Plateformes de ventes en ligne : l’Académie de pharmacie inquiète

L’Académie nationale de Pharmacie exprime son inquiétude face au projet de loi Accélération et simplification de l’action publique (ASAP), qui prévoit d’assouplir les conditions d’ouverture de sites de vente en ligne des médicaments de prescription médicale facultative. L’Académie rappelle l’importance pour les patients d’un accès à ces médicaments qui prévienne les problèmes de surdosages, les effets indésirables et leur bon usage grâce au dialogue avec le pharmacien qui en assure le suivi par l’enregistrement dans le dossier pharmaceutique. Pour l’Académie il est indispensable de conserver l’obligation d’autorisation préalable par les Agences régionales de santé (ARS) pour la création de sites internet de commerce électronique de médicaments. Toute autorisation de local déporté qui constitue une porte ouverte à la création de grandes plateformes mutualisant les stocks de plusieurs officines, non contrôlables par chaque pharmacien titulaire, doit être évitée afin de prévenir tout problème de falsification. Il est aussi nécessaire de prévoir que les sites agréés par les ARS continuent à être dûment enregistrés par l’Ordre national des Pharmaciens pour permettre aux patients de vérifier la légalité des sites utilisés. « Comme l’indique le Conseil d’État, l’activité de vente en ligne de médicaments doit conserver un caractère complémentaire à la vente au comptoir de l’officine pour préserver une répartition équilibrée des officines de pharmacie sur le territoire et assurer ainsi un approvisionnement de l’ensemble de la population en médicaments sûrs et de qualité, y compris dans les parties du territoire jugées non attractives (CE, 26 mars 2018, n° 407289) » rappelle l’Académie.
L’Académie souligne enfin la contradiction du projet entre la réduction potentielle du nombre de pharmaciens adjoints et le développement des nouvelles missions du pharmacien prévues dans la loi Ma Santé 2022. En conclusion, l’Académie nationale de Pharmacie ne voit dans ce projet qu’un intérêt économique. « Comme la Ministre de la Santé, notre Académie défend en priorité la santé du patient et la Santé publique » affirme -t-elle.

Source : Académie nationale de pharmacie 07/02/2020
Commentaire
swann
15/02/2020
Bientôt le bénévolat
Marchal Marie Odile
12/02/2020
Aux "commerçants" la vente en ligne...et en gros..., aux autres la délivrance à l'unité....
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