Homéopathie : un mode d'évaluation « pas adapté » selon les experts

Le mode d'évaluation de l'efficacité de l'homéopathie dont dépendra son éventuel déremboursement n'est « pas adapté », ont affirmé mercredi les experts des laboratoires fabricants après leur ultime audition par la Haute autorité de santé (HAS). 
« J'ai eu l'impression que nous n'étions pas devant la bonne commission (...), cette audition n'était pas du tout adaptée à notre pratique » selon le médecin homéopathe Jean-Lionel Bagot, lors d'une conférence de presse. Avec Bernard Poitevin, un autre homéopathe et un spécialiste de pharmaco-épidémiologie, Patrick Blin, il a été engagé par Boiron, Lehning et Weleda pour plaider la cause de l’homéopathie devant la commission de transparence de la HAS.
Lors de l'audition de mercredi, « nous ne venions pas défendre un médicament mais une stratégie thérapeutique qui s'adapte à chaque patient », a argumenté le Dr Poitevin. Or, « on nous a enfermés dans une discussion concernant des médicaments » a-t-il ajouté. Pour émettre son avis, la HAS doit évaluer le « service médical rendu » par cette famille de produits alors qu’ils ne peuvent pas être évalués comme des médicaments conventionnels prétendent ces experts. Pour une même maladie, le traitement peut être différent en fonction des caractéristiques des patients, une position qui va à l’encontre des règles d'évaluation scientifiques.
Cette audition de mercredi a été précédée par plusieurs semaines de campagne médiatique pour tenter de mobiliser les patients avec la pétition « Mon homéo, mon choix » qui a rassemblé près d'un million de signatures. La commission doit maintenant se réunir le 26 juin pour adopter son avis définitif sur le déremboursement ou non des médicaments homéopathiques avant d'annoncer son avis deux jours plus tard. La décision finale reviendra au gouvernement.

Source : AFP 12/06/2019
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