Les cosmétiques faits maison inquiètent les autorités

Les cosmétiques faits maison commencent à grignoter des parts de marché, un développement rapide qui a conduit les organisations professionnelles et les autorités sanitaires à s'intéresser au cadre juridique et garantir au mieux la sécurité des consommateurs.
Chez Aroma-Zone, un pionnier qui a démarré sur Internet il y a plus de dix ans, on se bouscule aujourd’hui dans les boutiques pour acheter des ingrédients le plus souvent naturels ou bio – (huiles végétales, actifs, hydrolats, huiles essentielles etc) et on réalise sa préparation chez soi en suivant la recette proposée. Depuis Aroma-Zone, d’autres boutiques en ligne ont fleuri comme MyCosmetik, La Compagnie des Sens, Waam... D'autres acteurs comme la start-up Romy, proposent des machines pour fabriquer des cosmétiques maison, sous forme de robots ou mini-laboratoires alimentés par des capsules de produit qui délivrent à la demande un soin minute personnalisé. Activement relayée par les réseaux sociaux, ce commerce même marginal en volume, commence à inquiéter les acteurs traditionnels, car ces nouveaux concurrents échappent aux contraintes réglementaires de l'industrie. « La réflexion tourne essentiellement autour de la sécurité du consommateur, et notamment des risques de mésusage », explique Vanessa Picot, inspectrice référente pour les cosmétiques à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). En 2016 et 2017, l'autorité a réalisé 20 inspections et édicté 13 injonctions pour non-respect de la réglementation, en partie levées depuis grâce à « une prise de conscience des acteurs qui a permis des améliorations ». L'une des questions centrales tient au fait que seuls les produits vendus physiquement en kit tombent sous le coup du règlement cosmétique européen, qui régit strictement les professionnels du secteur. Les ingrédients, eux, y échappent sauf s'ils peuvent être utilisés purs. Or l'ANSM considère que s'ils sont vendus avec une recette, l'ensemble, tel un kit digital, doit relever de la réglementation cosmétique au même titre qu'un produit fini.  Les entreprises, qui s'attachent déjà à démontrer l'innocuité de leurs recettes grâce à leurs toxicologues, vont devoir franchir un pas de plus, en sécurisant au maximum l'utilisation de leurs produits, des efforts qui peuvent être perçus comme trop exigeants et parfois injustement sanctionnés.

Source : les Echos 12/11/2018 
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