Coronavirus : le gouvernement accélère sur les tests rapides

Sans attendre l'avis des sociétés savantes et de la Haute Autorité de santé, un arrêté pris ce mercredi par Olivier Véran permet aux Agences régionales de santé (ARS) de mettre en place des opérations collectives de dépistage par tests antigéniques, expérimentés depuis quelques jours par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).
Cela se fera « à titre exceptionnel et dans l'intérêt de la protection de la santé », est-il indiqué dans l'arrêté. Les personnes testées devront être informées qu'il ne s'agit que d'un test « d'orientation diagnostique ». S'ils sont positifs, ils devront le confirmer en réalisant un test PCR. De plus, les personnes symptomatiques et les « cas contacts » identifiés par l'Assurance-maladie, publics prioritaires bénéficiant d’horaires dédiés et d’un coupe-fil dans les laboratoires, doivent être dépistés par PCR.
Cet arrêté ne laisse pas les professionnels sans réaction. Pour François Blanchecotte, Président du Centre national des professions de santé et du syndicat des biologistes, l'autorisation des tests antigéniques est jugée précipitée. « Il faut être prudent avant d'autoriser de nouveaux tests », répète-t-il dans les Echos. « De toute façon, comme rien n'est prévu pour le remboursement, nous ne pouvons pas facturer. Donc nous n'allons pas en acheter », explique -t-il encore. Selon François Blanchecotte, le passage aux tests antigéniques marque aussi un pas en arrière en termes de productivité : « Je ne vais pas mettre mes techniciens à lire manuellement des barrettes colorées alors qu'on a mis en place des machines pour automatiser et accélérer les traitements ! » déclare-t-il. L’arrivée de nouvelles machines et les embauches récentes devraient permettre aux biologistes de passer le cap des 1,5 million de tests par semaine. Dans le même temps, les tests salivaires devraient être disponibles « fin septembre ou début octobre », a promis Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique Covid-19. Sans attendre, les syndicats de pharmaciens ont pris position pour que la profession puisse proposer les tests antigéniques nasopharyngés et salivaires idéalement réalisés sous la forme de TROD afin de fournir des résultats rapides aux patients dès que possible.

Source : Les Echos 16/09/20 et Celtinews 18/09/2020
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