Attention aux compléments alimentaires contenant de la berbérine

Dans un avis publié le 25 novembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) estime qu’à partir de 400 mg/jour chez l’adulte, la berbérine agit comme un médicament, plus comme un aliment, et présente une activité pharmacologique avérée sur le système cardiovasculaire, nerveux, immunitaire ou sur le métabolisme. 
La berbérine est un alcaloïde qui se trouve dans l’écorce et les racines des plantes du genre berberis, mais également d’autres végétaux, comme l’hydraste du Canada ou le coptide chinois. En médecine traditionnelle chinoise, elle est utilisée en traitement contre les infections gastro-intestinales, mais en Europe, c’est surtout son action sur la glycémie ou la cholestérolémie qui font son intérêt. Depuis avril 2016, 229 produits à base de berbérine ont été déclarés en France auprès de la direction générale de la concurrence (DGCCRF), soit 0,6 % de l’ensemble des compléments alimentaires enregistrés sur la même période. En juin 2018, la DGCCRF a saisi l’ANSES, pour lui demander « de se prononcer sur les conditions les plus à même de garantir [leur] sécurité d’emploi ». 
La berbérine présente des effets pharmacologiques importants, confirmés par la littérature scientifique pour des doses à partir de 400 mg/jour, mais l’ANSES n’exclut pas que ces effets interviennent à des doses inférieures. Certains de ses effets, hypoglycémiant ou hypolipidémiant, peuvent être recherchés, d’autres effets indésirables comme la provocation de contractions utérines, non. L’ANSES déconseille ainsi aux femmes enceintes et allaitantes, aux personnes diabétiques, ou souffrant de troubles hépatiques ou cardiaques, et aux enfants et adolescents, de consommer ces produits. L’Agence met également en garde contre les interactions médicamenteuses notamment avec certains traitements anticancéreux.
Au niveau européen, la réglementation est très hétérogène mais selon les règles, aucune allégation de santé ne peut figurer sur ces produits.  
En février, l’Académie de pharmacie avait déjà dénoncé le flou réglementaire concernant les compléments alimentaires qui ne font l’objet d’aucune évaluation scientifique de leurs bénéfices et risques et doivent simplement être déclarés auprès de la DGCCRF. 

Source : ANSES 25/11/2019
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