Propecia : des hommes attaquent en justice

Le Propecia (finastéride) est un médicament exploité par le laboratoire MSD et prescrit à environ 30 000 Français par an pour lutter contre la calvitie. Selon les victimes présumées, ce médicament possède des effets secondaires graves irréversibles et selon Me Charles-Joseph Oudin, trois procédures judiciaires individuelles pour « trois victimes du finastéride » vont être lancées.
« Mon cabinet a été sollicité par une soixantaine de victimes », explique Me Charles-Joseph Oudin « qui toutes décrivent des situations extrêmement préoccupantes d'effets indésirables liés à la prise de ce médicament contre la calvitie, avec une spécificité des effets indésirables qui sont de deux ordres : d'abord mécaniques, liés à l'absence d'érection et d'éjaculation, mais aussi psychologiques et psychiatriques de dépression, voire de suicide », poursuit-il. « Mes clients décrivent aujourd'hui une situation où les effets indésirables demeurent, même après l'arrêt des traitements. C'est le caractère irrémédiable des effets indésirables qui représentent une spécificité ». Les autres victimes qui ont sollicité son cabinet feront l'objet de procédures ultérieures. « Ces effets indésirables sont connus notamment par les autorités de santé qui ont récemment alerté sur ces dangers », précise Charles-Joseph Oudin. « Nous allons donc saisir le tribunal de grande instance de Nanterre en référé, c'est-à-dire une procédure civile, d'indemnisation, dont l'objectif premier est de faire nommer un expert judiciaire qui devra pour chaque dossier confirmer et établir le lien de causalité entre les effets indésirables et la prise du médicament ». « Nous attendons que le tribunal fixe une date d'audience pour plaider ces dossiers, ça va se faire dans les semaines qui viennent ». « Depuis peu, depuis la fin de l'année 2018, la notice contient effectivement une information à peu près adéquate notamment sur le caractère irréversible des effets indésirables. Mais la situation individuelle de mes clients est beaucoup plus ancienne. Ils ont consommé le médicament en 2008, en 2007, à une époque où l'information n'était pas correctement donnée », déplore-t-il.
Me Charles-Joseph Oudin précise également que « parallèlement l'association des victimes du finastéride œuvre pour obtenir la suspension de la commercialisation (la suspension de l'AMM : autorisation de mise sur le marché) et que ce médicament soit retiré du marché. Nous considérons que le rapport bénéfices-risques est défavorable ». Aucun échange particulier avec le laboratoire MSD n’aurait eu lieu à ce jour.  Contactée par France Info, l'ANSM (agence nationale de sécurité du médicament) ne s'est pas encore exprimée.

Source : France Info 11/03/2019
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