Pauline, 16 ans, victime de la codéine

La fille de Christelle Cebo avait 16 ans quand elle est morte d’une surdose de codéine le 22 avril 2017. Dans un livre à paraître aujourd’hui, elle confie le récit « d’une tragédie en sourdine », relaie le Parisien qui a soutenu son combat.
Parfois, Pauline manquait quelques cours, sa mère l'autorisant à rentrer à la maison. Mais plutôt que prendre le chemin de son domicile, la jeune fille se mettait régulièrement en quête d'une pharmacie. Le 13 avril 2017, Pauline raconte ainsi qu'elle s'est lancée à la recherche de deux boîtes. « Ça me fera presque deux heures de marche, mais je m'en fous. […] J'en ai besoin. Et puis autant éviter de trop traîner dans les pharmacies autour de chez moi, ça m'évitera de me faire griller ». Plus loin, consciente de son addiction, elle admet « que c'est mal, que je ne devrais pas aller en acheter, mais c'est plus fort que moi, j'en ai besoin ».
Alors, elle se fournit régulièrement en antidouleurs ou en antitussifs codéinés, à l'époque en vente libre. À son chevet seront retrouvées trois plaquettes de comprimés : du Padéryl, du Klipal et une dernière de Tramadol, un antidouleur opiacé. 
C'est sur Internet que Pauline a découvert l'existence de la codéine. Au printemps 2016, elle confie son mal-être au fil d'un forum. Un garçon lui recommande de prendre deux comprimés d'opiacés, qu'elle va trouver dans la pharmacie familiale. Sur les mêmes forums, Pauline apprend à extraire le principe actif des comprimés... 
Chaque année, environ 400 décès sont ainsi imputés aux antidouleurs opioïdes en France, dont, en 2017, 19 pour la codéine. Depuis la mise sur prescription obligatoire des médicaments codéinés, mi-juillet 2017, leur consommation a nettement chuté. Pour les antitussifs, par exemple, « le nombre de cas d'usages détournés déclarés par les pharmacies a été divisé par six. Et le nombre de boîtes vendues en janvier 2018 a diminué de moitié par rapport au nombre de boîtes vendues en janvier 2017 », révèle Nathalie Richard, directrice adjointe des médicaments de la douleur et du système nerveux central à l'ANSM. Pour ce qui est des antidouleurs, si les chiffres récents doivent encore être consolidés, la baisse serait de l'ordre de 10 %. Dans le même temps, les pharmaciens notent un regain de présentation de fausses ordonnances. En un an, ces fausses prescriptions ont bondi de 15 %, selon l'ANSM. Les jeunes de rabattent -t-ils aussi désormais vers d'autres catégories de produits ? 

Source : Le Parisien 10/09/2019
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