Les professions de santé au service de « contact Covid »

Le décret d'application autorisant le traçage des malades du coronavirus a été publié hier matin. Le fonctionnement du « contact tracing » repose sur deux bases de données désormais opérationnelles : le fichier Contact Covid et SI-DEP, qui centralisera l'ensemble des résultats de tests PCR réalisés, alimenté par les laboratoires de biologie médicale.
Dans cette stratégie gouvernementale, les médecins généralistes seront appelés à repérer les personnes avec lesquelles un patient touché par le covid-19 a été en contact, moyennant une majoration de 2 à 4 euros par contact supplémentaire. 
Lors d'une conférence téléphonique organisée par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis), Nicolas Revel, directeur de l'Assurance maladie, s'est dit « choqué » par les critiques que ce mode de rémunération suscitait. Et notamment la « prime à la délation » dénoncée par certains, rapporte le quotidien Les Echos.
« Aucune sanction n'est prévue en cas de refus de répondre, de faire un test ou de s'isoler », a souligné Nicolas Revel. Les malades peuvent aussi s'opposer à la communication de leur identité aux « cas contacts » qu'ils auront désignés.
Il a par ailleurs indiqué qu'une deuxième consultation permettant au médecin de remonter les contacts du malade en dehors du cercle familial était envisagée avec la proposition faite au ministre de la Santé qu’elle soit remboursée à 100%.  
La réactivité des patients d’aller voir leur médecin mais aussi l’accompagnement des malades sont identifiés par le directeur de l’Assurance maladie comme deux conditions essentielles à la réussite de cette stratégie de déconfinement. 
Au-delà du suivi des patients, les infirmières libérales pourront réaliser des prélèvements dans des centres dédiés en ville ainsi qu’au domicile des patients avec une cotation prévue de cet acte. Connectés à la base Contact Covid, les pharmaciens seront rétribués pour distribuer gratuitement des masques chirurgicaux aux malades du covid-19 et aux contacts enregistrés dans le fichier. Ils percevront une rémunération forfaitaire de 2 euros pour un volume correspondant à 14 jours d'utilisation. Un forfait équivalent est prévu pour la distribution de masques aux personnes vulnérables pour une durée d'un mois. « Cela signifie que l'on ait les quantités », a admis Nicolas Revel.
Alors que l’on enregistre actuellement 4000 à 5000 nouveaux cas d'infection par jour, loin des pics enregistrés au plus fort de la pandémie, le directeur de l'Assurance maladie défend qu’un dépistage industriel n’a pas de sens mais que l'objectif de 100 000 tests quotidiens est réaliste. La vraie question reste celle de la date à laquelle cet objectif est atteint. Une capacité équivalente à celle déployée actuellement par l'Allemagne, selon Nicolas Revel.

Source : Les Echos 13/05/2020
Commentaire
Soyez le premier à commenter cet article
Ajouter un commentaire
No images were found.

Articles similaires