Le paracétamol contaminé par un virus mortel : info ou intox

Un message alarmiste circule sur Facebook mettant en garde contre l’usage d’un « nouveau type de paracétamol de couleur blanchâtre ». Selon cette publication, datant de 2017, mais encore largement partagée en 2019, le médicament serait contaminé par le virus Machupo, un des « plus dangereux au monde ».
La publication, reprise par plusieurs pages Facebook plus de 300 000 fois (ici plus de 120 000 fois, et ici près de 200 000 fois ), est composée d’une photo d’un pharmacien tenant des comprimés de Doliprane 1 000 au-dessus de laquelle a été ajouté un texte disant notamment ceci : « Les docteurs ont prouvé que le médicament (paracétamol) contient le virus “Machupo”, considéré comme un des virus les plus dangereux au monde, avec un degré de mortalité élevé». C’est bien sûr FAUX communique le journal Le Monde qui fait le point sur la question, sources à l’appui.
Malgré son nom méconnu, le virus Machupo existe vraiment. Il s’agit d’un Arenavirus que l’on trouve en Bolivie et qui provoque une fièvre hémorragique virale, selon le Collège des maladies infectieuses tropicales. Comme le précise l’Institut de recherche pour le développement, il est apparu à la fin des années 1950, lorsque le défrichement de la forêt amazonienne a détruit l’habitat d’un petit rongeur, Calomys callosus, qui a transmis le virus à l’homme par ses sécrétions. Lors des épidémies des années 1960, le taux de létalité était de près de 20 %, selon les autorités sanitaires canadiennes.
Quel lien alors avec le paracétamol en général et le Doliprane en particulier ? En France, la dernière alerte sur du paracétamol relayée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) remonte à 2007​, et concernait une contamination microbienne.
Contacté par Le Monde, le service de communication de l’ANSM confirme qu’il n’y a « pas eu de signalement de contamination de médicaments à base de paracétamol par le virus Machupo » et qu’« aucun produit portant le nom P-500 ou P-1000 n’est commercialisé en France ». Plusieurs sites de vérification de l’information ont déjà démonté cette rumeur qui circule depuis près de trois ans dans des pays différents. Il n’y a donc aucun risque d’être contaminé par un virus mortel en ingérant un comprimé de paracétamol. Ce médicament, extrêmement fréquent, comporte en revanche d’autres risques expliquant l’avertissement contre son surdosage et la fin de son accès libre dans les pharmacies.
 
Sources : Le Monde 31/12/2019
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