La phagothérapie pour lutter contre les infections multirésistantes

La phagothérapie est une médecine consistant à utiliser des phages, des virus tueurs de bactéries que l'on trouve dans les eaux usées pour venir à bout d’infections multirésistantes aux antibiotiques. Utilisée à titre compassionnel en France, la phagothérapie pourrait bénéficier de nouvelles autorisations d’utilisation en 2019.
Naturellement présents dans l'eau, « les phages viennent se coller sur les bactéries et les tuent de l'intérieur ». Ce sont des armes de « destruction massive de la bactérie », explique le Pr Frédéric Laurent, chef du service bactériologie de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon où l'AFP a pu réaliser un reportage sur un traitement exceptionnel par phages.
Les phages représentent un espoir immense face aux infections résistantes aux antibiotiques, de plus en plus fréquentes notamment avec le vieillissement de la population et le recours croissant aux prothèses de hanche ou de genou (plus de 200.000 par an en France). Depuis 2016, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a accompagné une vingtaine d'administrations de phages à titre compassionnel, en ultime recours. Elle souhaite désormais aller plus loin et compte délivrer dès cette année des autorisations temporaires d'utilisation (ATU), première étape avant une autorisation de mise sur le marché. Certains patients sont en état d’urgence et si la phagothérapie ne se développe pas plus rapidement, un marché parallèle risque de se former sur Internet, un risque d'autant plus important qu'un phage mal reproduit peut tuer. « Produire des bactériophages de qualité est complexe et coûteux. Les phages géorgiens ne sont pas utilisables ici, car pas assez purifiés », insiste le Pr Ferry, spécialiste des infections ostéoarticulaires à la Croix-Rousse, à la tête d'une équipe de recherche clinique sur les phages. En France, une start-up, Pherecydes Pharma, planche depuis dix ans sur des phages capables de soigner les staphylocoques dorés, Pseudomonas aeruginosa, et bientôt E.coli. Aux États-Unis, la société AmpliPhi Biosciences s'est également lancée mais pour l'instant aucun grand laboratoire car les phages ne sont pas brevetables. D'autres usages sont espérés pour le pied diabétique ou les infections respiratoires à répétition des malades de la mucoviscidose en particulier. 

Source : Futura avec l’AFP-Relaxnews 22/03/2019
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