La blockchain pour lutter contre la vente de faux médicaments

Pour lutter contre les ventes de faux médicaments et se mettre en conformité avec les nouvelles réglementations pharmaceutiques, éditeurs de logiciels et professionnels misent sur la blockchain pour simplifier et sécuriser la traçabilité des produits dès leur fabrication. Blockpharma, en Europe, et SAP, aux Etats-Unis, se sont déjà lancés sur ce marché.
Cette base de données décentralisée, en regroupant tous les acteurs de la chaîne logistique et en hébergeant tous les échanges effectués entre ces utilisateurs depuis sa création, permettrait d’aller au-delà des systèmes traditionnels de stockage et d’échanges d’information en matière de traçabilité. Fonctionnant sans organe central de contrôle, elle apporterait transparence et sécurité au processus en autorisant chaque acteur à vérifier la validité des informations contenues sur la chaîne.
Fondée il y a 3 ans, la société française Crystalchain s’est appuyée sur la technologie Ethereum pour travailler sur une blockchain de consortium (à permission), baptisée Blockpharma. Grâce à ce gigantesque tableau de bord, des alertes peuvent être détectées automatiquement. Un nombre anormal de boîtes de médicaments, un datamatrix falsifié… sont autant de motifs qui sont remontés à l’acteur concerné. « L’intérêt de la blockchain est de pouvoir déterminer à quelle étape de la fabrication le problème est arrivé précisément sans avoir à interrompre l’ensemble de la chaîne de production » explique Sylvain Cariou, président de la start-up et de la commission de normalisation de la Blockchain au sein de l’AFNOR. A ce jour, Crystalchain œuvre encore pour finaliser sa solution sur le marché européen.
Comme Crystalchain, la société américaine SAP mise sur la blockchain pour se mettre en conformité avec la Drug Supply Chain Security Act, une émanation américaine de la nouvelle loi de sérialisation qui entre en vigueur outre-Atlantique en novembre 2019. « Outre le suivi de la production de médicaments, c’est surtout la gestion du retour de produits qui nous intéresse », insiste Eang Ang Ong, Directeur innovation DivisionServices chez SAP France. La blockchain permettrait aux grossistes de vérifier les médicaments sur ordonnance qui leur sont retournés par les pharmacies et centres hospitaliers avant qu’ils ne soient revendus. Aux États-Unis, on compte près de 60 millions de retours par an, pour un montant estimé à 7 milliards de dollars. Développé en partenariat avec les grossistes et industries pharmaceutiques AmerisourceBergen, Boehringer Ingelheim AG & Co. KG, GlaxoSmithKline plc et Merck Sharp & Dohme, le logiciel de SAP est disponible depuis janvier sur le marché américain.
Positionnées sur deux marchés différents à ce jour, les deux blockchains pourraient un jour se faire concurrence. « Une pluralité d’acteurs est de toute façon préférable pour éviter la centralisation » explique Eang Ang Ong pour qui « Le tout, c’est de travailler sur l’interopérabilité de la blockchain, afin que des technologies différentes puissent tout de même communiquer ».

Source : L’Usine Digitale 26/03/2019
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