Hydroxychloroquine : sujet d’examen qui fait polémique à Marseille

La faculté de pharmacie de la Timone a confirmé que deux sujets portant sur l’hydroxychloroquine ont été proposés en troisième et sixième années sans qu'une prise de position sur son efficacité n’ait été demandée aux candidats.
Une ordonnance médicale sur laquelle figure une prescription de Plaquenil était à commenter. Un étudiant a dénoncé sur Twitter un « forcing » obligeant les candidats à donner leur opinion sur un sujet polémique. Et ce, bien que rien n'indique dans l'énoncé qu'il faille prendre parti en faveur du traitement proposé par le Pr Didier Raoult, directeur de l'IHU de Marseille et fervent défenseur de cette molécule dans le traitement du Covid-19.
Ce sujet destiné aux étudiants de sixième année en filière « officine » était proposé par Stéphane Honoré, président de la Société de pharmacie clinique et cosignataire en avril d'un article avec Didier Raoult sur l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19.
L'autre sujet, adressé aux candidats de troisième année portait sur la pharmacocinétique de la molécule mais pas sur son efficacité. Il était attendu des étudiants « De comprendre que, quand on prend un médicament à telle heure, avec telle dose, il va passer par tel compartiment et va se dégrader », a expliqué François Devred, vice-doyen de l'UFR de pharmacie.
Mais c'est le sujet sur le « commentaire technique d'ordonnance », qui a le plus fait parler de lui. « C'est un exercice classique qui consiste à donner une ordonnance réelle ou fictive aux étudiants pour qu'ils en fassent l'analyse critique sur le fond et sur la forme », selon le commentaire du vice-doyen. Les étudiants devaient « regarder les interactions médicamenteuses, la signature du médecin, s'assurer que le traitement prescrit soit légal, etc. ». Le but était de dire pourquoi « il ne fallait pas délivrer ce type d'ordonnance ».
L'ordonnance n'était pas signée, présentait de nombreuses contre-indications médicales et enfreignait la législation, puisque la prescription et la délivrance de Plaquenil sont restreintes en officine depuis fin mars aux traitements de certaines maladies chroniques ou auto-immunes. En aucun cas, les étudiants ne devaient rentrer dans la polémique.
Pour le vice-doyen François Devred, le choix de la molécule d'hydroxychloroquine dans les sujets d'examen en 2020 à Marseille est plutôt « normal », collant à l’actualité.
En conséquence de ces critiques, la faculté de pharmacie de la Timone a annoncé dans un premier temps que la question ne serait pas prise en compte dans l'évaluation finale, mais la direction est revenue depuis sur sa décision. « Les étudiants ayant correctement traité l'exercice, la question ne se pose plus ». Cette polémique aura permis de rappeler le rôle des pharmaciens en officine, derniers remparts avant l’erreur médicale.

Source : France Info 25/06/2020
Commentaire
Hauchecorne Philippe
30/06/2020
Un pharmacien doit être capable de faire face à toutes les ordonnances. Si celle-ci pose problème comment ces pharmaciens vont réagir aux multiples sujets de discussion lors de la délivrance au quotidien !!
GG
30/06/2020
MERCI DIDIER RAOULT d'avoir sensibilisé nos "SACHANTS" sur une telle thématique de question qui naurait jamas été imaginée en 2019 avant COVID, l'époque où personne (ormis les malades traités) ne s'intéressait au PLAQUENIL ...en VENTE LIBRE.
pharma56
29/06/2020
Idem. Commenter une ordonnance sur le fond est souvent difficile, car nous ne savons pas grand chose du diagnostic posé. Notre rôle est de rendre le traitement le plus efficient possible, pas de juger de la pertinence de ce traitement. Cependant, il est vrai que certaines ordonnances peuvent nous laisser très dubitatifs...
garcia philippe
29/06/2020
Perso, le sujet ne me choque pas plus que les autres prescriptions quotidiennes hors AMM du type diazepam dans un torticolis...
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