Quel rôle des pharmaciens dans l’activité physique adaptée ?

François Carré professeur en physiologie cardio-vasculaire à l’université Rennes-I, cardiologue au centre hospitalier universitaire de Rennes, médecin du sport et cofondateur de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, est un ardent défenseur de la promotion du sport dans la prévention des risques. Interrogé par le Monde, il fait le point sur la lutte contre la sédentarité et l’activité physique pour tous. Son premier constat est de déplorer l’absence de prise de conscience réelle des dangers par la population et les parents n’ont pas conscience des dangers de la sédentarité pour leurs enfants.
François Carré pense que la question de l’activité physique devrait systématiquement être abordée en consultation et qu’il faut miser sur la médecine préventive mais qui reste faible en France. L’espérance de vie en bonne santé dans notre pays est de 62,6 ans chez les hommes et 64,4 ans chez les femmes soit environ dix ans de moins qu’en Suède et à Malte, avec pourtant la même espérance de vie (82 ans) à la naissance.
Des initiatives fonctionnent, comme « Les parcours du cœur », proposés par la Fédération française de cardiologie. En 2018, plus de 415 000 élèves issus de 2 600 établissements y ont participé. Mais, dans le domaine de l’activité physique, l’éducation nationale est difficile à bouger.
Un décret autorise les médecins à prescrire de l’activité physique chez les personnes atteintes d’une maladie chronique, dans le cadre d’une ALD depuis deux ans mais il n’y a toujours pas d’enseignement aux futurs médecins, un des principaux freins au développement du « sport sur ordonnance », avec la non-prise en charge par l’Assurance- maladie. Alors que la science a démontré que, dans bien des pathologies, l’activité physique est aussi efficace qu’un médicament, pourquoi n’est-elle pas prise en charge par l’Assurance-maladie ?
Une réelle réflexion des parties prenantes, et des discussions sont en cours entre l’Assurance-maladie et les mutuelles et la HAS a notamment publié un guide pratique pour les médecins.
Autre problème, le public ne connaît pas bien les différents professionnels de l’activité physique adaptée et leurs compétences respectives même si les décrets d’application ont bien précisé les champs d’intervention. Il faut que les professionnels s’entendent entre eux, d’autant qu’avec dix millions de personnes en ALD, il y a du travail pour tout le monde. « D’autres professionnels de santé, comme les pharmaciens, ont un rôle important à jouer dans l’activité physique adaptée, car ils voient les patients plus souvent que nous et les connaissent bien. Des formations spécifiques commencent à voir le jour. C’est le cas à Rennes, où les pharmaciens ont accès à un module de vingt heures ».


Source : Le Monde 30/01/2019
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