Des officinaux attaquent un propharmacien en justice

Confusion dans le village de Séderon, dans la Drôme, après que les pharmaciens d'officine du secteur aient déposé un recours devant le tribunal administratif contre le Dr Antoine Guezennec, nouveau généraliste, quelques semaines seulement après de son installation. La raison : ce médecin a repris l'activité de propharmacie de son prédécesseur, parti en 2015, avec l'accord de l'Agence régionale de santé (ARS).
Pour les officinaux du secteur, cette activité de propharmacien n'est pas le reflet d'un besoin des habitants de ce village des Hautes Baronnies et des alentours et représente une concurrence. « Je pourrais perdre un tiers de mon chiffre d'affaires », a déploré Françoise Gillet, pharmacienne dans le village voisin de Montbrun-les-Bains au micro de France bleu. Françoise Gillet estime que depuis quatre ans, personne n'a manqué de médicaments et que les habitants des environs se sont débrouillés pour aller chercher leurs médicaments. Elle-même envoie les médicaments par colis ou fait appel à un coursier.
Pour le maire Jean Moullet, cette fronde est incompréhensible. Dans ce coin reculé, situé à une centaine de kilomètres à l'est de la sous-préfecture drômoise Montélimar, la pharmacie la plus proche de Montbrun-les-Bains se situe à 30 kilomètres aller-retour de Séderon. La deuxième, située à Buis-les-Baronnies, est éloignée de plus de 33 kilomètres. « La grande majorité de la population de Séderon est âgée, sans moyen de locomotion. Un médecin qui délivre des médicaments, c'est essentiel », clame le maire.

Sources : France Bleu 14/02/2020
Commentaire
Olivier Caillard
06/03/2020
Le précédent médecin de Séderon était déja pro-pharmacien. Oui bien sûr quand il n'y a pas de médecin et/ou de pharmacien à proximité on se débrouille.... Je suis très choqué aussi d'apprendre que des médecins de la région se sont rangés du côté de ces pharmaciens... Quel accueil réservé à votre confrère... Le médecin de Séderon est maintenant obligé de payer les frais d'un avocat pour se défendre de l'autorisation de vendre des médicaments qu'il lui a été donnée par l'ARS.
Bonnefoy Camille
18/02/2020
Arrêtons les querelles de rentabilité. Moi, je suis de leur famille et, j’ai honte. Combien de villages fantômes faut-il pour que la France se souvienne que l’humain est un vivant et non un ratio. Je sais ce que je dis. J’ai " la colère "...
Yvon KLEIN
17/02/2020
Je pense qu'il faut prendre en compte la spécificité de ce cas : un village et une région privée de médecin pendant 4 ans, une population très âgée, et une situation géographique de montagne : pour rejoindre la pharmacie, il faut passer un col, et ce n'est pas facile en toutes saisons... Mais toutes mes remarques sont des remarques de patients, pas de pharmaciens...
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