L’homéopathie totalement déremboursée au 1er janvier 2021

Agnès Buzyn explique sa décision au Parisien - Aujourd’hui en France dans une interview exclusive initialement publiée mardi 9 juillet à 20h30.
Ayant toujours dit qu’elle suivrait l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS), Agnès Buzyn a donc décidé d'engager la procédure de déremboursement total de l’homéopathie qui sera effectif au 1er janvier 2021. Mais pour laisser le temps de la pédagogie et accompagner les patients, une période de transition sera organisée. À partir du 1er janvier 2020, une année de remboursement intermédiaire à 15 %, contre 30 % aujourd'hui sera mise en place, ce qui laissera aussi le temps aux industriels de s'organiser.
« La règle est que tout ce qui est financé par la solidarité nationale est d'abord évalué par la HAS, qui renouvelle son avis sur le service médical rendu tous les cinq à dix ans pour la grande majorité des traitements. Seuls les médicaments homéopathiques y ont échappé. En 1984, la ministre des Affaires sociales de l'époque, a décidé de son remboursement sans passer par cette procédure. C'était un choix pour développer l’industrie. Face à l'actuelle controverse dans l'opinion publique, j'ai saisi la HAS le 1er août 2018. Elle vient de rendre une évaluation indépendante et estime, après analyse de 800 études sur le bénéfice pour les patients, que ces granules ont une efficacicté équivalente à un placebo. Je suis donc son avis qui recommande le déremboursement ».
Agnès Buzyn, consciente de l’impopularité de cette mesure ne pense pourtant pas qu’elle freinera le recours à l’homéopathie « Car, déjà, une grande partie de ces médicaments ne sont pas remboursés. Pour les 1200 autres, consommés par environ 7 millions de Français en 2018, la somme moyenne remboursée est de 18 euros par an, soit moins de 1,5 euro par mois. L'an passé, les plus grands consommateurs n'ont reçu que 25 euros de l'Assurance maladie. Ils représentent moins de 1 % des Français. Je ne pense donc pas que cette mesure freinera le recours à l'homéopathie ».
Aux Français qui y sont attachés, la ministre souhaite profiter du débat sur l'homéopathie pour mener une réflexion plus globale sur le médicament. « L'objectif est d'arriver à en consommer moins. Il est possible de sortir d'une consultation médicale sans prescription ! ».
Les études ont montré que « ne pas prendre d'homéopathie n'entraîne pas un report vers plus de médicaments ou d'examens. Les deux ne sont pas liés. Au contraire, les gros consommateurs d'homéopathie ont tendance à utiliser plus de soins en général ».
Pour Agnès Buzyn, la décision prise n’est nullement économique « Si l'homéopathie était utile, nous continuerions à la rembourser. Nous le faisons pour de nouveaux médicaments innovants, très chers, mais que nous assumons car ils sont efficaces. Globalement, le coût des soins augmente d'année en année ». Au plan de l’emploi, la ministre ne pense pas que l'économie des laboratoires concernés sera déstabilisée « car les Français continueront à utiliser l'homéopathie. Sans compter que des marchés à l'international, notamment en Asie, sont en pleine expansion ». Cette mesure s’accompagnera d’une augmentation de la TVA de 2,1 % à 10 % et si les fabricants « souhaitent conserver leur marché, ils auront tout intérêt à garder des prix abordables ».

Pour lire l’intégralité de l’article et visionner la vidéo d’Agnès Buzyn :
http://www.leparisien.fr/societe/sante/agnes-buzyn-pourquoi-je-derembourse-l-homeopathie-09-07-2019-8113272.php

Source : Le Parisien 10/07/2019
Commentaire
YLM
12/07/2019
à BT : La pratique depuis de nombreuses années m’a appris que la médecine n’est pas une science exacte. L’homéopathie ne se limite pas à la prescription de granules ou de doses, elle commence par une consultation de 30 minutes minimum comportant une évaluation précise du patient, démarche qui se fait rare en médecine générale, à rapprocher certainement à la motivation financière qui semble vous interpeller. Il n’est arrivé de préparer sur prescription des gélules de placébo, avec un effet constaté, un remboursement de telles préparations ne serait pas un scandale scientifique. Tout cela pour dire que l’humilité dans le domaine de la Santé est une qualité, sauf à être bardé de certitudes ou d’arrogance. Quant aux connaissances scientifiques des pharmaciens, si vous ne les avez pas suivies, je vous invite à regarder les programmes des études de Docteur en Pharmacie.
potard inculte
11/07/2019
M. Perciot demandez-vous pourquoi on fait du double aveugle chez les animaux.......
trouillet yves
11/07/2019
L'état prends son pognon une fois de plus avec la TVA qui passe de 2,1 à 10. En plus il conseille au labo de ne pas augmenter le tube de granulés. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
YLM
11/07/2019
Etonnant, cette levée brutale de bouclier contre une démarche thérapeutique parallèle : consultation homéopathique, ordonnance... Dans le même esprit va t-on dérembourser les soins des cures thermales, les psychanalyses, les spécialités en PH2 ? BAS (basse autorité de Santé) prosternez vous devant les avis de la HAS et ses certitudes scientifiques.
ledoc84
10/07/2019
Tout à fait d'accord, très souvent (tout le temps !) réorientation vers d'autres médicaments plus chers et avec des effets secondaires plus importants. Mais bon encore une économie sur les médicaments comme d'habitude et il faut bien rembourser les NACO qui seront, je pense, bientôt pointés du doigt car sans antidote aux urgences mais qui en parle !
Wagner Philippe
10/07/2019
Si seulement on avait dans toutes les dépenses de l’État la même rigueur d’évaluation des bénéfices/coûts que sur le médicament, il n’y aurait plus de déficits mais là il faut plus de courage
bt
10/07/2019
Pharmacien = scientifique ? ... J'en doute au vu des commentaires… Bon la marge sur l'homéopathie est (très) confortable !
perciot bernard
10/07/2019
L'homéopathie n'est pas réservée que pour les humains il arrive dans donner aux animaux et ça marche aussi expliquez moi Mme BUZIN comment un animal peu faire la différence entre un soi disant placebo et un véritable traitement homéopathique ? Nous saurons nous souvenir aux prochaines élections de 2022, plus d'un million de personne ont voté contre le déremboursement sans parler des personnes qui sont d'accord et n'ont pas voté cela en fait des petits bultins ... cela se nomme se tirer une balle dans le pied la logique aurait été de laisser un remboursement à 15 pour cent !!! Pas fort les LREM
LEBORGNE Gérard
10/07/2019
Economie; je ne pense pas !!! La plupart du temps, le traitement sera réorienté sur l'allopathie beaucoup plus chère !!! Encore un mauvais calcul !!!
le potard
10/07/2019
Et que dire des nouveaux anticoagulants plus chers (63,70 euros) et sans antidotes par rapport au préviscan (3,96 euros). Là on hésite pas à donner l'AMM. Où sont les économies et la sécurité.
Ajouter un commentaire
No images were found.

Articles similaires