouissent de la faillite d'un collègue, ou plutot d'un concurrent proche, se disant que leur part de gateau sera plus grosse mais la roche Tarpeienne est proche du Capitole, et le jour ou ils voudront céder leur officine, il faudra bien que le repreneur trouve des fonds.
Patrick Potard
03/04/2019
La financiarisation des grosses officines existe déjà, les gros n'ont de cesse de "bouffer les petits". Les syndicats refusent de regarder la réalité en face ; seuls s'en sortent les casseurs de prix et autres supermarché de la para d'ailleurs ils se mangent entre eux et trouveront à la fin plus gros qu'eux. Alors arrêtez l'hypocrisie, oui aux chaines, et je suis même prêt à vendre à leclerc et carrefour pour m'en sortir. Avant de parler, interrogez la base des pharmaciens qui rament….
Nicolas HAY
03/04/2019
Bonjour, Je ne suis pas d'accord avec votre version. Jamais les financeurs extérieurs ne seraient venus "sauver" la pharmacie qui a fermé près de chez moi. Ce qui va les intéresser ce sont les grosses pharmacies de centre commerciaux, voir de centre ville. Regardez les laboratoires de biologie. Ce ne sont pas les petits labos en difficulté qui ont été repris ! Nicolas
cazenave pierre
03/04/2019
Tout à fait d'accord avec cette analyse : jusqu'à quand devrons-nous subir les refus bancaires ou être humiliés par la valorisation du prix de vente de nos fonds ? Rendons le marché "ouvert" et tout le monde y gagnera... Sauf peût-être Interfimo et les autres rapaces qui nous asphyxient.
maurice
03/04/2019
Les capitaux extérieurs n'améliorent pas la rentabilité des officines. Si des pharmacies ferment c'est que les baisses de prix des médicaments nous enfoncent et que le discount de certains nous achève. Maurice
xavier MT
03/04/2019
La financiarisation des officines est nécessaire, elle permet d'emprunter pour acheter un fond de commerce. Pour autant, elle ne doit pas se faire avec n'importe qui et à n'importe quelle conditions. Ce sont les mots des syndicats : le pharmacien appellera des financement dans la profession ! Le pharmaciens doit rester indépendant, dans l'intérêt des patients. Mais ceux qui ferment ou se sentent oublié, le seront tout autant des financiers. Ces pharmacies là ne sont pas intéressantes.... Les risques, c'est pas pour eux ! Je suis navré que cela soit votre cas.
L.V.
03/04/2019
Il y a encore plus "marrant" que ça, Monsieur : vous dites, et c'est vrai , que 3 à 4 pharmacies disparaissent chaque semaine. Et cela depuis plusieurs années. Expliquons alors à nos chers confrères et consoeurs comment notre Conseil National de l'Ordre arrive à annoncer chaque année le même nombre d'officines. Personnellement j'ai ma petite idée (justifier le maintien de notre chère cotisation à ce niveau exorbitant, 600 euro, ce qui n'est plus en rapport avec les modestes revenus d'une petite pharmacie). Combien paye un médecin qui ramasse 3 à 4 fois plus ? Combien paye une infirmière ? Avec de tels comptes notre profession n'est plus crédible et on peut nous rire au nez. Et les plus petits d'entre nous passent encore pour des nantis. Madame la ministre ne le sait que trop bien et cela lui permet de baisser les prix tous les 3 mois pour redistribuer le bénéfice aux médecins !!! Honte à nous.
ricquebourg-lefebvre sophie
03/04/2019
Ne pourrait-on pas plutôt simplifier 1) l'obligation de présence d'un pharmacien assistant ou remplaçant dans les pharmacies de CA< 1M -1,2M, dont l'éloignement géographique les isole des Facultés formant les jeunes diplômés. 2) et dans tel cas, avoir obligation de contrôle des ordonnances à distance par la télé-déportation déjà en pratique dans l'officine grâce aux logiciels existants (onglet Contrôle d'Ordo) Ces 2 principes ne coûtent pas 1 € de plus au titulaire et lui apporterait de la SOUPLESSE d'exercice sans toutefois le précipiter à sa perte. Aussi oubliais-je que l'ARS devrait exercer un contrôle sur les médecins rigides -surtout lorsque celui-ci est le seul et unique prescripteur du bourg - qui ne se soumette pas à la coordination inter-professionnelle et prennent ainsi en otage leur patientèle et le pharmacien pourtant voisin immédiat.
pierre TINTIN
03/04/2019
Bravo OLIVIER
cf
03/04/2019
FSPF, l'USPO, Fédergy et autres signataires orientent les réformes pour la seule survie des grosses officines, seules capables de réaliser les nouvelles missions.. Celles ci sont (théoriquement) réservées pour des pharmaciens diplômés. A 60 000 euros de coûts annuels chacun, cela laisse peu de chances à 50 % des officines...
URBANIAK CHRISTOPHE
03/04/2019
Cher Confrère, Si des pharmacies font faillite ou sont invendables, ce n'est pas par faute de capitaux (extérieurs ou pas d'ailleurs...). C'est par manque de rentabilité, car malheureusement, il existe désormais une taille critique pour les officines qui fait qu'en dessous d'un certain seuil d'activité, l'officine ne génère pas assez de recettes pour faire face à ses dépenses. Et si des capitaux extérieurs devaient arriver en officine, soyez certains que ce ne sera pas pour renflouer des pharmacies en difficulté.. Au contraire, ces capitaux auront pour but d'obtenir un retour sur investissement, y compris en poussant le développement des grosses officines, ce qui fera mourir les petites encore plus vite, et sera préjudiciable au maillage....
Ajouter un commentaire
No images were found.

Articles similaires