Les médecins opposés à la prescription par les pharmaciens

La mesure prévoyant d’expérimenter sous certaines conditions la délivrance sans ordonnance par les pharmaciens de médicaments à prescription médicale obligatoire doit être débattue par les députés alors que les médecins y voient comme une « vente à la découpe de la profession ».
« Arrêtons de vouloir faire changer les pharmaciens de métier, si les pharmaciens veulent faire médecin, qu’ils fassent médecine ! », a déclaré Jean-Paul Hamon, le président de la Fédération des médecins de France. « Quand on commence à mélanger les rôles et les missions de chacun, ça ne peut qu’engendrer des erreurs de diagnostic et de mauvaises prises en charge », assure Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, premier syndicat chez les médecins libéraux. « Une cystite peut par exemple cacher un début d’infection du rein ou un calcul enclavé ». Le dispositif adopté en commission est perçu par les médecins comme une atteinte à leurs prérogatives de diagnostic et de prescription.
Parmi les pathologies qui pourraient donner lieu à de telles délivrances, la cystite, la conjonctivite ou l’eczéma ont été cités. « Ce sont des demandes quasi quotidiennes », explique Carine Wolf-Thal, présidente de l’Ordre des pharmaciens, favorable à une telle initiative. « Je comprends l’inquiétude des médecins, dit-elle. L’idée n’est pas de faire sans eux, mais de sécuriser ce que les pharmaciens peuvent faire. A un moment, il faut être pragmatique par rapport aux problèmes d’accès aux soins que vivent les Français ».
« Que faire lorsqu’une femme se présente en soirée avec les symptômes d’une cystite ? », demande -t-elle. « J’ai eu ce type de demande lors de ma garde dimanche dernier. Il était 14 heures. J’ai dû demander à cette femme d’aller aux urgences faire un test. Elle est revenue à 18 heures après avoir attendu quatre heures à l’hôpital. Mais certains confrères, après avoir consciencieusement interrogé la patiente, délivrent le sachet d’antibiotique sans ordonnance médicale ».
La mesure, qui figurait dans les préconisations du rapport du député Thomas Mesnier (LRM, Charente) pour améliorer l’accès aux soins non programmés, a reçu un soutien net d’Agnès Buzyn.
 
Source : Le Monde 24/10/2018
Commentaire
pons d
25/10/2018
...;;une cystite peut être. Imaginons qu'elle fut compliquée par une pyélonéphrite, ou qu'il s'agisse d'une crise de colique néphrétique peu algique( les mictions brûlant dans les deux cas)? nous (pharmaciens) allons palper les fosses iliaques ? Les penseurs des ministères ont sans doute lu Machiavel: diviser pour mieux régner. Hélas ça marche .Toute profession moins valorisée est en danger.....financier ! Et le pharmacien que je suis ne le sais que trop.Le patient a besoin de tous les intervenants usuels pour le maintien de sa santé.....le DMP représente un vrai bon sens : un faisceau de compétences pour chaque patient. Egalement : il est temps de réfléchir sur les zones à faible densité médicale (MG). dp
alindust
25/10/2018
Entièrement d'accord avec nos collègues médecins ! Désolé mais la formation de base des pharmaciens ne permet pas de prendre (et jusqu'où ??? c'est cela la question!) d'initiatives garanties conformes aux pratiques. Fort risque de litiges interprofessionnels !!! Un peu le même pb que les médecins propharmaciens....faut pas mélanger les rôles ! Si les études - comme je le pense depuis si longtemps ! - avaient une réelle orientation "médico biologique" (vraies formations en anat-physio,pharma clinique, sémiologie...) alors cela pourrait être jouable. Dans les cas de suivis de malades chroniques, installés dans un traitement : OK De la même façon que je persiste en redisant que les vaccinations accessibles devraient être effectuées par les personnels infirmiers...tout simplement car maîtrisent vraiment les gestes....
jouniaux fabrice
25/10/2018
bien sur il n'y a plus de médecin pour faire les gardes et j'en passe.... mais le pharmacien reste bon pour avancer les pdts le samedi en attendant que le médecin veuille bien faire les ordonnances! A quand les fonctionnaires de médecine 9 h00 et19 h00 puis après in shalah
olivier G
25/10/2018
que les médecins répondent 24h/24 au téléphone, puisque nous assurons notre mission 24h/24 avec les gardes, et il n'y aura plus de problèmes !!! Et pour nombre d'entre eux, la remarque est : qu'ils commencent par répondre au téléphone !!
TURPIN NICOLAS
25/10/2018
QUELLE SURPRISE ! PARDON MAIS ON S EN FICHE UN PEU DE CE QUE PENSENT LES MÉDECINS, IL Y A DES PATIENTS QUI N'EN PEUVENT PLUS D'ATTENDRE DES LUSTRES POUR POUVOIR CONSULTER SUR RENDEZ VOUS ET DES HEURES EN SALLE D ATTENTE.... ILS NE VEULENT PAS QU ON TOUCHE A LEUR LIBERTÉ D INSTALLATION, MAINTENANT IL FAUT ASSUMER LES MESURES PRISES....DE PLUS LES QUELQUES PETITES PATHOLOGIES CONCERNÉES SERONT PROTOCOLISEES AVEC LE MÉDECIN TRAITANT EN RÉFÉRENT .... FRANCHEMENT A PART VOULOIR DÉFENDRE UNE VISION ARCHAÏQUE ET RÉTROGRADE Où LE MÉDECIN EST QUASIMENT DIEU, JE NE VOIS PAS DE PROBLÈMES..... .
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