750M d’€ pour refonder les urgences et mieux coordonner les soins

S'appuyant sur un rapport du député LREM Thomas Mesnier et du Pr Pierre Carli, président du conseil national de l’urgence hospitalière (CNUH), Agnès Buzyn a annoncé un plan d'une ampleur de 750 millions d'euros avec comme mesure prioritaire (340 millions d'euros), le développement d'ici l'été 2020 du Service d'accès aux soins (SAS), « un service distant universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français ».
Cette plateforme opérationnelle 24h/24 permettrait au patient d'avoir accès en ligne ou par téléphone à « un conseil d'un professionnel de santé, une téléconsultation, du télésoin, une consultation sans rendez-vous ou un service d'urgence », précise le ministère sans pour autant dévoiler si elle sera accessible par le 15 ou un autre numéro.
Cette plateforme SAS serait pilotée par le SAMU et les régulateurs libéraux membres des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). L'outil doit également intégrer une carte permettant de localiser « les structures disponibles à proximité de chez soi pour répondre à sa demande de soins : cabinet médical ou paramédical, pharmacie de garde, service d’urgence avec estimation du temps d’attente pour les soins courants etc ».
Pour réorienter les soins non programmés relevant de la médecine libérale vers la ville, Agnès Buzyn compte sur le déploiement des CPTS, dont l'une des missions est l'organisation de soins sans rendez-vous. La ministre souhaite également installer des maisons médicales de garde à proximité de 50 services d’urgence comptabilisant plus de 50 000 passages par an (288 millions d'euros).
D'autres mesures à destination de la médecine de ville ont été confirmées : la possibilité pour le SAMU de solliciter un transport sanitaire pour conduire un patient à un rendez-vous en libéral ou l'accès direct à des examens de biologie dans le cadre de consultations sans rendez-vous en ville. Le gouvernement entend également poursuivre le développement de protocoles de coordination avec les pharmaciens et les paramédicaux (27 millions d'euros). D'ici à la fin de l'année et après avis de la HAS, deux protocoles permettant un accès direct aux kinés seront mis en place pour la traumatologie bénigne (lombalgie aiguë et entorse de cheville). Quatre autres protocoles permettant la prise en charge par les pharmaciens et les infirmiers « de pathologies simples » (ex : le protocole cystite) seront également instaurés.
Concernant les personnes âgées, des moyens spécifiques seront alloués aux établissements pour organiser des admissions directes en service hospitalier depuis le domicile ou un EHPAD sans passer par les urgences. Enfin, les SAMU devraient à l'avenir être équipés en télémédecine. En pratique, l'utilisation d’un portail web permettra aux médecins régulateurs de déclencher à distance la caméra du téléphone portable des appelants, avec leur accord afin de les orienter plus finement.

Source : Le Généraliste 09/09/2019
Commentaire
Soyez le premier à commenter cet article
Ajouter un commentaire