L’ambroisie : un problème de santé publique national selon l’ANSES

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) s’est penchée sur la question de l’impact sanitaire et économique de l’ambroisie en France. « Nos résultats désignent l’ambroisie comme une problématique de santé publique à l’échelle nationale, tant sur les territoires où son implantation est forte que sur des régions nouvellement ou encore peu infestées », conclut le rapport de l’agence publié le 4 décembre.
Présente dans la vallée du Rhône depuis le milieu du XXème siècle, l’ambroisie à feuilles d’armoise n’a cessé depuis de se propager sur le territoire national, provoquant en particulier le développement d’allergies. Pour freiner sa propagation, l’Agence préconise la mise en place d’actions concertées de lutte à l’échelle locale, y compris dans les zones encore peu concernées. Elle souligne également l’importance d’optimiser la surveillance des pollens d’ambroisie et de sensibiliser les professionnels de santé et le grand public à l’importance de leurs effets sur la santé.
L’ambroisie à feuilles d’armoise se développe préférentiellement dans certaines cultures agricoles (tournesol, maïs) avec pour conséquences des pertes importantes de rendement, et d’autres milieux tels les bords des cours d’eau, de route, etc.
Elle émet un pollen fortement allergisant qui entraîne les mêmes symptômes que d’autres pollens chez les personnes allergiques souffrant de rhinite (éternuements, obstruction nasale, conjonctivite, rougeur, gonflement des paupières…) et impacte fortement leur qualité de vie. En France, le pic de pollinisation a lieu entre mi-août et mi-septembre.
D’abord présente dans la vallée du Rhône, sa propagation s’est accélérée depuis les années 1960. La plante est aujourd’hui présente dans de nombreux territoires français avec des niveaux d’infestation variables. Sa propagation est favorisée par certaines activités humaines : le transport de sol ou de semences contaminés par l’ambroisie, les machines agricoles et/ou de fauchage, l’alimentation animale, etc.
Selon l’Anses les coûts annuels associés à l’ambroisie correspondent à des coûts de prise en charge médicale (médicaments, consultations) estimés entre 59 millions et 186 millions d’euros, des coûts des pertes de production, basés sur les arrêts de travail, entre 10 millions et 30 millions d’euros par an et des coûts de la perte de qualité de vie des personnes allergiques entre 346 millions et 438 millions d’euros par an.
Un accroissement de ces coûts est attendu à l’avenir, en raison de l’élargissement prévu des zones infestées par l’ambroisie notamment en lien avec le changement climatique. Un contrôle strict de la propagation de la plante s’avère donc nécessaire pour limiter les conséquences négatives de l’ambroisie sur la santé.
 
Source : ANSES 04/12/2020
Commentaire
Soyez le premier à commenter cet article
Ajouter un commentaire
No images were found.

Articles similaires