Formation continue : le scandale dénoncé par la Cour des comptes

« Dispositif flou », « encadrement inefficace », « financements généreusement distribués et sans contrôle » ... La formation continue des professionnels de santé libéraux, financée par des fonds publics, souffre de « profonds dysfonctionnements », estime la Cour des comptes dans un référé rendu public lundi 1 juillet. Le gouvernement va définir par ordonnances les conditions d'une « re-certification » régulière des professionnels de santé comme le prévoit le projet de loi santé en cours d’adoption.
La Cour des comptes s’est penchée l'année dernière sur l'agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC), qui pilote la formation continue (DPC) de l'ensemble des professionnels de santé et la finance pour les libéraux et les salariés des centres de santé.
Elle dispose pour cela « d'un budget de 190 millions d'euros en 2018, financé par l'Assurance maladie, et qui devrait atteindre 204 millions d'euros en 2022 », rappelle Didier Migaud, premier président de la Cour, dans son référé adressé mi-avril à Agnès Buzyn, dénonçant la « mobilisation faible du ministère » face à de nombreux dysfonctionnements dans le pilotage et le financement du DPC. La cour des comptes s’élève contre des règles de gestion « particulièrement lâches » n'interdisant ni le financement de formations à l'étranger ni la multiplication des formations, « sous-réserve d'un plafond annuel », pour un même professionnel une même année. Des « largesses » qui ont entrainé « un épuisement du budget du DPC en cours d'année » en 2015 et en 2016. Les orientations prioritaires arrêtées par le ministère sont « trop nombreuses », « souvent imprécises » estime la Cour, pour qui l'agence devrait sélectionner les programmes par appel d'offres au lieu de fonctionner en « guichet ouvert ». Les contenus des formations sont également critiqués pour leur « réalité » ou leurs liens d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique. La Cour recommande d'autoriser et favoriser les « contrôles sur place ». Enfin, les forfaits servant à rembourser les organismes de formation et indemniser les professionnels « apparaissent très largement surévalués », pour un surcoût de plus de 100 millions d'euros « sur les cinq dernières années », selon la Cour des comptes.

Pour consulter le référé, suivez-ce lien​

Source : CBanque 01/07/2019 et référé de la Cour des comptes
Commentaire
maignan jacques
05/07/2019
Je me suis toujours demandé pourquoi nos Fac de Pharma ne faisaient pas les DPC. Elles donnent des cours pendant des années pour la formation DE pharmaciens, mais pas après, pour le formation DES pharmaciens. Apparamment ça n'interpelle pas la C DES C.....
JPM
03/07/2019
C'est dommage, car c'était plutôt une belle petite rente pour ceux qui donnaient les "cours". Un PowerPoint en boucle et l'affaire était dans le sac...
L.V.
03/07/2019
Enfin ! Je n'y croyais plus ! 12 ans que je cotise pour rien ( ou plutôt pour celles et ceux qui peuvent s'absenter ) puisque l'ARS INTERDIT STRICTEMENT TOUTE ABSENCE . Et si on accepte une formation , ces organismes redemandent ....du fric ! C'est la définition même de la pompe à fric avec bénédiction du ministère !!! Ce DPC est une véritable escroquerie pour les pharmaciens sans adjoint . Un grand merci à la Cour des comptes .
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