Que disent les études sur les cigarettes électroniques ?

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient interdire la vente de cigarettes électroniques aromatisées afin de réduire leur attractivité pour les jeunes. Mais quelles sont les connaissances actuelles sur les dangers du vapotage ?
Le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage à haute température d'un liquide à l'intérieur de la cigarette électronique. Les liquides contiennent en général de la nicotine connue pour être addictive et pouvant affecter le développement du cerveau. Certains utilisateurs trouvent aussi des liquides au cannabis. Les liquides n'incluent pas de nombreuses substances dangereuses comme le goudron (cancérigène) ou le monoxyde de carbone (facteur de maladies cardiovasculaires), mais la vapeur contient des particules fines qui pénètrent les poumons. Il y a de « nombreuses substances potentiellement toxiques », a conclu un rapport des Académies américaines des sciences, en 2018. On y trouve notamment des métaux (nickel, plomb...), venant probablement de la bobine utilisée pour chauffer le liquide. Et un grand nombre d'additifs sont ajoutés, qui peuvent être classés sûrs sous leur forme liquide ou solide, mais dont l'effet est mal étudié lorsqu'ils sont vaporisés et rentrent dans les poumons. Quant au goût, les e-liquides existent parfumés au tabac, mais aussi avec des dizaines d'arômes différents, selon les marques : menthol, fruits rouge, vanille, mangue... 
Vapoter est-il moins dangereux que fumer ? Des experts anti-tabac arguent que les e-cigarettes sont moins nocives que les cigarettes, puisque la nicotine reste, mais pas les substances dont on sait avec certitude qu'elles sont cancérigènes.
Une étude réalisée au Royaume-Uni et publiée dans le New England Journal of Medicine a observé que les e-cigarettes étaient plus efficaces que les patchs, gommes et autres produits de substitution pour arrêter de fumer. Mais on n'a pas encore assez de preuves que le vapotage est une aide indiscutable au sevrage, a prévenu l'Organisation mondiale de la santé dans un rapport de juillet 2019. Dans tous les cas, les « système électroniques d'administration de nicotine », selon leur nom technique, « sont incontestablement nocifs et devront donc être régulés », dit l'OMS.
A plus court terme, aux Etats-Unis, à l'été 2019, une épidémie de maladies pulmonaires aigües a en outre fait plusieurs morts et envoyé des centaines de personnes aux urgences. La plupart avaient acheté des liquides au THC, la substance psychoactive du cannabis, mais on ignorait quel ingrédient, parmi les nombreux additifs, pourrait avoir endommagé les poumons. Une huile de vitamine E a été citée comme cause possible par l'Etat de New York, mais les autorités sanitaires fédérales n'ont pas confirmé que cette molécule était la coupable.
Un autre problème de l’e-cigarette concerne les jeunes qui ne fumaient pas au départ, et se mettent au vapotage. Outre la dépendance à la nicotine, des études ont montré qu'ils étaient plus susceptibles de se mettre à fumer du tabac et aux Etats-Unis, les autorités parlent d'épidémie dans les lycées, avec une domination des arômes fruités, menthe et menthol. L'interdiction prochaine des e-cigarettes aromatisées dans tout le pays vise à protéger cette jeunesse. Le gouvernement américain veut n'autoriser que les goûts tabac, à destination de ceux qui voudraient arrêter de fumer, tout en se réservant l'option d'aller plus loin.
 
Source : AFP 11/09/2019
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