Les médicaments OTC, partie intégrante du système de santé ?

Les 1ères Universités de l’automédication organisées par l’AFIPA (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable) se sont tenues à Paris le 14 mars, réunissant 22 conférenciers (pharmaciens, médecins, députées, associations de patients, laboratoires…), unanimes pour dire qu’en matière d’automédication, la France était à la traîne par rapport à d’autres pays comme la Grande-Bretagne, la Suisse ou le Canada même si 80% des Français déclarent y recourir régulièrement.
Aucun des intervenants n’est revenu sur l’efficacité de l’automédication. « L’automédication qui repose sur des médicaments à SMR inexistant était vraie il y a 20 ans. Aujourd’hui, nous avons les mêmes molécules en conseil que celles qu’ont les médecins » a déclaré Gilles Bonnefond, Président de l’USPO. Les bienfaits de l’automédication évoqués par les différents intervenants ont été nombreux : logique de prévention, gain de temps sur la pathologie, moins d’actes médicaux inutiles et désengorgement des cabinets, en particulier.  
Il n’en reste pas moins qu’en France, l’automédication n’est pas reconnue par les pouvoirs publics alors que pour Jurate Svarcaite, Directrice générale de l’AESGP (Association of the european self-Medication industry), il faudrait qu’elle fasse intégralement partie du système de santé. Parmi les autres freins relevés, les nombreuses campagnes de dénigrement des médicaments dans les media mais aussi des médecins qui peuvent manquer de cohérence, incitant d’un côté les parents à ne pas engorger les cabinets médicaux lorsqu’un nourrisson a de la fièvre mais leur demandant de ne pas s’automédiquer. 
A la question « Comment faire de l’automédication une référence ? », Luc Besançon, Ancien directeur Général de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) a répondu : « Il convient de faire des produits d’automédication une solution. Nous ne dispensons pas un produit mais une solution ! ». Selon Bas Vorsteveld, Président GSK consumer healthcare France, mieux communiquer auprès du grand public notamment via les nouvelles technologies serait une piste supplémentaire. Le rôle du pharmacien est également souligné. Certaines molécules déremboursées peuvent passer en automédication alors que ces médicaments sont régulièrement accusés d’être inefficaces. D’autre part, l’automédication ne comprend pas uniquement des produits en libre-accès mais également des produits situés derrière le comptoir, dispensés par le pharmacien dont le conseil est essentiel. Enfin, le développement de l’automédication repose sur l’interprofessionnalité pour prendre une place que chacun s’accorde à dire méritée dans le parcours de santé du patient. 

Source : La Revue Pharma 18/03/2019
Commentaire
Le Pan Benoît
19/03/2019
En France, on va voir le médecin gratuitement et il prescrit le plus souvent des médicaments remboursés ... même pour les pathologies courantes. C'est bien pour l'accès aux soins, c'est moins bien pour le budget Sécu. Mais ne cherchons pas plus loin la différence.
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