Virus en Chine : une ampleur dissimulée ?

Le virus, de la même famille que le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), a contaminé plus de 200 personnes en Chine depuis le mois dernier et déjà fait trois morts alors que la Corée du Sud a confirmé lundi un premier cas, aggravant les craintes d’une propagation de l’épidémie.
L'épidémie jusqu'ici confinée à Wuhan (centre), une agglomération de 11 millions d'habitants où le virus a fait son apparition, s’est étendue à d’autres villes du pays, ont signalé ce lundi les autorités chinoises. Deux cas à Pékin (Nord) et un autre à Shenzhen, la métropole de l'extrême sud, face à Hong Kong. Plus de 200 personnes ont à présent été contaminées dans tout le pays à quelques jours des grands chassés-croisés du Nouvel An chinois.
Toutes les personnes contaminées s'étaient rendues à Wuhan au cours des dernières semaines. Les patients hospitalisés dans la capitale sont dans un état stable et traités pour une pneumonie, indiquent les autorités sanitaires locales qui se veulent rassurantes sur le risque de transmission du virus entre humains jugé « faible », même s'il n'est « pas exclu ».
Le foyer de l'épidémie semble être un marché de Wuhan spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons, où plusieurs patients contaminés travaillaient. Il a depuis été fermé et des opérations de décontamination ont eu lieu. La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus qui peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère). Hautement contagieux, ce virus avait tué 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003. 
Lors de la pandémie, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de la maladie. L'inquiétude est désormais perceptible à l'étranger, où les mesures de prévention se multiplient, alors qu'un premier cas vient d'être détecté en Corée du Sud.
Depuis vendredi, les États-Unis filtrent les vols en provenance de Wuhan à l'aéroport de San Francisco et à l'aéroport JFK de New York, qui reçoivent des vols directs de Wuhan, ainsi qu'à celui de Los Angeles, où sont assurées de nombreuses correspondances. La Thaïlande, où deux cas ont été recensés, a également renforcé les contrôles dans ses aéroports. Les autorités de Hong Kong ont renforcé leurs mesures de contrôle aux frontières du territoire autonome, notamment avec des détecteurs de température corporelle.
Ce week-end, des scientifiques d'un centre de recherches de l'Imperial College à Londres, qui conseille des institutions comme l'OMS, ont mis en doute les chiffres officiels estimant que le nombre de contaminations dépassait probablement le millier au 12 janvier. Le calcul des chercheurs se fondent sur le nombre de cas détectés jusqu'à présent hors de Chine pour en déduire le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, sur la base des données des vols internationaux au départ de l'aéroport de Wuhan.

Source : AFP 20/01/2020
Commentaire
Soyez le premier à commenter cet article
Ajouter un commentaire