Remboursement de l’homéopathie : les rumeurs vont bon train

Malgré l’avis de déremboursement de la Haute autorité de santé, Emmanuel Macron pourrait-il opter pour un remboursement à 15% ?
« Macron a choisi », titrait dimanche 7 juillet le JDD, indiquant que le chef de l’État se serait finalement décidé en défaveur des médicaments homéopathiques.
Selon l’hebdomadaire deux pistes seraient en fait à l’étude après que les experts de la HAS aient rendu un avis négatif le 28 juin : soit un déremboursement total (Agnès Buzyn s’était engagée à suivre l’avis de la HAS) mais différé, soit un passage à 15% de prise en charge.
La première option donnerait le temps aux laboratoires de s’organiser, en particulier le leader Boiron qui tire une grande partie de son chiffre d’affaires de l’homéopathie remboursée. Boiron met en avant les 1300 emplois et davantage en jeu, en comptant les sous-traitants, en cas de déremboursement. Sa voix a été portée par plusieurs élus locaux, en particulier le maire de Lyon Gérard Collomb ou les présidents des conseils régionaux d’Auvergne Rhône-Alpes (Laurent Wauquiez) ou des Hauts-de-France (Xavier Bertrand).
L’option 15% ménagerait un peu les pro-homéopathie et « contenterait les pharmaciens qui conserveraient ainsi la manne des honoraires de dispensation (1,02€ par boîte de médicament remboursable vendue, qu’elle soit ou non délivrée sur prescription) ». Mais, outre la colère d’une grande partie des professionnels de santé, de l’Académie de Médecine et de l’ordre des médecins, une telle décision ne ferait économiser à l’Assurance maladie qu’une partie des 130 millions d’euros actuellement dépensés chaque année pour le remboursement des médicaments homéopathiques (patients en ALD) et les mutuelles continueraient à rembourser à leurs clients la partie non prise en charge par la solidarité nationale avec un coût inévitablement reporté sur les cotisations. Cette option d’une prise en charge à 15% continuerait encore à laisser croire au grand public que l’homéopathie est une médecine parmi d’autres alors que ces produits n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité hors effet placebo. Ils bénéficient bien du statut de médicament, mais cela ne dit rien sur leur efficacité. Selon le code de la santé publique, un médicament se définit comme « toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives » mais contrairement à tous les autres médicaments, les produits homéopathiques bénéficient d’un passe-droit au niveau européen. Un remboursement à 15% serait aussi « un camouflet pour la HAS, qui précisait en présentant son avis que ne pas le suivre serait une première » indique par ailleurs le Figaro Santé. 

Source : Le Figaro.fr Santé 07/07/2019
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