Ruptures de stock : des conséquences sanitaires méconnues

Le centre régional de pharmacovigilance (CRPV) Nord-Pas-de-Calais, une des 31 structures chargées de veiller à la sécurité des produits de santé sur le territoire s’est intéressé aux conséquences des ruptures d’approvisionnement de médicaments, situation devenue on ne peut plus courante puisqu’en 2019, un millier de traitements ou vaccins ont été en tension ou manquants (anti-infectieux, antidouleurs, anti-inflammatoires, anticancéreux, etc). 
Les spécialités proposées en remplacement n’ont pas toujours les mêmes caractéristiques. Par deux fois, « la survenue d’un état morbide avec baisse des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes sanguines a été relevée chez des patients habituellement traités par la Bélustine (anticancéreux) en boîte de 5 gélules de 40 mg, remplacée, lorsqu’elle est introuvable, par le Cecenu (boîte de 20 gélules de 40 mg), venu d’Allemagne. Cela a conduit à un surdosage, les malades prenant en une fois la totalité de la boîte. L’un d’entre eux est décédé ». À la demande du Point qui relate ces faits, Sophie Gautier, directrice adjointe du CRPV de Lille, a interrogé ses homologues des autres régions. D’autres situations ont ainsi été remontées. « Par exemple, un patient épileptique en manque de Mysoline a fait une crise. Ou encore un jeune enfant atteint d’une laryngite banale a finalement été hospitalisé pour une infection sévère à la suite d’un surdosage en corticoïde lié à une erreur de calcul du pharmacien lors de la substitution du Solupred prescrit par du Célestène ». 
Les conséquences sanitaires de ces ruptures de stocks sont inconnues des autorités. Une étude sera lancée de janvier à décembre 2020 par les CRPV afin de recenser de manière exhaustive les incidents et accidents qui leur sont liés.
 
Source : Le Point 12/01/2020
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