Le temps de la recherche n’est pas celui des médias

« La vérité scientifique ne se décrète pas à l’applaudimètre. Elle n’émerge pas du discours politique, ni des pétitions, ni des réseaux sociaux. En science, ce n’est ni le poids majoritaire ni l’argument d’autorité qui font loi », s’insurge l’Académie nationale de médecine.
Dans le cas du Covid-19, en l’absence de traitement de référence susceptible de servir de comparateur, chaque médicament candidat doit être comparé à un placebo. 
« Mais les prises de positions passionnelles, voire compassionnelles, en faveur de l’hydroxychloroquine avant tout essai comparatif ont été si nombreuses, et les pressions si fortes dans un contexte anxiogène, que les patients n’acceptaient d’entrer dans l’essai qu’avec la certitude de ne pas être inclus dans le bras placebo ». Rares étaient donc les patients qui acceptaient de contribuer à l’avancée de la science, dénonce l’Académie.
Par ailleurs, l’évolution spontanément favorable de l’infection par le SARS-CoV-2 dans 85% des cas impose de recruter un grand nombre de participants pour démontrer l’efficacité d’un traitement dans la phase initiale de la maladie. « Or, la regrettable dispersion des essais limite la taille des effectifs et réduit la puissance statistique des résultats » analyse encore l’Académie. « Enfin, le battage médiatique en faveur de l’hydroxychloroquine se déportant secondairement vers le remdesivir et le tocilizumab sur la foi de modestes résultats préliminaires, il importe de rester prudent en attendant leur confirmation ».
Si le contexte de la pandémie stimule la compétition entre les équipes de recherche du monde entier, précipiter l’évaluation d’un candidat médicament n’est pas la solution mais expose les patients à d’éventuels effets adverses sans être sûr de leur apporter un bénéfice, résume les académiciens avant de conclure « Le temps de la recherche et de la science n’est pas celui de l’immédiateté des médias et des réseaux sociaux ». 

Source : Académie nationale de médecine 08/05/2020
Commentaire
alindust
12/05/2020
Et pan dans le bec de Raoult et de ses collègues qui l'ont soutenu, notamment via la pétition démagogique menée par Douste sur le thème " l'HCQ pour tous et immédiatement " ! Encore eut-il fallu expliquer aux innombrables pêcheurs courant vers la montagne écouter le sermon du Prophète, que l'évaluation d'un médoc ne peut être décrétée qu'à la faveur d'un minimum de sécurité...d'autant que le fameux candidat médoc ne présentait a priori pas plus de données que les milliers d'autres molécules connues, fiables pour s'attaquer efficacement à un virus dont on ne savait strictement rien qqes semaines avant !
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