Les pharmacies en lignes menacées par leurs concurrentes étrangères

Le 5 mars 2019, Edouard Philippe a annoncé une série de mesures en faveur du pouvoir d’achat dont certaines visent les pharmacies en ligne, victimes de la concurrence déloyale des pharmacies étrangères, favorisées par une interprétation plus souple du droit européen.
Depuis 2013, les pharmacies françaises peuvent vendre sur Internet des médicaments sans ordonnance. Une pharmacie en ligne française est le prolongement d’une officine de ville physique répondant à une règle simple : une seule pharmacie en ligne pour une seule pharmacie physique, avec les mêmes stocks, les mêmes pharmaciens, les mêmes médicaments, les mêmes locaux. Le pharmacien n’a pas le droit de pratiquer de publicité pour sa pharmacie, ni sur sa propre vitrine, ni en ligne pour se faire connaître du principal moteur de recherche. Pourtant, nous dit le JDN, si on tape une recherche « pharmacie en ligne » dans Google, la première véritable pharmacie en ligne française n’est que troisième dans les résultats affichés, derrière des pharmacies en ligne belges ou néerlandaises pour la plupart qui paient Google pour leur référencement. Le seul indice en est la mention « annonce » glissée sous leur balise de titre. « Une fois sur leur site, il devient difficile de faire la différence avec une pharmacie en ligne qui dépendrait d’une officine française : le nom de domaine est bien "-.fr" ou "-.com", tout est traduit dans un français impeccable, et le code couleur "bleu/blanc/rouge" achève de convaincre l’internaute qu’il se trouve sur un site français ». Alors que les sites français respectent une réglementation stricte en matière de délivrance du médicament (ex dispensation limitée d’ibuprofène, de lopéramide ou d’antihistaminiques), les sites concurrents étrangers passent outre cette réglementation et permettent aux clients français de commander des quantités supérieures. Les pharmaciens français contrôlent également chaque commande de médicaments en prenant aussi en compte le profil médical, les antécédents et les médicaments pris conjointement renseignés par le client. Vaudrait -t-il mieux dans ce contexte interdire purement et simplement les pharmacies en ligne françaises, ce que défendent certains professionnels de santé ? Cette mesure n’empêchera jamais le consommateur français d’acheter des médicaments sur Internet. Mieux vaut donc encourager le développement des sites fiables en interdisant aux sites étrangers de communiquer en France, et faire preuve de pédagogie auprès des consommateurs français pour éviter l’achat de médicaments sur des sites frauduleux. Pour l’internaute français, la manière la plus simple d’acheter des médicaments en toute sécurité reste de consulter l’annuaire officiel des pharmacies en ligne françaises​, tenu à jour par le Conseil de l’Ordre des Pharmaciens.

Source : Le JDN 12/03/2019
Commentaire
AB
13/03/2019
Je ne plains ni les pharmacies françaises en ligne ni le fameux consommateur. Déjà ce système tue la proximité et si ce fameux consommateur ( Tiens ! On ne parle plus de patient ) veut vraiment un médicament en toute sécurité il doit aller l’acheter en bas de chez lui dans une vraie pharmacie et des vrais pharmaciens. C’est ce qu’on appelle une pharmacie de proximité sinon quel argument peut-on opposer à la vente de l’OTC dans les grandes surfaces ?
JC
13/03/2019
La manière la plus simple d'acheter des médicaments en toute sécurité est d'aller dans une pharmacie physique. La libéralisation de la vente en ligne va creuser les déserts médicaux; l'exemple des médecins ne nous suffit pas...
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