Le monopole des pharmacies bientôt assoupli ?

L'Autorité de la concurrence a recommandé jeudi 4 avril d'élargir la vente de médicaments sans ordonnance aux parapharmacies et à la grande distribution mais aussi d'ouvrir le capital des pharmacies de façon encadrée.
L'Autorité a réaffirmé, dans son avis, la « pleine justification du monopole pharmaceutique », tout en prônant son « assouplissement partiel et strictement encadré » pour faire baisser les prix de certains produits de santé et améliorer leur accès.
Certaines catégories de produits de santé (médicaments vendus sans ordonnance, autotests de dépistage du VIH et lecteurs de glycémie...) pourraient ainsi être vendues dans des espaces dédiés au sein de supermarchés, avec la présence « obligatoire et continue d'un pharmacien » responsable. L'installation de ces nouveaux lieux de dispensation devrait être encadrée par les autorités pour ne pas affaiblir le maillage territorial des pharmacies, crainte majeure des syndicats. « Ne pas fragiliser une officine en situation délicate pourrait être un motif de refus tout à fait légitime » à l'installation d'un espace concurrent dans un supermarché voisin, estime Isabelle de Silva, présidente de l'Autorité.
L'institution a également plaidé pour une ouverture du capital des officines afin de ne pas brider le développement des nouvelles missions des pharmaciens (télémédecine, télédiagnostic), relais de croissance pour leur activité et leur permettre d’accéder aux sources de financement qu’implique leur modernisation. Cette ouverture aux investisseurs externes minoritaires ou majoritaires devrait répondre à des « conditions strictes d'ordre déontologique » pour maintenir le monopole d'exercice du pharmacien, ainsi qu’à des règles pour éviter des conflits d'intérêts. « Un laboratoire pharmaceutique par exemple ne pourrait pas entrer au capital » selon Mme de Silva.
Enfin, L'Autorité prône de revoir l'encadrement actuel de la publicité sur les prix de produits de parapharmacie jugé trop restrictif et d'assouplir les modalités de vente en ligne des médicaments sans ordonnance par les pharmacies, encore trop marginal.

Source :  Challenges avec l’AFP 04/04/2019
Commentaire
simonin jacques
06/04/2019
C'est oublier que la marge sur les vignettés est grignotée d'année en année, au prétexte que le reste du monopole nous fait vivre. Il faudrait mettre en balance une augmentation des marges !!! Avoir le beurre et l'argent du beurre ça c'est la vision de l'autorité de la concurrence.
JPM
05/04/2019
« L'Autorité de la concurrence a recommandé jeudi 4 avril » !....... Depuis quand la Santé Publique dépend-elle de ce type de fonctionnaires ? Pourquoi pas les commis charcutiers autorisés à faire les actes de chirurgie banale avec la présence d’un chirurgien dans les parages. Idem pour la dentisterie et la médecine en générale.
le potard
05/04/2019
La phagocytose progressive des pharmacies par des financiers et la transformation du titulaire en gérant utilisé uniquement pour son diplôme. Rien de mieux pour dévaloriser une profession déjà en difficulté. Quel intérêt de faire 6 ans d'étude pour en arriver là, on peut craindre le pire pour les vocations futures.
cf
05/04/2019
A chaque nouvelle attaque du monopole, la fspf et l'Upso se rappellent qu'il existe des petites officines de proximité et s'en servent comme bouclier humain avec des pétitions "il faut sauver les petites officines".... Quelle hypocrisie, cela donne la nausée... Continuez, messieurs les syndicalistes à prendre les gens pour des imbéciles et continuez à vous gaver avec vos soldes médicamenteuses sur le dos des confrères les moins nantis... Les médicaments en grande surface ne changeront rien pour ces petites officines qui ne survivent que par la délivrance d'ordonnance.. La parapharmacie et les "petits" médicaments sont déjà réservés aux grosses officines des centres commerciaux... Evident quand on sait que les petites officines achètent au grossiste à un prix fabricant des médicaments plus chers qu'ils ne sont vendus (prix publics) chez les confrères les plus nantis.. Là cela ne gène personne ..... Quand il existera une solidarité et du respect entre "ceux qui ont réussi" et ceux qui ne sont rien (comme le dit notre cher président) , alors on signera vos pétitions...
ledoc84
05/04/2019
Encore et toujours le même refrain, avec des mots qui passent mieux :"assouplissement partiel et strictement encadré" tu parles !!! Cela veut tout simplement dire la mort de centaines de pharmacies et la mise au chômage de milliers de personnes et cela personne ne le met en balance. Au fait que fait l'ordre pour nous défendre ?? Un web épisode sur la mort programmée de ses cotisants obligatoires !!!
jouan fabrice
05/04/2019
Sauf que, .... la présence obligatoire ne sera jamais continue (à l'inverse d'une officine inspectée), car avec charges + salaire, ils seront toujours dans le grand contournement ... Assouplir, c'est permettre les débordements.
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