Polémique autour du projet de loi sur la vente de médicaments en ligne

Le projet de loi ASAP (Accélération et simplification de l'action publique), qui prévoit de permettre la vente de médicaments en ligne sans qu'ils soient forcément stockés dans une pharmacie a été présenté hier en Conseil des ministres. Même si seuls les médicaments sans prescription médicale sont concernés, ce texte préparé par Bercy, suscite l'inquiétude des pharmaciens et provoque un véritable tollé au sein de la profession. Le Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP) y est opposé et les syndicats sont prêts au conflit y compris en fermant les officines comme cela avait été le cas en 2014, afin de faire reculer le gouvernement.
« Inutile et imprudent » pour les patients, pointe l'USPO, qui craint qu'à terme des plateformes de e-commerce, comme Amazon, ne se lancent dans cette activité.
« On risque d'aller vers une 'ubérisation' de la santé et on renvoie la pharmacie dans la case commerce », regrette vivement Gilles Bonnefond, Président de l’USPO, interrogé par LCI.  À ses yeux ce projet de loi marque la perte de contrôle sur le médicament et va à l’inverse du travail mené depuis deux ans avec Agnès Buzyn.  Ces mesures ouvriraient une brèche dans laquelle des plateformes d'e-commerce pourraient s’engouffrer, comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis avec Amazon Pharmacy. « Ce texte introduirait en effet dans le code de la santé publique la notion de plateforme. Et, à terme, Amazon, par exemple, pourrait s'associer à des pharmaciens pour proposer la vente en ligne de médicaments », craint-il. 
Il semblerait bien que seule la pharmacie en ligne française LaSanté.net salue ces propositions qu’elle décrit comme « progressistes dont le seul but est d'offrir aux patients un service moderne et adapté aux modes de consommation actuelles ».

Sources : LCI, LaSanté.net 05/02/2020
Commentaire
Marie-Odile MARCHAL
08/02/2020
"le SEUL BUT est d'offrir aux patients un service moderne...." : Ah ah ah !!!!
ledoc84
07/02/2020
Pour une fois je veux rester optimiste ; la petite pharmacie de proximité ne devrait pas trop pâtir des géants du net , nous ne faisons pas le même métier , nos patients seront toujours attachés au conseil du pharmacien et de son équipe "réelle" plutôt qu'au conseil virtuel . Les hypers pharmacies connectées verront à leur tour ce qu'une concurrence déloyale peut entraîner comme problèmes . Mais à l'heure où le ministère de la santé nous demande de remettre à juste titre certaines molécules derrière le comptoir comment comprendre ce recul ?
GARNIER PASCAL
06/02/2020
Eh bien, je pense que LaSanté.net acceptera avec joie l'entrée en lice d'AMAZON, CDISCOUNT et d'autres plateformes crées par CARREFOUR, AUCHAN (sans frais de livraison bien sûr) et, plus que logiquement (puisque la proximité n'est plus un argument depuis 2012) la vente de ces médicaments dans les parapharmacies des HYPERMARCHES et dans des téléachats. On verra la tête de LaSanté.net devant les géants. C'est un pas vers la délivrance de médicaments sur ordonnance avec 1/3 payant et tout ce qui va avec. Et pourquoi, au nom de l'Europe, ne pas laisser les plateformes européennes s'installer en France ? On verra ce que feront nos affairistes "pharmaciens" face à une véritable concurrence, ils ne sont que des petits poussins. La pharmacie de proximité mourra, il faudra faire des Km pour doliprane ou pour renouveler PREVISCAN ou KARDEGIC ou attendre 48 heures la livraison avec frais bien sûr puisque il y'aura un autre monopole des géants.
Richard P.
06/02/2020
La question à 10 doliprane : Lasante.net prévoit d'être racheté combien par Amazon ?
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