Espagne : quand les influenceuses recommandent des antibiotiques

Il y a quelques mois, l’ordre des pharmaciens espagnol (le CGCF) a remarqué une forte hausse de la demande d’Eridosis, suite à des vidéos d’influenceuses recommandant ce médicament contre l’acné aux internautes qui les suivent. 
De plus en plus, les influenceuses de mode ou de beauté espagnoles recommandent des médicaments dans leurs vidéos, comme elles le feraient pour un parfum ou un cosmétique. Elles préconisent de la muropicine pour traiter les infections, de l’aciclovir contre l’herpès ou du Frenadol pour mieux dormir (un médicament prescrit contre les états grippaux) … alors que la publicité sur ces médicaments soumis à prescription médicale est strictement interdite par la loi, sans parler des dangers encourus pour la santé.
Face aux accusations du CGCF, les autorités ont commencé à examiner les contenus problématiques sur YouTube et les réseaux sociaux, demandant à la plateforme de retirer les contenus publicitaires illégaux dès leur mise en ligne ou de bloquer leur accès.  
Si Google s’est montré prêt à collaborer avec les autorités sur le sujet, la plupart de ces vidéos de promotion se trouvent sur Instagram. Et les influenceuses ne semblent pas réceptives aux critiques des professionnels de santé, comme le montre cette réponse de l’instagrammeuse Maria Carriedo : « Avec la muropicine, mon infection est partie en deux jours. […] Peu importe si c’est sur ordonnance, ça a fonctionné pour moi. Le reste, je m’en fiche complètement ».
Selon Ana López Casero, du CGCF, l’ampleur du problème s’explique aussi par « l’ignorance » des citoyens quant aux risques pour leur santé et « la banalisation » de la prise de médicaments, reprend Courrier International.

Source : Courrier International 10/01/2020
Commentaire
JPM
14/01/2020
Il est vrai que l'ignorance et la bêtise sont est un problème sur le net. Le néologisme "influenceur (ceuse)" n'a-t-il pas été inventé pour exploiter cette masse imbécile qui s'agglutine sur les moindres sites où une personne gesticule en agitant un produit ou objet miracle. Moyennant rétribution arrière ? Distinguons-nous de cette affligeante réalité en ayant une déontologie impeccable et en ne proposant et conseillant que de vrais médicaments avec AMM et non des placebos "brûleurs de graisses" ou cosmétiques miracle en vente "en pharmacie, sur Amazon et chez Sephora" pour reprendre le libellé de la pub.
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