Antibiotiques : les étudiants penchent pour une délivrance à l’unité

Le 13 novembre dernier, l'Association Nationale des Etudiants en Pharmacie de France (ANEPF) et l'Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF) présentaient leur projet sur l'antibiorésistance, cause de 5 543 décès par an chez des patients atteints d'infections à bactéries résistantes (Ministère des Solidarités et de la Santé) en France, et de 33 000 décès par an à l'échelle européenne. Dans le monde, plus de 750 000 décès sont causés chaque année par des bactéries résistantes, une des 10 menaces les plus sérieuses pour l'humanité selon l’OMS.
La contribution des étudiants sur l'antibiorésistance, construite à la suite de différentes étapes (témoignages d’experts, hackathon), a conduit à la rédaction de 38 propositions autour de la formation des professionnels de santé, la médecine humaine, la santé publique, l'innovation sociale et sociétale, l'innovation médicale et pharmaceutique, le monde animal et l'environnement.
L'intégration de l'interprofessionnalité dans les enseignements des futurs soignants et la sensibilisation au plus tôt au concept de « one health » en font partie, tout comme l’intégration de l'antibiorésistance dans la formation continue afin d’actualiser les pratiques de dispensation des antibiotiques. Selon l’ANEPF, la dispensation à l'unité, aurait une utilité double d'un point de vue écologique et en termes d'observance. « À long terme, le but serait de s'en servir pour lutter contre l'automédication qui provoque de la résistance antibiotique ». 1 personne sur 10 en France prend des antibiotiques de sa propre initiative sans respecter les conseils de prise, un chiffre qui s'élève à 1 personne sur 4 pour la tranche d'âge des 18-24 ans (source : Cyclamed). Autre suggestion forte, celle d’utiliser l'intelligence artificielle en rentrant toutes les données d’un patient en lien avec les antibiotiques, prédire ainsi quel antibiotique sera efficace ou non et initier une véritable médecine personnalisée. Un axe environnement reprend enfin la contribution précédemment réalisée par l'ANEPF qui devrait publier au printemps prochain une contribution européenne cette fois pour renforcer son engagement.

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Source : ANEPF 14/12/2020
Commentaire
Hervé B
21/12/2020
Ça ne changera rien. Pour que tout comprimé dispensé soit avalé, il faudrait faire venir le patient à l'officine chaque jour et lui donner la becquée. C'est la mauvaise observance qu'il faut combattre, sinon il restera toujours des comprimés non utilisés dans las armoires à pharmacie familiales.
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