Confinement : un tiers des Français en détresse psychologique

L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) ​vient de publier le volet 1 des résultats de l’enquête COCLICO​ (Coronavirus Containment Policies and Impact on the Population's Mental Health) portant sur la période du 3 au 14 avril. Son but est de déterminer l’ampleur de la détresse psychologique survenue dans la population française métropolitaine de plus de 18 ans, vivant en ménage ordinaire, au cours des premières phases du confinement pour en identifier les facteurs associés.
Une détresse psychologique a été observée chez un tiers des Français, dont 12 % présentent une détresse d’intensité sévère. « Il apparaît en particulier une aggravation des problèmes de tension ou stress, de sommeil ou de concentration et du sentiment d’être malheureux ou déprimé », selon cette l’enquête.
Les femmes présentent un risque de détresse psychologique plus important que les hommes. L’exposition avérée ou possible au virus a joué sur la santé mentale mais pas la vulnérabilité face au virus. Au contraire « le confinement pourrait jouer un effet protecteur sur les populations les plus à risque d’infection sévère en limitant leur sentiment d’exposition au virus », notent les auteurs. D’autre part, « les activités quotidiennes des personnes âgées sont moins impactées que celles de la population active » alors qu’en même temps « les nouvelles activités domestiques induites par le confinement pourraient reposer davantage sur les femmes ».
Le fait d’être atteint de maladie chronique est également associé à un risque accru de détresse psychologique (stress lié à un moindre recours aux soins, difficultés d’accès aux soins intensifs et de réanimation). Le volet 2 de l’enquête COCLICO sera en partie consacré aux problématiques d’accès aux soins pour les malades chroniques pendant le confinement.
Suivant l’étude de l’IRDES les vulnérabilités préexistantes sont également amplifiées par le confinement. Les personnes ayant eu des soins de santé mentale dans les 12 derniers mois par exemple sont plus exposées. Les conditions de confinement n’ont par ailleurs pas été neutres. Plus il y a de personnes dans un foyer, plus elles sont susceptibles d’être en détresse psychologique. La dégradation de la situation financière du foyer et le temps passé sur les réseaux sociaux (exposition à un grand nombre d’informations potentiellement anxiogènes) augmentent aussi le risque de détresse psychologique pendant le confinement.
« Ces résultats encouragent le développement d’actions ciblées à destination de ces populations, que ce soit pour favoriser leur accès aux soins de santé mentale ou pour modérer l’impact social et économique de nouvelles mesures de confinement si elles devaient être reproduites » indiquent les auteurs.

Source : IRDES 22/06/2020
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