Deux thérapies cellulaires dépassent les 300.000 euros par patient

Les prix temporaires en France de deux thérapies cellulaires (CAR-T) très innovantes contre certains cancers ont été fixés à des niveaux supérieurs à 300.000 euros par patient, selon des données du ministère de la Santé consultées mercredi par l'AFP.
Le prix unitaire du Yescarta, traitement du laboratoire américain Gilead, a été fixé à 350.000 euros par patient, tandis que celui du Kymriah, développé par Novartis, atteint 320.000 euros, selon ces données confirmant des informations du quotidien Les Echos.
Ces prix ont été fixés par les fabricants pour la période suivant la fin de leurs autorisations temporaires d'utilisation (ATU), dite « post-ATU », dans l'attente d'un tarif final qui sera négocié cette année avec l'Etat, via le Comité économique des produits de santé (CEPS).
Ces tarifs provisoires ne devraient pas nécessairement correspondre aux prix décidés à l'issue des discussions avec le CEPS. Dans l'hypothèse - probable - où ces prix finaux seraient inférieurs, les laboratoires devront rembourser la différence à l'assurance maladie.
Les montants conséquents demandés par les deux laboratoires s'expliquent en partie par la grande complexité de ces thérapies, consistant à prélever des cellules immunitaires (les lymphocytes T) chez un patient, puis à les modifier génétiquement in vitro pour les rendre capables, une fois réinjectées dans l'organisme, de détecter et tuer des cellules cancéreuses.
A la différence d'autres innovations thérapeutiques dont les prix élevés pesaient lourdement sur les comptes de l'assurance-maladie, notamment les médicaments soignant l'hépatite C de Gilead, les thérapies CAR-T s'adressent pour le moment à un nombre très limité de patients.
Gilead estime ainsi qu'environ 400 patients français par an seraient potentiellement éligibles pour son traitement CAR-T Yescarta dans son indication actuelle : patients adultes atteints d'un lymphome B à grandes cellules, en rechute ou réfractaires après au moins deux traitements précédents, et ayant une espérance de vie d'à peine six mois.
D'après Gilead interrogé par l'AFP, Yescarta devrait représenter « moins de 0,5% du budget du cancer en France, et moins de 0,03% du budget de la sécurité sociale ».
Par ailleurs, la loi française plafonne les montants provisoires pouvant être perçus par un laboratoire pour un médicament durant les phases ATU ou post-ATU à 30 millions d'euros sur 12 mois. « La probabilité que ce plafond soit atteint est très faible » car la commercialisation de ces thérapies CAR-T ne fait que démarrer et très peu de centres hospitaliers sont à ce jour qualifiés pour les utiliser, a indiqué à l'AFP Michel Joly, patron de Gilead France.

Source : AFP 09/12/2018 
Commentaire
RADER Serge
11/01/2019
Ces prix sont totalement indécents ! Il est temps de dégager nos gouvernants et institutions complices pour une politique de santé responsable remettant à leur juste place ces lobbies industriels.
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