Hydroxychloroquine : les Académies de médecine

Les Académies nationales de Médecine et de Pharmacie constatent que la démonstration de l’efficacité clinique de l’hydroxychloroquine n’est pas faite à ce jour, même s’il existe des présomptions, en particulier la négativation de la charge virale d’un certain nombre de patients, qui justifient sa prise en considération par la mise en œuvre urgente d’essais cliniques.
L’Académie nationale de Médecine considère que « la libération par les pouvoirs publics de l’hydroxychloroquine pour les malades hospitalisés en détresse respiratoire ne constitue pas une réponse adaptée pour des patients dont la charge virale est, à ce stade, le plus souvent inexistante et dont la maladie n’est plus une virose stricto sensu mais une défaillance pulmonaire liée à l’inflammation induite par le Sars-CoV-2 ».
Les Académies nationales de médecine et de pharmacie considèrent que l’essai européen Discovery dont la méthodologie répond aux critères internationaux de bonne pratique des essais cliniques, permettra de déterminer si l’hydroxychloroquine ou d’autres molécules antivirales ont une efficacité chez les patients Covid-19.
Mais, au-delà des débats en faveur ou en défaveur de l’hydroxychloroquine à utiliser dans tel ou tel stade de la maladie, les Académies nationales de médecine et de pharmacie s’inquiètent : des nombreux achats d’hydroxychloroquine par des personnes non atteintes, alors que toute prescription hors AMM devrait relever de la seule responsabilité du prescripteur à l’hôpital ; de l’utilisation de ce produit à des posologies individuelles sans surveillance médicale stricte ; de l’utilisation possible sinon probable de ce médicament sans contrôle électrocardiographique initial ni suivi ; du danger que représentent les interactions médicamenteuses ignorées des patients entre l’hydroxychloroquine et certains des médicaments qu’ils prennent habituellement ; de confusions possibles dans la population entre chloroquine et hydroxychloroquine avec toutes ses conséquences si l’hydroxychloroquine devait être utilisée sur de grands effectifs de sujets, en particulier âgés et polymédiqués, même pour une durée brève ; de la vente d’hydroxychloroquine sur Internet, voire de la vente de médicament falsifié sous ce nom ; de la difficulté prévisible de se procurer l’hydroxychloroquine pour les patients présentant une maladie auto-immune ou un rhumatisme inflammatoire alors qu’elle est indispensable à la poursuite de leur traitement habituel.

Source : Académies de médecine et pharmacie 06/04/2020
Commentaire
GG
09/04/2020
Aucun médecins, aucun scientifique, aucun professeur digne de ce nom n'a jamais contesté cette évidence. La vraie question n'est pas la méthodologie de délivrance et de surveillance avec et sous controle médical strict (médecin) mais l'opportunité temporel de prescription et l'état physio-pathologique du patient pour recevoir ce traitement. Le produit ne soigne pas il baisse "l'agressivité' (potentiel de charge) du virus et ses effets collatéraux induits par la stimulation de défense de l'organisme qui le reçoit (une variable non négligeable).
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